Brexit : journée historique à Westminster!

Plus de trois ans après le référendum lors duquel les Britanniques se sont majoritairement prononcés en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne,ce samedi 19 octobre s’annonce historique pour déterminer dans quelles conditions se fera le Brexit. A 12 jours seulement de la date prévue de sortie de l’Union européenne, les parlementaires britanniques sont réunis ce samedi depuis 10h30 (heure française) pour voter l’accord trouvé sur le Brexit par le Premier ministre britannique Boris Johnsonet l’UE.

Un “backstop” n’est plus prévu

Arraché in extremis à l’issue de négociations laborieuses, l’accord est censé régler les conditions du divorce après 46 ans de vie commune, permettant une sortie en douceur assortie d’une période de transition courant au moins jusqu’à fin 2020.  Droits des citoyens, période de transition, règlement financier, l’accord reprend largement le précédent accord, à l’exception notable de la question ultra-sensible de l’Irlande du Nord qui a été totalement renégociée. Le nouvel accord ne prévoit plus de “backstop”, ce filet de sécurité qui maintenait le Royaume-Uni dans un territoire douanier avec l’UE, et que le Premier ministre Boris Johnson refusait catégoriquement. L’objectif est d’éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord britannique et la république d’Irlande, membre de l’UE, pour préserver la paix sur l’île. Pour cela, il maintient sur le papier l’Irlande du Nord dans le territoire douanier britannique mais prévoit un régime spécial pour les marchandises arrivant dans la province britannique, selon que celles-ci sont destinées à y rester ou à passer dans le marché unique européen.

“Une chance historique” pour Johnson

A l’ouverture de cette séance historique au Parlement, Boris Johnson a assuré que l’accord de Brexit obtenu à Bruxelles constituait “une nouvelle manière d’aller de l’avant” pour le Royaume-Uni et l’Union européenne. Saluant “un nouvel accord meilleur à la fois pour le Royaume-Uni et l’UE”, le Premier ministre conservateur a appelé les députés à “se rassembler et à rassembler le pays” et à adopter l’accord, qualifiant le vote prévu samedi de “chance historique” de “réaliser le Brexit”.

Si le vote est favorable, Boris Johnson réalisera le Brexit au 31 octobre, comme il s’y est engagé depuis son arrivée à la tête du Parti conservateur et du gouvernement britanniques en juillet dernier.  Pour lui, un nouveau report serait inutile, coûteux et destructif”, a-t-il déclaré.

Le vote du Parlement britannique, qui a déjà rejeté par trois fois l’accord de Brexit négocié par Theresa May, s’annonce néanmoins extrêmement serré. Boris Johnson doit convaincre au moins 318 des 650 députés pour s’assurer du feu vert du Parlement et d’une sortie ordonnée de son pays de l’Union européenne: La tâche qui attend Boris Johnson s’annonce toutefois des plus difficiles, faute de majorité absolue pour son Parti conservateur, confronté à des adversaires politiques déterminés à obtenir un nouveau report du Brexit, des élections législatives anticipées, voire un nouveau référendum. Le Parti unioniste nord-irlandais (DUP) a annoncé qu’il ne soutiendrait pas l’accord. Le Parti travailliste, les libéraux-démocrates et les nationalistes écossais y sont aussi opposés, mais des députés pourraient rompre avec la discipline de vote.

Le Parlement aura son mot à dire dans les futures négociations avec l’UE

Pour tenter de convaincre les députés de soutenir son accord de Brexit, Boris Johnson a promis que le Parlement aurait son mot à dire dans les futures négociations – notamment commerciales – avec l’UE une fois que l’accord de sortie aura été validé.

Dans un communiqué, les services du Premier ministre ont indiqué qu’il y aurait un vote des députés sur les objectifs des futures négociations avec Bruxelles ainsi qu’un vote à l’issue de ces négociations.

“Il y aura des rapports réguliers devant le Parlement tout au long des négociations, et une forme de vote significatif une fois les négociations terminées”, a dit le 10 Downing Street.

“Nous reconnaissons que les membres du Parlement veulent (…) que des droits durement acquis soient protégés et non pas affaiblis par notre départ de l’UE, et nous sommes ravis de garantir que cela est le cas”.

Si l’accord est approuvé ce samedi, il devra encore être validé par le Parlement européen puis par les Vingt-Sept Etats membres de l’Union européenne.

Nouveau report du Brexit en cas d’échec?

En cas d’échec, Boris Johnson défend une “sortie sans accord” le 31 octobre prochain mais une loi adoptée le mois dernier par le Parlement – la loi Benn – le contraint à écrire à l’UE pour demander un nouveau report du Brexit jusqu’au 31 janvier 2020.

Si le Parlement est divisé, la société britannique l’est aussi, près de trois ans après le référendum de 2016 qui a décidé à 52% du départ du Royaume-Uni du bloc européen. Alors que les débats battront leur plein pour régler les conditions du divorce, une manifestation anti-Brexit est prévue devant Westminster pour pousser à la tenue d’un second référendum.

La société britannique divisée

La décision des députés sera aussi scrutée outre-Manche. Plusieurs dirigeants européens les ont enjoints de l’approuver, pour pouvoir passer à la phase suivante des négociations, celle qui déterminera la future relation entre l’UE et le Royaume-Uni.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a averti qu’un rejet du texte engendrerait une “situation très compliquée”, tandis que le président français Emmanuel Macron s’est prononcé contre de “nouveaux délais”.

Article source: https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-journee-historique-a-westminster-831095.html

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