Critique musicale: Queen – Live At The Rainbow ’74 (2014)

 image003

1973-1974 : confirmation et apogée scénique d’un son unique

Au mois d’Aout 1973, le quatuor anglais Queen, accompagné du producteur Roy Thomas Baker et  des ingénieurs du son Robin Geoffrey Cable et Mike Stone, investit une nouvelle fois les Studios Trident, ces studios où, quelques temps auparavant, entre les mois de juin et  novembre 1972, il acheva de concevoir son premier album éponyme, publié en juillet 1973[1]. Queen s’attèle cette fois à la réalisation de Queen II, son second opus, qui paraitra officiellement le 8 mars 1974 sur les territoires britannique et européen puis le 9 avril sur le marché américain. Ces deux parutions se font respectivement sous les bannières d’EMI au Royaume-Uni et d’Elektra Records aux Etats-Unis[2]. La sortie de Queen II fut précédée, le 23 février 1974, par celle du premier et unique single donné par cet album : Seven Seas Of Rye, composition Rock, œuvre de Freddie Mercury. Une version strictement instrumentale en fut publiée dès juillet 1973, en conclusion de Queen. Sur Queen II la partie instrumentale d’origine se voit entièrement achevée et complétée, entre autres, d’une partie vocale et de différents chœurs[3]. La sortie de ce single, le troisième de la carrière du groupe, après les sorties respectives de Keep Yourself Alive et Liar, tirés de l’album Queen et publiés l’année précédente, sera pour Queen le prétexte idéal à une participation au show télévisé Top Of The Pops, palliant du même coup l’indisponibilité de David Bowie. Freddie Mercury marqua tout d’abord sa réticence à voir son groupe participer à ce programme très populaire et « grand-public » outre-manche, pensant spontanément que Queen serait d’emblée catalogué par les téléspectateurs lambdas comme un nouveau « groupe à single », ce en quoi, dit-il, ils se tromperaient lourdement. Mercury est septique, Brian May, John Deacon et Roger Taylor enthousiastes. La majorité l’emportant au sein de la petite « démocratie constituée » qu’est ce groupe, Queen délivre donc un soir de février, le 21,  un magnifique play-back, visionné, en moyenne, par une petite dizaine de millions de téléspectateurs. Une aubaine faisant instantanément de Seven Seas Of Rye, le tout premier titre de Queen à se classer dans les charts anglais, se hissant un temps, et plus qu’honorablement, à la 5e place. Ainsi, à défaut de tenir son premier véritable « tube », Queen se voit assurément paré d’un premier et solide succès d’estime[4].

Queen II achevé et le titre Seven Seas Of Rye remplissant son office annonciateur, ne reste plus à Queen qu’à (re-)partir en vadrouille pour défendre sa nouvelle galette et pour enfin et définitivement s’assurer l’appui d’un premier public. En effet, si, en ce début d’année 1974, Queen demeure un jeune groupe[5], ses membres eux sont d’ores et déjà, et à l’excès,  convaincus de leur potentiel, et ce sur tous les plans : technique, scénique et commercial…Queen ne pouvait pas ne pas être bon, c’était une certitude, confirmée des décennies plus tard par Brian May lui-même :

« On avait la grosse tête, clairement, dans le sens où nous étions convaincus de ce que nous proposions Si quelqu’un nous disait qu’on était mauvais, notre réaction été de penser qu’il avait tort, jamais qu’il soit possible qu’on le soit ! »[6]

La tournée en support à l’album Queen II, le Queen II Tour, se déroulera du 1er mars au 11 mai 1974. Il s’agit de la seconde tournée officielle du combo et celle-ci débute six semaines à peine après la fin officielle du Queen I Tour[7]. Dès le 1er mars Queen est sur scène, à Blackpool, donnant le coup d’envoi de cette tournée qui contra au total 41 dates, réparties en deux legs différents : le premier exclusivement britannique, Queen passant sur les territoires anglais, gallois et écossais, et le second se déroulant en Amérique du Nord, aux Etats-Unis.

