Brexit : les Européens réfléchissent au prix à payer par Londres en cas de transition trop longue

Le casse-tête du Brexit est loin d’être résolu. Les Européens envisagent d’ores et déjà de prolonger les discussions post-Brexit au-delà du calendrier initial prévu. Et de s’interroger sur le prix que cela devra coûter aux Britanniques.

Selon le « Financial Times » , des discussions ont eu lieu mercredi entre les ambassadeurs des 27 pays membres restants, au cours desquelles ils se sont interrogés sur la nécessité ou non de faire figurer, dans la feuille de route de Michel Barnier, l’éventualité d’une prolongation de la période de transition et, de fait, de la contribution financière qui en résulterait de la part des Britanniques.

Eviter une rupture violente

La Hongrie aurait proposé une clause d’extension visant à éviter la possibilité d’une rupture violente, au cas où la transition n’aurait pas abouti dans le temps qui lui est imparti – deux ans après le déclenchement du Brexit prévu pour mars 2019. Mais Paris et Berlin se sont fermement opposés à cette option. Les deux capitales cherchent en effet à maximiser leur pouvoir dans les négociations au cas où celles-ci s’étendraient sur plusieurs années. Et Bruxelles a mis la pression ces derniers jours sur Londres.

Mais de nombreux ambassadeurs estiment que les deux ans de transition post-mars 2019 seront trop courts. Dans ce temps imparti, il faudra notamment faire ratifier l’ensemble des termes de la transition arrêtés par les Parlements des 27, rappelle le FT. D’autant que Bruxelles a accentué sa pression : Michel Barnier a affirmé récemment sa volonté de rogner un peu sur la période de transition afin que celle-ci coïncide avec la fin du budget européen actuel, soit décembre 2020.

Payer son accès au marché unique

C’est le prix à payer par les Britanniques pour une éventuelle prolongation qui intéresse les Européens : les lois européennes seraient alors encore en vigueur en Grande-Bretagne, ce qui obligerait Londres à payer son accès au marché unique. Mais bon nombre de pays membres ne veulent pas encore évoquer la question, sachant qu’à mesure que le calendrier avance, leur pouvoir de négociation va lui aussi augmenter.

De son côté, Londres ne veut pas non plus entamer les discussions sur ce volet à l’heure actuelle, car il a un autre accord sur le feu . Afin de rassurer les entreprises, les Britanniques espèrent obtenir un accord politique sur les termes de la transition d’ici au mois de mars, soit douze mois avant le déclenchement de l’article 50.

Pour autant, les Européens sont confiants sur le fait qu’un accord pour prolonger la période de transition pourrait être trouvé dès lors que Londres en fait la demande. Personne ne souhaite donc réellement une rupture violente.

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