Bac : l’épreuve de philo perturbée par la grève ?

Pendant que les candidats passeront le bac, ce lundi, des enseignants passeront par la rue du Bac, à Paris. Une manifestation y est programmée, ont annoncé ce dimanche les Stylos rouges, collectif de professeurs créé dans le sillage des Gilets jaunes pour réclamer une hausse des salaires et de meilleures conditions de travail.

À l’appel de plusieurs syndicats, dont le Snes, majoritaire dans le second degré, une grève de la surveillance est également prévue ce lundi pour l’épreuve de philosophie. Dans plusieurs académies, notamment dans le Sud Ouest, l’administration a convoqué « un tiers de surveillants » supplémentaires pour parer à d’éventuelles difficultés.

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Impopulaire, la grève des surveillances est « le seul moyen », assurent les porte-parole syndicaux, pour faire entendre au ministère leurs inquiétudes face au nouveau lycée, qui entre en vigueur à la rentrée prochaine pour les élèves de 1e et produira ses effets au bac en 2021.

La fin des filières

La réforme, qui a pour objectifs de « remuscler le bac tout en offrant une plus grande diversité de parcours aux élèves », met fin aux filières. A la place, les jeunes doivent choisir, parmi sept à onze spécialités selon les lycées, des « triplettes » de trois matières en 1re. Elles seront ramenées à deux en terminale.

Mais c’est surtout sur l’organisation du nouveau bac et notamment l’introduction d’une part de contrôle continu dans la note finale (10 %) que se concentrent les inquiétudes. Des « épreuves communes », deux en 1re et une en terminale, corrigées par des enseignants d’autres établissements, apporteront 30 % des points. Les 60 % restants reposeront sur quatre écrits finaux en terminale et un « grand oral » de 20 minutes.

Les détracteurs de la réforme dénoncent une « usine à gaz ». Surtout, ils craignent le renforcement d’une hiérarchie entre les établissements, qui pourrait laisser les élèves de milieux modestes, issus de lycées mal considérés, sur le bas-côté de la compétition scolaire vers l’enseignement supérieur. Le ministère voit, au contraire, dans cette nouvelle organisation « un tremplin vers la réussite. » post-bac.

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