Lors de ce premier leg britannique, qui se déroule entre le 1er mars et le 2 avril 1974, Queen joue pour la première fois de sa jeune carrière en tant que tête d’affiche et avec pour point d’orgue un concert prévu le 31 mars dans l’enceinte du célèbre Rainbow Theater, à Londres. Beaucoup se feront à l’époque l’écho de l’ambition démesurée, ou tout du moins jugée comme telle, de Queen. Voici un groupe qui, quasiment inconnu deux ans plus tôt, n’ayant à son actif que deux albums et un seul succès d’estime, ambitionne de remplir à lui seul cette salle que l’on décrit volontiers comme l’équivalent anglais du Palladium de Los Angeles ou de l’East Filmore new-yorkais. Mais les quatre paddies n’ont jamais doutés d’eux-mêmes, de leur savoir-faire et encore moins de leur potentiel. Après déjà quatre années passées à écumer les bars, clubs, collèges, lycées et autres lieux plus ou moins homologués pour progresser et se faire connaitre, le risque, si tant est que cela en soit un, mérite d’être pris. Le Rainbow et ses quelques 3500 places, vendues aux prix de £ 1.20 pour certaines (environ 1€50 !) feront donc  office de révélateur un soir de mars[8]

Queen décidera même de faire de son passage au Rainbow, qu’il souhaite mémorable, le premier témoignage live officiel de sa carrière, Roy Thomas Baker[9], producteur attiré du groupe à cette époque, et Mike Stone prendront donc place derrière la console, se chargeant de la captation sur bandes de la performance à venir. Toujours sous contrat pour un temps avec Trident Records, label des frères Sheffield, Queen se doit de livrer un disque. Prenant exemple sur un artiste tel James Brown, dont le célébrissime et premier album live, Live at The Apollo Theater paraissait onze ans plus tôt, en 1963, ou bien encore les Who et leur Live At Leeds, leur premier live, là aussi, datant de 1970, décision est alors prise de publier le Live at the Rainbow 74 une fois ce Queen II Tour conclu.[10]

Freddie drapé dans son costume d' "aigle blanc", conçu  par la styliste Zandra Rhodes
Freddie drapé dans son costume d’ “aigle blanc”, conçu par la styliste Zandra Rhodes

Ce dimanche 31 mars au soir, c’est un groupe plus âpreté que jamais qui se présente devant une salle comble. Queen est drapé dans de riches et classieux costumes de scène confectionnés sur mesures par la styliste Zandra Rohdes. A cette époque Queen se définit presque comme un concept artistique total. Aux ornements sonores divers et variés qui parcours à satiété Queen, Queen II et bientôt Sheer Heart Attack, répondent des tenues tape à l’œil, chose peut commune pour l’époque, qui ne pouvaient laisser indifférent quiconque assistait à une prestation signée Queen. Brian, Roger, John et Freddie portent cheveux long, bagues, colliers et bracelets, chacune de leur tenue est strictement cintrée et les broderies n’y sont pas absentes. S’il arrive à John Deacon d’arborer certains soirs un chapeau à fleurs, Brian et Freddie eux ne sont pas en reste : Le guitariste porte fréquemment un haut de corps, semblable, de près ou de loin, à ce qui se rapproche d’un pancho, décoré de broderies et terminé par de très amples et larges manches. Freddie quant à lui se pavane tel un paon dans son célèbre costume dit « d’aigle blanc ». Notre homme porte boléro et pantalon de satin ou de soie d’un blanc immaculé surmonté, comme pour la tenue de Brian, d’un haut à larges manche : lorsqu’il tend les bras de part et d’autre, Mercury donne l’impression de déployer ses ailes (un peu comme le phénix de leur logo), effet garanti ! La panoplie se voit également complétée de gant, mascara et vernis à ongles. Queen aimant les contrastes, comme la bichromie en noir et blanc de l’album Queen II, l’a démontrée plus tôt, Mercury commande à Rhodes un autre costume, assez semblable à celui de « l’aigle-blanc », mais de couleur noire et cette fois pourvu d’un magnifique, et accessoirement trés profond, décolleté. Il en ira de même pour Brian May, le décolleté en moins. Apanage scénique d’un groupe au style tant musical que vestimentaire résolument unique. Unique et ce, que l’on apprécie ou non !

