Climat : un enjeu électoral aux États-Unis

New York n’est pas seulement le lieu des grandes manifestations pour le climat en marge des assemblées générales de l’ONU. À l’autre bout du pays par rapport à l’épicentre américain de la transition écologique que constituent la Californie, la Silicon Valley et la ville de San Francisco, la Ville comme l’Etat de New York sont également à la pointe du mouvement. Cela ne date pas d’hier, et l’ancien maire (et milliardaire) Michael Bloomberg est devenu l’une des figures de proue de la lutte contre le changement climatique à l’échelle mondiale.

Depuis l’élection du climato-sceptique Donald Trump, qui a fait sortir son pays de l’Accord de Paris, les grandes villes et certaines entreprises se montrent au contraire plus déterminées que jamais à le mettre en oeuvre. Et à l’heure où Alexandria Ocasio Verde (ACV), plus jeune élue du congrès, promeut avec beaucoup de vigueur un « Green New Deal » prévoyant notamment 100% d’énergies renouvelables en 2035, le maire Bill de Blasio, auquel on prête des ambitions pour la course à l’investiture démocrate (que se disputent déjà une vingtaine de prétendants), vient d’entériner de nouvelles réglementations en faveur du climat. Celles-ci portent notamment sur l’efficacité énergétique des gratte-ciel : désormais les bâtiments de plus de 2.300 m2 devront réduire leurs émissions de 40% d’ici à 2030 par rapport à 2005. Ces grands immeubles, s’ils représentent moins de 1% du parc immobilier de la ville, pèsent pour 30% dans ses émissions.

Le maire et le gouverneur sur la même longueur d’onde

Bill de Blasio qualifie lui-même de « Green New Deal » new-yorkais l’ensemble de mesures qu’il a entérinées le 19 avril dernier. Cette référence à la mobilisation décrétée par le président Roosevelt pour faire face à la crise de 1929, mais articulée autour de l’écologie, avait fait une première apparition lors de l’élection d’Obama, où il s’agissait de trouver une porte de sortie à la crise des subprimes et à la faillite de Lehman Brothers.

Le maire de Big Apple, qui entend faire de sa ville la mégapole la plus durable et résiliente face aux enjeux du changement climatique, a fixé un objectif de réduction de ses émissions de 80% en 2050 par rapport à 2005. Cette politique, formalisée dans une roadmap baptisée 80 x 50, doit créer quelque 14.000 emplois.

Les ambitions du maire rejoignent celles du gouverneur – démocrate lui aussi – Andrew Cuomo en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables, qui devraient produire 50% de l’électricité consommée dans l’État en 2030. Celui-ci doit aussi être neutre en carbone à l’horizon 2040, et alimenté à 100% par des énergies décarbonées en 2050. Outre des projets dans l’éolien offshore représentant 800 MW en cumulé, l’État de New York fédère quelque 90.000 projets au sein de la New York Sun Initiative et la New York Green Bank a investi plus de 500 millions de dollars dans des projets verts.

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