Bientôt un cessez-le-feu au Yémen ?

Face à l’urgence de la crise humanitaire au Yémen, l’ONU a obtenu ce jeudi une trêve dans le pays dévasté par quatre ans de guerre civile. Au bout de longues heures de négociations en Suède, les principaux belligérants ont accepté un cessez-le-feu, qui doit entrer en vigueur « dans les prochains jours » à Hodeida. Le principal port du pays est aujourd’hui le front le plus intense de la « pire crise humanitaire du monde » -selon l’expression de l’ONU-, qui a déjà causé la mort de 10 000 personnes et menace 20 millions d’habitants de famine.

« C’est une très belle avancée car un tel accord n’était pas arrivé depuis très longtemps et ça va permettre d’enclencher une dynamique », se réjouit Julien Dussart, responsable du Yémen à Médecins du monde. Mais le responsable humanitaire tempère aussitôt : « On reste prudent car c’est très difficile de savoir si l’accord va être respecté sur le terrain. »

La situation garde en effet son lot d’inconnues, alors que les forces gouvernementales, soutenues par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite, affrontent des rebelles de la communauté des Houthis. Le conflit, à l’origine tribal, a progressivement pris une dimension régionale puis internationale avec l’entrée en scène d’acteurs étrangers.

«L’Arabie saoudite a reçu pas mal de pression»

Ce qui a permis d’aboutir à cet accord, c’est notamment le contexte international, quelques semaines après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. « L’Arabie saoudite a reçu pas mal de pression pour aller de l’avant, notamment de la part des États-Unis », explique Julien Dussart. Les images d’enfants rachitiques, publiées dans la presse en novembre, ont aussi pu alerter et davantage sensibiliser l’opinion publique et ses dirigeants.

Mais « il reste de nombreuses questions en suspens », a reconnu le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Et ce, malgré par la poignée de mains symbolique ce jeudi entre le négociateur en chef des Houthis, Mohammed Abdelsalam, et le ministre yéménite des Affaires étrangères Khaled al-Yémani.

Le sort de l’aéroport de la capitale Sanaa, fermé depuis trois ans, n’est par exemple toujours pas réglé. S’il est respecté, le cessez-le-feu à Hodeida pourrait tout de même permettre de remettre en place un ravitaillement en vivres et en ressources humanitaires par la voie maritime.

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