Sur scène, Brian May et sa Red Special secondent efficacement Freddie Mercury, ne se faisant pas prier pour occuper au possible l’espace sonore laisser libre par ce dernier, Roger Taylor, en plus de malmener ses futs, assure des chœurs où les aigus flamboient et John Deacon, égale à lui-même, assure un jeu de basse carré, aux lignes propres et sans fioriture aucune. A cette époque le bassiste n’hésite pas à se mettre en avant sur scene, ce qui se verifiera de moins en moins les années passant. Mercury lui bien sûr, assure le show, l’éclaboussant de son évident charisme. Il n’est bien sûr pas ici celui qui, onze années plus tard, un soir de juillet 1985, n’aura aucun mal à tenir dans le creux de sa main un public littéralement conquis et garnissant joliment les tribunes du (désormais défunt) stade de Wembley, mais, déjà, rien dans ses interventions et postures ne laisse place au hasard, même en ce qui concerne les mimiques quelque peu « précieuses » du chanteur. Il pose et, surtout, en impose. C’est Queen tout entier qui s’impose en musique ce soir-là. Les spectateurs présents, septiques ou non, s’accordent unanimement à la sortie de la salle, cela venait d’être démontré sans ombrage : Il allait falloir compter sur et avec Queen à l’avenir.

Le concert au Rainbow eu de nombreuses retombées dans la presse. L’une des plumes du Melody Maker, revenant sur ce concert, déclara ainsi :

« Quelle soirée ! Ce fut l’apogée de leur grande tournée britannique. Beaucoup ont douté du talent de Queen. Comment pouvaient-ils jouer dans une salle aussi prestigieuse si tôt dans leur jeune carrière !outrageusement et élégamment vêtu de son nouveau costume d’ « aigle-blanc », Freddie Mercury se pavana et posa avec encore plus d’enthousiasme que d’habitude. Il chanta mieux que je ne l’avais jamais entendu. Quelques minutes après leur entrée en scène, ils étaient habitués à cette vaste scène et ils l’utilisèrent tout à fait à leur avantage. Apres deux rappels ils quittèrent finalement la scène sous les ovations du public qui s’était levé et sous un tonnerre d’acclamations et de cris de joies ! »[11]

Ce fut une première, une première aussi réussi que convaincante. Pour Queen, comme pour son public sans cesse grandissant, il y aura désormais une sorte « d’avant » et « d’après » Rainbow…Queen s’engagerait-il dés lors sur la voie royale d’un succès à venir s’annonçant phénoménal ? S’il est permis à ceux ayant assistés au concert de l’envisager, le quatuor, lui,  en est résolument convaincu. Mais (car il y a un May!) Queen n’en est pas encore tout à fait là et, pour l’heure, l’immédiat « après » Rainbow se borne à un concert prévu à Birmingham, ce 2 avril 1974, en conclusion du leg britannique.

Deux semaines plus tard, c’est à Denver, qu’il faut être pour retrouver les anglais sur scène. De nouveau ils officient en tant que première partie  de Mott The Hoople. Ce fut en effet déjà le cas lors de la grande majorité des dates prévues dans le cadre du Queen I Tour. Cela leur a déjà valu une première récompense : au début 1974, Queen se voit attribuer, par le journal spécialisé Disc And Music Echo, le titre de  « groupe de l’année au Royaume-Uni »[12]. Un mois durant Queen remet donc le couvert et ensuit les plâtres pour Mott The Hoople. Toutefois, passée la date du 11 mai, et après une série de six concerts, donnée dans l’enceinte de l’Iris Theater de New-York, entre les 6 et 11 mai, les britannique se voient contrains et forcés de plier bagages. La raison : Brian vient tout juste de contracter, à la suite d’une vaccination réalisée avec une aiguille impropre, une hépatite virale et doit absolument demeurer hospitalisé. Queen regagne donc au plus vite son ile après qu’une vingtaine de concerts environ fut annulée…[13]

