Au Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie et les États-Unis s’écharpent sur l’Iran

Les États-Unis et la Russie ont affiché leur antagonisme sur le dossier iranien vendredi lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. La France se montre quant à elle plus prudente sur le sujet.

Sur la scène internationale, le sujet de l’Iran et des manifestations qui ont agité le pays fin décembre divise. Vendredi 5 janvier, les États-Unis et la Russie ont affiché leur désaccord profond, lors d’une réunion controversée du Conseil de sécurité dédié à la République islamique.

“En 2018 nous ne resterons pas silencieux”, a martelé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, en justifiant sa demande dès mardi d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, qui a provoqué des dissensions entre ses 15 membres. “Si on doit faire des réunions à chaque fois qu’il y a des manifestations dans un pays…”, soupire un diplomate sous couvert d’anonymat.

Pour Nikki Haley, “le régime iranien bafoue les droits de son peuple”. Elle a dénoncé les dépenses d’armement iraniennes aux dépens, selon elle, du bien-être de la population. “Le message de ce peuple, c’est cessez de soutenir le terrorisme”, a-t-elle assuré en réclamant le rétablissement total de l’internet en Iran. Un point repris par les Pays-Bas, nouveau membre non permanent du Conseil de sécurité.

“Une ingérence dans les affaires intérieures iraniennes”

“C’est à l’Iran de régler ses propres problèmes”, a asséné au contraire l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia en évoquant “une situation interne (qui) est en train de se normaliser” et en accusant Washington de “gaspiller l’énergie du Conseil”. Le diplomate russe a évoqué des “prétextes fantaisistes” pour la tenue de cette session, en évoquant une “ingérence dans les affaires intérieures iraniennes”.

La Russie a été soutenue au Conseil par notamment la Bolivie, l’Éthiopie ou la Guinée équatoriale. Il ne faut “pas saper l’autorité du Conseil alors que son unité est cruciale”, a souligné l’ambassadeur éthiopien, Tekeda Alemu. “La situation iranienne ne menace pas la stabilité régionale”, a abondé l’ambassadeur adjoint chinois à l’ONU, Wu Haiteo, en déniant tout rôle au Conseil dans une situation interne à un pays.

Les Européens également partagés

Du côté européen, les prises de position ont aussi montré des divisions. Si le Royaume-Uni a jugé tout à fait légitime une réunion du Conseil de sécurité sur l’Iran, la France s’est montrée beaucoup plus prudente. Cette semaine, le président français Emmanuel Macron avait plaidé la modération et mis en garde contre un risque de “guerre” si les discours belliqueux venus des Etats-Unis, d’Israël ou d’Arabie saoudite se poursuivent.

Vendredi, son ambassadeur à l’ONU, François Delattre, a souligné qu’il fallait observer de la “vigilance” pour la liberté d’expression en Iran. Mais il ne faut “pas d’instrumentalisation” de la situation iranienne “de l’étranger”, a-t-il souligné.

Cette approche mesurée a été partagée par la Suède et le Pérou, autre nouveau membre non permanent du Conseil.

Dans une lettre mercredi à l’ONU, l’Iran, soutenue par la Turquie, avait dénoncé les “ingérences” des Etats-Unis à son égard, reprises vendredi par son ambassadeur aux Nations unies devant le Conseil de sécurité. Pour certains dirigeants iraniens, c’est la main américaine qui ets à l’oeuvre derrière le mouvement de contestation qui a agité son pays du 28 décembre au 1er janvier.

Le calme est globalement revenu depuis mardi, au prix d’un déploiement important de forces de sécurité.

Avec AFP

Première publication : 06/01/2018

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