Bruxelles, nid d’espions russes et chinois

Il y aurait actuellement « environ 250 espions chinois et 200 espions russes dans la capitale européenne », selon des diplomates du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), cité par le journal allemand Welt am Sonntag.

Les fonctionnaires européens ont été prévenus de la situation et sont encouragés à ne plus passer trop de temps dans certains lieux du quartier européen, notamment des restaurants et cafés autour du bâtiment du Berlaymont, où siège la Commission européenne.

Les agents sont principalement intégrés aux ambassades ou missions commerciales de leurs pays d’origine auprès de l’UE.

Les autorités chinoises ont rapidement réagi à ces déclarations, assurant qu’elles étaient « infondées ».  « Nous sommes profondément choqués de ces allégations infondées », lit-on dans un communiqué de la mission chinoise auprès de l’UE. « La Chine respecte toujours la souveraineté de tous les pays et n’interfère pas dans les affaires internes d’autres pays. »

Un employé de Huawei arrêté pour espionnage en Pologne

Pékin est montré du doigt dans une avalanche de cas liés à l’espionnage au sein de l’UE. Un rapport  des services de renseignement lituaniens prévenait la semaine dernière qu’« au fur et à mesure que les ambitions politiques et économiques chinoises grandissent en Lituanie et dans d’autres pays de l’OTAN, les activités des services de renseignements et de sécurités chinois sont de plus en plus agressives ».

Darius Jauniskis, qui dirige le département de sécurité d’État lituanien, a ajouté que son pays analysait actuellement la « menace » que représente la firme chinoise de télécommunication Huawei.

Un employé de Huawei, Weijing W, aussi connu sous le nom de Stanislas Wang, a récemment été arrêté en Pologne pour une affaire d’espionnage. Varsovie envisage donc d’interdire certains produits Huawei, a confirmé le ministre aux Affaires numériques, Karol Okonski.

Des micros cachés dans le bâtiment du Conseil européen

En Italie, le gouvernement est apparu divisé sur la question la semaine dernière. Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères chercheraient à annuler des contrats déjà signés avec le géant chinois, une information démentie par le ministère du Développement économique.

Des accusations d’espionnage dans le quartier européen avaient déjà vu le jour en 2003, après la découverte de micros cachés dans le bâtiment du Conseil, Justus Lipsius.

Plus récemment, en décembre 2018, il est apparu que des hackers avaient accès depuis des années au réseau de communication diplomatique européen. Ils auraient ainsi obtenu des transcriptions de rencontres privées et des informations potentiellement sensibles.

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Par Samuel Stolton, Euractiv.com (traduit par Manon Flausch)

(Article publié le lundi 11 février 2019 à 11h30)

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