La maladie de Brian May aurait pu contraindre les trois autres à une période d’inactivité forcée, il n’en fut pourtant rien, bien au contraire. Les mois qui suivirent la tournée avortée furent employés à l’écriture et la composition de nouveaux morceaux appelés à figurer sur ce qui deviendra le troisième opus studio de Queen. Queen est très inspiré et pressé, tellement qu’ils n’attendent même pas la sortie de l’hôpital de leur guitariste pour commencer l’enregistrement de ces nouveaux titres. Entre les mois de juillet et septembre 1974, Queen programmera des sessions d’enregistrement dans pas moins de quatre studios différents entre le nord du Pays de Galles et l’Angleterre, les studios Trident, Wessex, Rockfield et Air[14], placées sous la houlette conjointe de Roy Thomas Baker et Mike Stone. Le travail, qui maintenant se déroule dans de bien meilleures conditions que précédemment, Queen se voyant désormais allouer les studios en journée et non plus la nuit, comme à l’époque de l’enregistrement de l’album Queen, avance bien. Si bien que le groupe décide que de ces sessions naitra l’album qui paraitra prochainement. Cette décision de publier une œuvre studio condamnera immédiatement la parution prévue de l’album live au Rainbow. Le travail de production de Baker et Stone est quasiment achevé, qu’à cela ne tienne, ce projet se verra remisé, consigné parmi les archives pendant les  40 années à venir… Personne n’entendra donc sur disque la performance du 31 mars avant bien longtemps. Il faudra attendre près de cinq ans et la parution, en 1979,  du Live Killers, compilation d’enregistrements de performances réalisées durant le Jazz Tour, pour voir enfin un premier live officiel signé Queen. Cette parution est surtout due à la volonté du groupe de tenter d’enrailler la commercialisation officieuse de très nombreux bootlegs. A l’époque de son succès massif Queen était, comme tant d’autres, très largement piraté.

Au mois d’aout, c’est un Brian tout juste remis sur pied qui rejoint ses comparses en studio. Il lui faut maintenant rattraper son retard et enregistrer ses parties de guitares et ses vocaux. Revenant sur l’enregistrement de Sheer Heart Attack, May déclarera :

« Lorsque je suis définitivement sorti de l’hôpital, il y avait une montagne de morceaux à jouer et à rattraper, plus les partitions d’harmonies vocales qui nécessitaient la profondeur des trois voix. Nous avons terminé Killer Queen, She Makes Me et Brighton Rock. Now I Here fut achevée lors de la dernière séance. J’avais trouvé les idées de cette chanson à l’hôpital, alors que je médité sur la tournée avortée ave Mott, sur notre avenir… »[15]

Brian May craint d’être remplacé, il n’en sera rien. C’est Killer Queen qui fera office de single annonciateur de la sortie de l’album Sheer Heart Attack, second album studio à paraitre en cette année 1974. Killer Queen sera le premier véritable hit single de la carrière des anglais. Avec la Reine Tueuse Freddie Mercury, qui en est l’auteur, sait qu’il tient là son premier succès massif. Le titre, publié le 21 octobre, se classera très bien dans les charts un peu partout en Europe (second au Royaume Uni et en Irlande, troisième en Hollande et quatrième en Belgique)[16]. Sheer Heart Attack suivra ensuite, arrivant chez les disquaires le 8 novembre 1974[17].

Le succès de Killer Queen et le bon accueil public réservé à Sheer Heart Attack permettent désormais d’envisager les choses bien plus sereinement, exception faite, bien sûr, du conflit larvé existant entre  le combo et Trident Records, son label. Le Sheer Heart Attack Tour à venir sera différent des tournée précédentes. Le concert du Rainbow a obtenu les retombées escomptée et désormais Queen sera la seule tête d’affiche, ce du début à la fin de cette tournée, qui de plus sera la première d’une réelle envergure internationale. Elle comptera 76 dates, réparties en trois legs différents : 29 dates européennes, 39 prévues en Amérique du Nord et 8 en Asie. Là n’est pas la seule nouveauté de ce Sheer Heart Attack Tour, car si Queen à bâtit un nouveau set contenant nombre de nouveaux titres extraits de leur dernier opus en date, porte des costumes de scène neufs (toujours signés Zandra Rhodes), il peut aussi désormais

A l’arrière plan de cette photo,  le "lighting rig" de l'époque.
A l’arrière plan de cette photo, le “lighting rig” de l’époque.

s’appuyé sur l’apport essentiel d’un  tout nouveau système d’éclairage scénique (lighting rig) spécialement conçu pour ce spectacle, mettant de la sorte en valeur l’aspect théâtrale des performances du groupe, et de Freddie Mercury en particulier. Cet attirail consiste en un ensemble de 64 projecteurs, sans compter ceux placés en vis-à-vis de la scène. 16 projecteurs

latéraux se trouvaient fixés au sol de part et d’autre de la scène alors que les 48 autres projecteurs principaux étaient suspendus de sorte à former plusieurs colonnes de lumière au-dessus de la scène[18].

