Coup de frein des créations d’emploi au second trimestre

Les mauvais signes se multiplient sur le marché du travail. Les créations d’emplois salariés ont  faiblement progressé, de 0,2% entre avril et juin contre 0,4% au cours du premier trimestre selon les derniers chiffres communiqués par l’Insee ce mardi 10 septembre. Au total, 56.200  emplois ont été créés contre 102.000 au trimestre précédent. Ce coup de frein très marqué est relativement similaire à celui observé entre le premier et le second trimestre 2018.

Par rapport à l’estimation de juin, l’organisme public a révisé à la hausse le nombre d’emplois à 8.800 pour le premier trimestre. Cette révision favorable est liée au dynamisme des services marchands. En revanche, les statisticiens ont révisé à la baisse leurs prévisions pour le second trimestre de 16.300 (notamment les services marchands). “Ce qui compte c’est la tendance sur le long terme. Depuis deux ans on a créé un demi-million d’emplois”, a réagi la ministre du Travail Muriel Pénicaud sur RTL. “On est bien dans une dynamique de créations d’emplois et on en a encore sous le pied car une entreprise sur deux dit qu’elle n’arrive pas à recruter”, a-t-elle ajouté. Le marché de l’emploi résiste plutôt bien au ralentissement de la conjoncture européenne. Lors d’un point presse, l’économiste de BNP-Paribas Hélène Baudchon a expliqué que :

“Pour la France, il y a une stabilité de la croissance depuis la mi-2018. On est à 0,3%, -0,4% en rythme trimestriel après le petit passage à vide du premier semestre 2018. Cette stabilisé de la croissance française est remarquable compte tenu de la quantité d’incertitudes qui existent. En même temps, ce n’est pas un rythme de croissance très élevé. L’économie française se montre assez résistante à la baisse. Derrière cette stabilité de la croissance française, c’est essentiellement la stabilité de la demande intérieure hors stock qui contribue. Trimestre après trimestre, nous observons 0,5 point de contribution positive de cette demande intérieure. […] Les enquêtes sur le climat des affaires, qui sont plutôt bien orientées montrent une bonne résistance de la croissance française. La plus petite taille du secteur industriel tricolore et la moindre exposition au commerce mondial explique cette résistance. Comme l’Allemagne est l’un des principaux partenaires de la France, les difficultés de la première économie de la zone euro pourrait cependant se répercuter sur ses voisins”.

Lire aussi : La croissance se maintient à 0,3% au troisième trimestre

Ralentissement dans le privé

Le ralentissement est particulièrement marqué dans le secteur privé selon les chiffres de l’institut basé à Montrouge. L’emploi salarié a augmenté de 45.800 dans le privé contre 100.400 lors du trimestre précédent. Cette division par deux explique en très grande partie le moindre dynamisme des créations d’emploi dans l’économie hexagonale.

Dans le secteur public, la tendance est plus favorable. Ainsi, les créations d’emploi ont augmenté de 10.500 après 2.200 entre janvier et mars. “Sur un an, il s’accroît de 269.900 (soit +1,1 %) : +251 200 dans le privé et +18.700 dans la fonction publique” explique l’Insee.

Baisse dans l’industrie et la construction

Dans le détail, les chiffres dans l’industrie sont décevants avec 1.400 créations contre 8.000 au premier trimestre. “L’emploi industriel est supérieur de 19.100 à son niveau un an auparavant (soit +0,6 %)” ajoute le communiqué. La tendance est également morose dans la construction avec 6.500 emplois crées contre 17.400 sur les trois premiers mois de l’année. Dans le tertiaire marchand, les créations d’emploi ont clairement chuté avec 33.900 créations contre 74.300 le trimestre précédent, soit +0,3% après +0,6%. L’autre mauvaise nouvelle est que l’emploi temporaire baisse. Sur un an, il diminue de 5.500.

Au final, la croissance française “serait suffisante pour accentuer le dynamismes des créations avec plus de 240.000 créations nettes sur l’année après 182.000 l’an dernier. La population active tend à ralentir. le taux de chômage continuerait de baisser pour s’établir à 8,3% en fin d’année 2019”, indiquait le responsable du département de la conjoncture de l’Insee Julien Pouget fin juin. De son côté, l’économiste Hélène Baudchon a signalé que de nombreuses incertitudes demeurent pour expliquer la faiblesse de la consommation.

“La grande question est de savoir à quel moment la consommation des ménage va vraiment rebondir au regard de l’évolution déjà observée des gains de pouvoir d’achat. Ils sont largement soutenus par une baisse d’impôts, une baisse de l’inflation et par la dynamique sur le marché du travail. Le rebond de la consommation ne se voit pas encore dans les chiffres. Il y a une vraie prudence des consommateurs français alors que les déterminants de la consommation des ménages sont bien orientés. Les conditions de taux et d’accès au crédit sont très favorables. La confiance des ménages a bien rebondi. Les gains de pouvoir d’achat passent pour l’instant en épargne de précaution. On a encore des difficultés pour l’expliquer. Peut être que certaines réformes engagées en France comme celle de l’assurance-chômage ou celle des retraites contribuent à cette épargne de précaution.[…]  Ces gains de pouvoir d’achat vont mettre du temps à produire leurs effets. De nombreuses personnes sont confrontées à des dépenses contraintes importantes.”

