Avant l’interview de Macron, Valls trouve qu'”on passe beaucoup de choses à Monsieur Plenel”

POLITIQUE – Il ne voulait pas dire de mal. “Je ne peux pas commenter les choix du Président de la République ou des médias. Mediapart est un site dont chacun connaît la qualité et l’engagement”, a d’abord affirmé Manuel Valls. Mais l’ancien premier ministre n’a pas pu s’empêcher de tacler Edwy Plenel quelques heures avant l’interview d’Emmanuel Macron que le fondateur de Mediapart va faire avec Jean-Jacques Bourdin.

L’ancien premier ministre qui s’oppose au journaliste notamment sur sa vision de la laïcité a repris à son compte un argument largement répandu ces derniers jours dans les rangs de la droite et de l’extrême droite. Au cours du Grand Rendez-vous Europe 1, CNews, Les Echos, le député de l’Essonne est revenu sur les propos écrits dans les années 70 par Edwy Plenel.

“Si un journaliste classé à l’époque à l’extrême droite et qui aurait évolué depuis -parce qu’on fait tous des erreurs de jeunesse, parait-il- avait écrit en 1973 qu’il se réjouissait de l’attentat aux Jeux olympiques de Munich contre les athlètes israéliens, je suis convaincu qu’il ne pourrait pas interviewer le président de la République”, affirme Manuel Valls.

Et l’ancien socialiste d’estimer plus largement qu’on “passe beaucoup à Monsieur Plenel et à ses engagements du passé qu’on retrouve d’ailleurs dans la forme de violence qui est la sienne”.

Le Pen scandalisée, Plenel s’explique

Il y a quelques jours, Marine Le Pen s’était dite “scandalisée” par le fait que l’interview du président de la République soit menée par Edwy Plenel.

“C’est un homme qui a justifié et défendu un acte terroriste ignoble”, dénonçait la présidente du FN. Ces critiques étaient arrivées jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le député Les Républicains Jean-Charles Taugourdeau critiquant le choix d’Emmanuel Macron.

Le cofondateur et patron de Mediapart avait confirmé à Libération le 2 avril avoir soutenu le groupe palestinien auteur de l’attentat de 1972.

“Ce texte, écrit il y a plus de 45 ans, dans un contexte tout autre et alors que j’avais 20 ans, exprime une position que je récuse fermement aujourd’hui. Elle n’avait rien d’exceptionnel dans l’extrême gauche de l’époque, comme en témoigne un article de Jean-Paul Sartre, le fondateur de Libération, sur Munich dans La Cause du peuple–J’accuse du 15 octobre 1972″, répondait Edwy Plenel.

“J’ai toujours dénoncé et combattu l’antisémitisme d’où qu’il vienne et sans hésitation. Mais je refuse l’intimidation qui consiste à taxer d’antisémite toute critique de la politique de l’Etat d’Israël”, précisait-il aussi.

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