Calais : plusieurs blessés graves après des rixes entre migrants

Plusieurs rixes d’un degré “jamais connu” ont éclaté jeudi soir à Calais, faisant une vingtaine de blessés. Le pronostic vital de quatre personnes, touchées par balles, est engagé.

De violents affrontements entre migrants afghans et africains ont eu lieu, jeudi 1er février, en plusieurs endroits de Calais, qui ont fait 22 blessés, dont quatre par balle étaient toujours entre la vie et la mort vendredi matin, selon des sources concordantes.

“On a atteint une escalade de la violence devenue insupportable pour les Calaisiens et les migrants”, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui s’est rendu en début de nuit sur les lieux de l’une des rixes. “C’est un degré de violence jamais connu,” a-t-il déclaré un peu plus tôt devant la presse au commissariat, déplorant des événements “exceptionnellement graves”.

Cinq migrants ont été touchés par balle, dont quatre grièvement, et l’un d’eux a reçu une balle dans la nuque, selon une source policière. Les autres souffraient de nombreux traumatismes et blessures diverses provoqués pour certains par des armes blanches, selon la préfecture. Et deux policiers sont également légèrement blessés.

En termes de victimes, “on est revenu à une situation qui ressemble beaucoup à celle de 2015”, année de création de la “Jungle”, démantelée en octobre 2016, a-t-on commenté de source judiciaire. Toutefois, “chaque jour ne se ressemble pas en termes de violence”, a-t-on ajouté. Des forces de sécurité “complémentaires” ont été déployées sur place, selon la préfecture.

Il s’agit du bilan le plus lourd depuis le 1er juillet 2017 ; lorsque des bagarres inter-ethniques avaient fait 16 blessés, dont un grave. Un an plus tôt, le 26 juin 2016, d’autres rixes avaient fait 40 blessés, dont aucun n’avait été atteint gravement.

Une succession de rixes

Dans l’après-midi, une première rixe a éclaté vers 15 h 30 entre une “centaine de migrants armés de bâtons et de pierres” boulevard des Justes, près du centre hospitalier de la ville, selon la préfecture. Quatre migrants, qui seraient âgés de 16 à 18 ans et de nationalité érythréenne, ont été blessés par balle lors de ces affrontements et leur “pronostic vital était engagé”, a déclaré à l’AFP le parquet de Boulogne-sur-Mer. Dans la même rixe, trois autres souffraient “de multiples blessures”, selon la préfecture du Pas-de-Calais, qui n’avait pas de détails sur l’identité des victimes.

La Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) et la brigade mobile de recherches de la police aux frontières ont été saisies. Aucune interpellation n’avait eu lieu dans la soirée.

Vers 16 heures, une deuxième rixe s’est déroulée à environ 5 km de là, à Marck-en-calaisis, près du centre de logistique Transmarck. “Une centaine de migrants africains armés de bâtons ont voulu s’en prendre à une vingtaine d’Afghans”, a indiqué le parquet, qui a précisé qu’un car a été affrété pour amener les Afghans au centre d’accueil et d’examen des situations (CAES) de Belval. La police a protégé les Afghans pris à partie par 150 à 200 Érythréens, selon la préfecture.

Puis en fin d’après-midi, de nouvelles violences ont éclaté dans la zone industrielle des dunes à Calais, non loin du site de l’ancienne “Jungle”. “Les Afghans sont venus pour une distribution de repas rue des Verrotières et sont tombés sur une forte présence africaine. On a eu un mouvement de foule qui a entraîné des blessés avec des barres de fer”, a indiqué le parquet à l’AFP. Six migrants ont été blessés selon le parquet, dont un grièvement à la tête, comme l’a constaté un correspondant de l’AFP sur place.

Jeudi matin, une opération “anti-squat”, consistant à enlever les tentes et les cabanes des migrants, avait été menée par les forces de l’ordre dans le secteur, sans incident, selon la préfecture et le parquet.

Avec AFP

Première publication : 01/02/2018

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