«500 ans du Havre» : l’ardoise qui rattrape le Premier ministre Édouard Philippe

Fêté à l’été 2017, le 500e anniversaire du Havre (Seine-Maritime) marquait aux yeux de tous la réussite de l’ancien maire Édouard Philippe, entré quelques semaines plus tôt à Matignon. Un an après, le bilan des célébrations normandes s’avère bien plus mitigé.

Selon des informations de Mediapart et du Canard Enchaîné, Édouard Philippe, à la tête de ce projet de 20 millions d’euros en tant que maire et président d’agglomération (2010-2017), laisse une ardoise conséquente : 2,5 millions d’euros au total. L’hebdomadaire satirique avance une première note d’1,2 million d’euros liée aux surcoûts de sécurité. Le nouveau élu, Luc Lemonnier, a confirmé ce «dépassement du budget de 6%, lié à l’instauration de l’état d’urgence».

1,05 million d’impayés chez les prestataires

Une autre facture concerne les impayés attribués à Artevia, l’entreprise auquel le groupement d’intérêt public «Le Havre 2017» -présidé par l’actuel Premier ministre – a confié la direction des festivités (programmation, calendrier…). Cette société, placée en redressement judiciaire en janvier 2018, est dans l’incapacité de payer ses prestataires, en raison d’une dette évaluée par Mediapart à 5 millions d’euros.

Le pure-player d’investigation remet ainsi en question le processus de nomination de l’entreprise, avançant entre autres qu’Artevia n’aurait jamais respecté l’une des conditions majeures posées lors de l’appel d’offre : un seuil des 5 millions d’euros de chiffre d’affaires sur les trois années précédentes.

Le directeur d’Artevia justifie dans le Canard Enchaîné ces déboires par «les attentats de novembre 2015, qui ont fait plonger la fréquentation de l’exposition Osiris, inaugurée en septembre 2015 à l’Institut du monde arabe de Paris». Les difficultés de trésorerie ne dateraient par ailleurs pas d’hier, ajoute Mediapart, signalant des alertes en 2011, 2016 et 2017. Des affaires de factures impayées seraient même remontées jusqu’à la maire du Havre en 2015. Contacté par Mediapart, Édouard Philippe n’a pas souhaité expliquer pourquoi il avait maintenu sa confiance à Artevia.

« Ne pas mélanger les difficultés de gestion d’une entreprise et la gestion de l’argent public »

Toujours selon le site, Édouard Philippe aurait été mis en contact avec le directeur d’Artevia par l’intermédiaire de Jacques Attali en 2012. Ce dernier travaillait depuis 2010 sur divers projets dont certains déjà au Havre avec Alain Thuleau. Seulement, des déboires financiers avaient précipité leur séparation en 2015.

« Il ne faut pas mélanger les difficultés de gestion d’une entreprise et la gestion de l’argent public, qui a été exemplaire dans cette opération. Le contrat avec le groupement qui a organisé l’événement a été passé conformément au droit des marchés publics et en toute transparence », a rétorqué la mairie du Havre dans un communiqué.

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