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Par rapport à l’estimation de juin, l’organisme public a révisé à la hausse le nombre d’emplois à 8.800 pour le premier trimestre. Cette révision favorable est liée au dynamisme des services marchands. En revanche, les statisticiens ont révisé à la baisse leurs prévisions pour le second trimestre de 16.300 (notamment les services marchands). “Ce qui compte c’est la tendance sur le long terme. Depuis deux ans on a créé un demi-million d’emplois”, a réagi la ministre du Travail Muriel Pénicaud sur RTL. “On est bien dans une dynamique de créations d’emplois et on en a encore sous le pied car une entreprise sur deux dit qu’elle n’arrive pas à recruter”, a-t-elle ajouté. Le marché de l’emploi résiste plutôt bien au ralentissement de la conjoncture européenne. Lors d’un point presse, l’économiste de BNP-Paribas Hélène Baudchon a expliqué que :

“Pour la France, il y a une stabilité de la croissance depuis la mi-2018. On est à 0,3%, -0,4% en rythme trimestriel après le petit passage à vide du premier semestre 2018. Cette stabilisé de la croissance française est remarquable compte tenu de la quantité d’incertitudes qui existent. En même temps, ce n’est pas un rythme de croissance très élevé. L’économie française se montre assez résistante à la baisse. Derrière cette stabilité de la croissance française, c’est essentiellement la stabilité de la demande intérieure hors stock qui contribue. Trimestre après trimestre, nous observons 0,5 point de contribution positive de cette demande intérieure. […] Les enquêtes sur le climat des affaires, qui sont plutôt bien orientées montrent une bonne résistance de la croissance française. La plus petite taille du secteur industriel tricolore et la moindre exposition au commerce mondial explique cette résistance. Comme l’Allemagne est l’un des principaux partenaires de la France, les difficultés de la première économie de la zone euro pourrait cependant se répercuter sur ses voisins”.

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Ralentissement dans le privé

Le ralentissement est particulièrement marqué dans le secteur privé selon les chiffres de l’institut basé à Montrouge. L’emploi salarié a augmenté de 45.800 dans le privé contre 100.400 lors du trimestre précédent. Cette division par deux explique en très grande partie le moindre dynamisme des créations d’emploi dans l’économie hexagonale.

Dans le secteur public, la tendance est plus favorable. Ainsi, les créations d’emploi ont augmenté de 10.500 après 2.200 entre janvier et mars. “Sur un an, il s’accroît de 269.900 (soit +1,1 %) : +251 200 dans le privé et +18.700 dans la fonction publique” explique l’Insee.

Baisse dans l’industrie et la construction

Dans le détail, les chiffres dans l’industrie sont décevants avec 1.400 créations contre 8.000 au premier trimestre. “L’emploi industriel est supérieur de 19.100 à son niveau un an auparavant (soit +0,6 %)” ajoute le communiqué. La tendance est également morose dans la construction avec 6.500 emplois crées contre 17.400 sur les trois premiers mois de l’année. Dans le tertiaire marchand, les créations d’emploi ont clairement chuté avec 33.900 créations contre 74.300 le trimestre précédent, soit +0,3% après +0,6%. L’autre mauvaise nouvelle est que l’emploi temporaire baisse. Sur un an, il diminue de 5.500.

Au final, la croissance française “serait suffisante pour accentuer le dynamismes des créations avec plus de 240.000 créations nettes sur l’année après 182.000 l’an dernier. La population active tend à ralentir. le taux de chômage continuerait de baisser pour s’établir à 8,3% en fin d’année 2019”, indiquait le responsable du département de la conjoncture de l’Insee Julien Pouget fin juin. De son côté, l’économiste Hélène Baudchon a signalé que de nombreuses incertitudes demeurent pour expliquer la faiblesse de la consommation.

“La grande question est de savoir à quel moment la consommation des ménage va vraiment rebondir au regard de l’évolution déjà observée des gains de pouvoir d’achat. Ils sont largement soutenus par une baisse d’impôts, une baisse de l’inflation et par la dynamique sur le marché du travail. Le rebond de la consommation ne se voit pas encore dans les chiffres. Il y a une vraie prudence des consommateurs français alors que les déterminants de la consommation des ménages sont bien orientés. Les conditions de taux et d’accès au crédit sont très favorables. La confiance des ménages a bien rebondi. Les gains de pouvoir d’achat passent pour l’instant en épargne de précaution. On a encore des difficultés pour l’expliquer. Peut être que certaines réformes engagées en France comme celle de l’assurance-chômage ou celle des retraites contribuent à cette épargne de précaution.[…]  Ces gains de pouvoir d’achat vont mettre du temps à produire leurs effets. De nombreuses personnes sont confrontées à des dépenses contraintes importantes.”

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