Après l’attentat contre la synagogue, Donald Trump conspué à Pittsburgh

Le président américain s’est rendu mardi à la synagogue de Pittsburgh où 11 personnes ont été tuées samedi. Sa visite a déclenché une manifestation de plus de 1 500 personnes qui l’ont enjoint à dénoncer le nationalisme blanc.

Le président américain s’est rendu mardi 30 octobre à la synagogue de Pittsburgh, théâtre de l’attentat antisémite le plus meurtrier de l’histoire des États-Unis samedi dernier. En guise de comité d’accueil, plus de 1 500 personnes, de tous âges et confessions, ont manifesté contre sa présence.

“Trump : les mensonges tuent” ou encore “Les mots comptent” : la foule a appelé Donald Trump à renoncer à ses diatribes incendiaires. Dans un silence glacé, un organisateur de la manifestation lui a adressé ce message : “la violence de samedi est une conséquence directe de votre influence. Président Trump, vous n’êtes pas le bienvenu à Pittsburgh tant que vous ne renoncez pas au nationalisme blanc.”

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Accompagné de son épouse Melania, de sa fille Ivanka – convertie au judaïsme – et de son gendre Jared Kushner arborant la kippa, le milliardaire républicain venait témoigner de la solidarité des Américains avec cette ville qui commence à enterrer ses morts. Dans la synagogue endeuillée Tree of Life (arbre de vie), Donald Trump a allumé une bougie pour chacune des 11 victimes.

Selon la porte-parole de l’exécutif Sarah Sanders, il voulait venir “faire preuve de respect au nom du pays entier”. “Le président a été très ému” par sa visite, a-t-elle ajouté. Donald Trump a également rendu visite à trois policiers blessés lors de la fusillade, hospitalisés au CHU de Pittsburgh. Il a aussi passé du temps avec l’épouse de Richard Gottfried, 65 ans, l’une des victimes de l’attaque, a ajouté Sarah Sanders, précisant qu'”elle voulait rencontrer le président pour lui dire qu’il était le bienvenu ici”.

Les adieux aux victimes

Signe de la gêne que cette attaque a provoquée à Washington, aucun des dirigeants du Congrès n’a souhaité accompagner Trump à Pittsburgh à une semaine des élections cruciales de mi-mandat. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, celui du groupe démocrate, Chuck Schumer, le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, et la chef de file des élus démocrates, Nancy Pelosi, ont tous décliné l’invitation.

Le maire démocrate de Pittsburgh, Bill Peduto, avait conseillé au président de reporter sa visite pour laisser aux familles des victimes le temps d’enterrer leurs morts. “Je pense que ce serait mieux de concentrer notre attention sur ces familles cette semaine et, s’il doit y avoir une visite, de choisir un autre moment”, avait-il déclaré sur CNN.

Pittsburgh a en effet commencé mardi à faire ses adieux aux victimes. Les frères Cecil et David Rosenthal, 59 et 54 ans, ont été enterrés ensemble trois jours après avoir été abattus par Robert Bowers. Des centaines de personnes, “anéanties” par la douleur, ont suivi leurs funérailles dans la synagogue Rodef Shalom, à environ cinq minutes en voiture des lieux du crime.

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Les deux frères vivaient ensemble dans un foyer pour adultes ayant des déficiences intellectuelles. Comme eux, la plupart des victimes de Robert Bowers étaient des personnes vulnérables. La plus âgée, Rose Mallinger, avait 97 ans. Selon la presse locale, les funérailles du médecin Jerry Rabinowitz, 66 ans, et de Daniel Stein, 71 ans, ont également été célébrées mardi dans la plus stricte intimité.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 31/10/2018

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