Le 30 octobre 1975 c’est le coup d’envoi d’une tournée, qui s’achèvera le 1er mai 1975, qui est donné par un concert au Palace Theater de Manchester. Queen commence par donner 19 concerts à travers le Royaume-Uni en guise de première partie de tournée. Celle-ci se conclue par deux prestations dans l’enceinte du Rainbow Theater, à Londres, les 19 et 20 novembre. Six mois à peine âpres son premier passage le groupe y signe un retour magistral et, cette fois, acclamé de toutes parts. Plus personne ne doutera et beaucoup jugeront se double passage meilleur encore que celui du 31 mars. Une chose semblait certaine : Queen avait « mué » scéniquement et pourrait désormais continuer à grandir sereinement, de tournée en tournée…

Ces deux concerts au Rainbow furent, comme précédemment, l’objet d’une double captation, sonore et vidéo, orchestrée par Roy Thomas Baker.

Une fois ce leg britannique clôturé, Queen donnera, entre le 23 novembre et le 12 décembre, une série de dix concerts tenus dans six pays européens différents. Ils passent ainsi en Suède, Finlande, Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et finalement en Espagne. Rideau sur l’Europe.

 Dès le 13 décembre c’est une pause qui est amorcée, le temps pour Brian, Roger, John et Freddie de bien répéter les concerts prévus en Amérique. Ils font leur retour sur scène le 5 février 1975 dans la ville de Colombus. Cette tournée américaine s’achèvera à Seattle, après deux escales canadiennes, le 6 avril 1975. Le 19 du même mois est donné le premier des huit concerts prévus au pays du soleil levant. C’est un triomphe, le public nippon ayant instantanément adopté ce groupe au style musical au combien singulier. L’épilogue à lieu au Budokan de Tokyo, le 1er mai, scellant du même coup la fin officielle du Sheer Heart Attack Tour. De source sure, nous savons qu’un quatrième et dernier leg aurait dû avoir lieu au cours de l’été 75, une nouvelle fois aux Etats-Unis. Il n’en sera toutefois rien, un accident de la circulation impliquant le camion transportant tout le matériel du groupe se chargeant de faire tomber à l’eau ce projet[19].

Pas de second leg américain pour Queen donc, mais ce groupe ne manque pas de ressource et décidera vite d’employer les mois à venir à enregistrer leur prochain album, le 4e . Dès le mois d’Aout Queen et Roy Thomas Baker entameront l’enregistrement dudit album. Un an tout juste après le réussi Sheer Heart Attack sortira le désormais, et au combien, célèbre A Night At The Opera[20]. Mais ceci est une autre histoire…

Costumes uniques pour un groupe qui ne l'est pas moins...
Costumes uniques pour un groupe qui ne l’est pas moins…

Quarante ans après : témoignage

C’est le 8 septembre dernier que fut rendu disponible ce Live At The Rainbow’74, étiqueté chez Virgin pour l’Europe et chez Hollywood outre Atlantique. Devant cette offrande l’acheteur potentiel à l’embarras du choix, à lui de se débrouiller une fois face aux quelques sept versions différentes disponibles sur les divers marchés! Celles-ci vont des éditions « classiques » de simples CD, DVD et BRD à la « super édition deluxe limitée », qui contient : l’édition double CD et les DVD et BRD accompagné d’un ouvrage relié contenant photos inédites et reproduction de goodies d’époque (poster promo, affiches, articles et critiques de presse, badges, lettres, reproduction de tickets (il ne fait aucun doute que Greg Brooks et Richard Gray, les archivistes du groupe, ont énormément travaillés… les amateurs seront gâtés !), en passant par la conventionnelle édition du double CD.

Brian May et Roger Taylor faisant ici office de producteur exécutifs pour l’ensemble du projet, la remasterisation de ces bandes fut confiée à Justin Shirley-Smith, Joshua J. Macrae et Kris Fredriksson. Kris Fredriksson et Justin Shirley-Smith se sont également vu confier la charge de superviser tout le travail de post-production. Le moins que l’on puisse dire c’est que ces messieurs n’ont pas fait la chose à moitié ! Le son est irréprochable est confère à la prestation de Queen toute son envergure, sa puissance, nous rappelant au passage une chose essentielle : Si Queen nous a livré quantité d’hymnes Pop-Rock dans la seconde moitié de sa carrière, il est néanmoins, et avant tout, à l’origine un véritable et très grand groupe de Rock au son rageur, puissant et débridé. L’écoute du premier des deux CD nous le confirme sans ombrage.

