Charlie Hebdo: Macron sur les lieux des attentats de janvier pour des hommages voulus sobres

ATTENTATS DE JANVIER – Trois ans après les attaques jihadistes à Paris et Montrouge, militants de la liberté d’expression et gouvernement organisent un weekend d’hommages aux 17 personnes assassinées par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly.

Ce dimanche 7 janvier, Emmanuel Macron se rendra notamment en fin de matinée sur les lieux des attentats afin de participer aux cérémonies organisées par la mairie de Paris, en toute simplicité à la demande des familles de victimes.

Cérémonies sobres

Le président, aux côtés de son épouse, du ministre de l’intérieur, de la ministre de la justice, de la ministre de la culture et d’Anne Hidalgo, se rendra tout d’abord à 11h au 10 rue Nicolas Appert, dans le 11e arrondissement de la capitale, pour un hommage aux victimes de Charlie Hebdo devant leurs anciens locaux.

Macron se dirigera ensuite vers le boulevard Richard Lenoir en mémoire d’Ahmed Merabet, le policier qui avait perdu la vie en tentant d’arrêter les terroristes dans leur fuite le 7 janvier 2015.

À midi, le chef d’État, les membres du gouvernement qui l’accompagnent et la maire de Paris prendront enfin la direction de la Porte de Vincennes, dans le 20e arrondissement, pour un hommage aux victimes de Coulibaly à Montrouge et à l’Hyper Cacher les 8 et 9 janvier.

L’Élysée a annoncé que chacune de ces cérémonies se déroulerait sur le même format sobre. Tout d’abord la lecture de la plaque commémorative, suivie d’un dépôt de gerbe et d’une minute de silence. Après la Marseillaise, le président saluera les familles de victimes.

Mobilisation qui divise

Samedi, une mobilisation populaire a rassemblé des centaines de personnes au nom de la liberté d’expression pour que vive “l’esprit Charlie”. Une après-midi de débats et un spectacle en soirée, organisée par le Printemps républicain, le Comité Laïcité République et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. Ces organisations défendaient une conception offensive de la laïcité, contre les “communautarismes” religieux et ethniques. Un positionnement qui leur a valu de nombreux opposants, notamment à gauche, où certains dénoncent un combat “islamophobe”.

Dans le public avaient pris place, au premier rang, l’ancien Premier ministre Manuel Valls (apparenté LREM), la maire PS de Paris Anne Hidalgo, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo Gérard Biard et sa directrice des ressources humaines Marika Bret. Le reste de la rédaction du journal satirique n’était pas présent.

Le 11 janvier 2015, plus de quatre millions de personnes étaient descendues dans les rues des grandes villes du pays, suivant souvent le mot d’ordre “Je suis Charlie”, en défense de la liberté d’expression. Mais cet “esprit” s’érode: selon un sondage de l’institut Ifop pour Europe 1, 61% des Français se sentent encore “Charlie”, dix points de moins qu’en janvier 2016.

“Depuis trois ans, l’unanimité de janvier 2015 s’est émoussée”, a regretté samedi le président de la Licra, Mario Stasi. Le slogan “Je suis Charlie” ne fait pas l’unanimité jusqu’au sein de ce journal. Son “individualisme publicitaire” s’est “dilué dans les diverses et inévitables traductions politiques dont il fut l’objet”, a ainsi déploré dans Libération Philippe Lançon, gravement blessé dans l’attaque du 7 janvier 2015.

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