Ainsi nous découvrons enfin ce concert de Mars 1974 dans son intégralité, tel qu’il aurait du paraitre jadis. Mieux vaut tard que jamais et le plaisir de la découverte, ajoutée à la qualité de restauration des bandes analogiques d’origines, est totale. Dix-sept titres enchainés sans temps mort aucun au cours des desquels seul prévaut le Rock’n’Roll et l’énergie qui va avec. L’exécution de morceaux comme Seven Seas Of Rye, Modern Time Rock’n’Roll (cette dernière, ici chantée par Freddie Mercury[21], démontre tout son potentiel, le live la bonifiant à souhait), Jailhouse Rock, Stupid Cupid, Be Bop A Lula et Liar les uns à la suite des autres achèvera sans peine de nous convaincre !

Au milieu de cette avalanche de décibels, la douceur d’un titre comme le magnifique, et non dénué d’émotion, White Queen (As It Began)  s’impose d’emblée comme un des plus jolis moments du concert. L’autre rareté de ce premier concert et la seule est unique version enregistrée live, et encore existante, de The Fairy Feller’s Master-Stroke. Un titre apparaissant originellement dans sa version studio sur l’album Queen II. Nous la découvrons ici dans une version épurée, débarrassée des ornements de la production studio. Le titre n’en est que plus direct et spontané, sans pour autant perdre de sa richesse intrinsèque. L’interprétation globale et les harmonies vocales que Queen nous livre sont superbes. Une rareté que le live à, comme pour beaucoup de titres, transcendé. Passée cette, désormais mythique, soirée du 31 mars cette composition disparaitra de la setlist des concerts du groupe pour ne plus jamais y réapparaitre…Un moment unique donc, qui ne pourra laisser quiconque admire la musique de Queen indiffèrent !

Tout cela ne peut que laisser songeur. Que serait-il réellement advenu de ce concert si sa captation, sonore et vidéo, avait était commercialisée en 74 ou 75 ? Les avis seraient-ils aussi unanimes ? Qu’importe car ce concert constitue pour nous un véritable inédit, qui de plus a le mérite de nous donner à apprécier Queen à ses réels débuts, à l’époque de sa plus faste et prolifique période de création artistique, à l’époque du son sans compromission. Queen se montre sous son jour le plus brut, puissant et authentique. Les We Will Rock You, We Are The Champions, Another One Bites The Dust et consorts n’ont pas encore pointées le bout de leurs accords… Pas de titres mainstreem, profitons-en ! L’écoute de ce premier CD met à nouveau en lumière l’une des facettes les plus souvent occultée du groupe, faute à son phénoménal succès commercial, et donne du même coup totalement raison à Freddie Mercury. Non, Queen n’était pas (encore) un groupe à single !

Le second CD couvre lui la double soirée au Rainbow donnée six mois plus tard dans le cadre du très long Sheer Heart Attack Tour, le 19 et 20 novembre. Ainsi, comme souvent avec ce genre de produit, ce que nous entendons sur ce disque est un mixte des deux soirées, qui, comme la précédente, furent enregistrées et filmées. Techniquement Queen est toujours au top. La setlist, cette fois longue de vingt-quatre titre, est agrémentée par des performance de titres directement tirés de Sheer Heart Attack, dernier album en date à l’époque, elle n’en est que meilleure dans l’ensemble. On découvre des titres comme : Now I’m Here, The March Of The Black Queen, Bring Back That Leroy Brown, Flick Of The Wrist, Killer Queen, Ou encore Stone Cold Crazy.

Le communiqué de presse nous apprend, entre autres, que les titres suivants :  Procession, Father to Son, Ogre Battle, Son and Daughter, White Queen, Great King Rat, The Fairy Feller’s Master-Stroke, Modern Times Rock’n’Roll, Liar, See What A Fool I’ve Been, Flick of the Wrist, In the Lap of the Gods, The March of the Black Queen, Bring Back that Leroy Brown et Stone Cold Crazy, tirés de l’ensemble du produit, garnissent ici pour la toute première fois un double album live signé Queen. Cette réédition, contrairement à la précédente, vaut donc bel et bien son pesant de cacahuètes[22].

De réédition il s’agit ici bel est bien. En effet, le pendant strictement filmique de ce double album live nous propose sur DVD et/ou BRD le montage vidéo réalisé à partir des deux captations faites en novembre, les 19 et 20. Cette vidéo, au format VHS, d’une durée de 52 minutes à l’origine, fut commercialisée en 1992, sous le titre Live at The Rainbow, et inclue dans le coffret « Box Of Tricks ». Compte tenu du format d’époque, plusieurs titres présents sur la VHS s’y trouvent écourtés et l’ensemble ne montre que 17 titres, contre 24 pour cette nouvelle sortie DVD/BRD. D’après certaines recherches effectuées, il s’emblerait que la majorité  de la vidéo présente ici provienne du concert filmé le soir du 20 novembre. Il se pourrait toutefois que certaines parties et différents raccords effectués entre image et son proviennent de la soirée précédente, les sources disponibles demeurent, sur ce point, des plus floues[23].

 Les titres Liar , Keep Yourself Alive, Father To Son et Jailhouse Rock, édités à l’origine, se voient présentés sur Queen: Live at the Rainbow ’74 dans leur intégralité. De même les titres : Modern Times Rock’n’Roll, Flick Of The Wrist, Seven Seas of Rhye  et Big Spender sont à découvrir en son et image pour la toute première fois sur DVD/BRD[24]. Le film lui-même rallongé, propose un peu de neuf,  et gagne de fait en qualité et intérêt.

Le principal point faible du document filmé demeure toutefois son image, celle-ci pâtissant  du poids des années , des nombreux contrastes lumineux et de la relative obscurité dans laquelle salle et scène étaient plongées ces soir-là . Nous pouvons tout de même, et sans problème aucun, apprécier le jeu de scène du groupe et de Freddie en particulier. On appréciera, entre autre de redécouvrir l’introduction de Now I’m Here dans laquelle Mercury disparait alternativement, d’un côté l’autre de la scène, et se dédouble ou encore ses mimiques et poses maniérées et magnifiées qui confèrent à son interprétation de White Queen (As It Began) toute la théâtralité nécessaire. Il ne faut pas non plus négliger le coup d’œil aux costumes, ceux-ci attirent notre regard instantanément et le valent ! Ajoutez à cela l’incroyable débauche d’énergie visible, Queen était, est, à voir sur scène ou en vidéo, le rendu global est de qualité.

Enfin les bonus du DVD renferment une petite vingtaine de minute (quatres tires ; Son and Daughters, Guitars Solo , Son and Daughters (reprise) et Modern Time Rock’n’Roll) tirée de la captation du premier des trois concerts au Rainbow, celui tenu au mois de mars. Elles proviennent d’un document vidéo durant originellement moins d’une heure. Les trente autres minutes semblent à l’heure actuelle définitivement perdues… Ce très (et trop) rapide aperçu nous livre donc les seules images restantes de ce soir mythique[25]. C’est très bref mais appréciable ! De quoi achevé le visionnage de l’ensemble sur une excellente impression !

« Quelle soirée !

Ce fut l’apogée de leur grande tournée britannique… »

*****

Près de deux ans après  la réédition de son célèbre Live In Budapest’86 et la déception que celle-ci avait suscitée chez nous, Queen nous revient avec une réédition de plus. C’est cette fois la vidéo du Live at the Rainbow, sortie originellement il y a 22 ans déjà, qui en fait les frais. La vidéo restaurée présente un ensemble plus consistant et fidèle à ce que fut les concerts de   l’époque, les morceaux n’étant plus amputés de moitié comme précédemment et d’autres trouvant enfin place sur support. Il n’y a pas sur ce Live at The Rainbow ’74 l’impression globale de « redite » existante entre les rééditions successives des concerts de Wembley (2003 et 2011) et Budapest (2012) provenant tout deux du Magic Tour de 1986. On appréciera grandement de redécouvrir un autre Queen, n’ayant pas encore souffert des affres d’une « starisation » totale et ne laissant pour l’heure nulle place au compromis, ou peu.

La véritable pépite demeure toutefois l’exhumation des archives de ce concert de mars 74 (le 1er des 2 CD du package). Plus encore que la compilation tirée des deux soirées de novembre, déjà partiellement connue des amateurs, celle-ci nous présente un concert dans son entièreté et sans truchement ni fioriture. Que l’utilisation d’overdubs fût massive lors du travail de post-production n’enlève rien à sa qualité qui nous permet de découvrir un groupe plus racé que jamais. L’arrivée de Queen chez Universal aura permis, en plus de la réédition complète du catalogue, amorcée en 2011, et sous prétexte des 40 ans d’existence de Queen, de doté pour la première fois les débuts scéniques de ce groupe d’un témoignage live réellement digne de ce nom. C’est (presque) une première et cela fait vraiment beaucoup de bien !

Quand le moment sera venu d’insérer l’un de ce disques dans votre lecteur et d’entamer ce voyage dans le temps en compagnie de la Reine, surtout, souvenez-vous d’une chose, un simple fait depuis bien trop longtemps oublié, mais qui ici est (le temps de l’écoute) une réalité ( et cela fera à coup sur la différence) :

« Nobody played synthesizer ! »…

 

Liste des titres :

DVD/SD Blu-ray (concert de novembre 74) :

  1. “Procession” (Brian May) – 1:18
  2. “Now I’m Here” (May) – 5:00
  3. “Ogre Battle” (Freddie Mercury) – 5:31
  4. “Father to Son” (May) – 5:55
  5. “White Queen (As It Began)” (May) – 5:34
  6. “Flick of the Wrist” (Mercury) – 4:07
  7. “In the Lap of the Gods” (Mercury) – 3:20
  8. “Killer Queen” (Mercury) – 1:26
  9. “The March of the Black Queen” (Mercury) – 1:36
  10. “Bring Back That Leroy Brown” (Mercury) – 1:41
  11. “Son and Daughter” (May) – 3:45
  12. “Guitar Solo” (May) – 4:41
  13. “Son and Daughter (Reprise)” (May) – 2:14
  14. “Keep Yourself Alive” (May) – 2:23
  15. “Drum Solo” (Roger Taylor) – 0:51
  16. “Keep Yourself Alive (Reprise)” (May) – 1:23
  17. “Seven Seas of Rhye” (Mercury) – 3:30
  18. “Stone Cold Crazy” (Mercury, May, Taylor, John Deacon) – 2:40
  19. “Liar” (Mercury) – 8:40
  20. “In the Lap of the Gods… Revisited” (Mercury) – 4:10
  21. “Big Spender” (Cy Coleman, Dorothy Fields) – 1:31
  22. “Modern Times Rock ‘n’ Roll” (Taylor) – 3:12
  23. “Jailhouse Rock” (Jerry Leiber, Mike Stoller) – 4:10
  24. “God Save the Queen” (Traditional, arr. May) – 1:18

DVD/SD Blu-ray Bonus (Mars 1974) :

  1. “Son and Daughter”
  2. “Guitar Solo”
  3. “Son and Daughter (Reprise)”
  4. “Modern Times Rock ‘n’ Roll”

Double CD :

Disque 1 (31 mars 1974) :

             “Procession” (May)

  1. “Father to Son” (May)
  2. “Ogre Battle” (Mercury)
  3. “Son and Daughter” (May)
  4. “Guitar Solo” (May)
  5. “Son and Daughter (Reprise)” (May)
  6. “White Queen (As It Began)” (May)
  7. “Great King Rat” (Mercury)
  8. “The Fairy Feller’s Master-Stroke” (Mercury)
  9. “Keep Yourself Alive” (May)
  10. “Drum Solo” (Taylor)
  11. “Keep Yourself Alive (Reprise)” (May)
  12. “Seven Seas of Rhye” (Mercury)
  13. “Modern Times Rock ‘n’ Roll” (Taylor)
  14. “Jailhouse Rock” (Leiber, Stroller) / “Stupid Cupid” / “Be-Bop-A-Lula” (Medley)
  15. “Liar” (Mercury)
  16. “See What a Fool I’ve Been” (May)

Disque 2 (19-20 novembre 1974) :

  1. “Procession” (May)
  2. “Now I’m Here” (May)
  3. “Ogre Battle” (Mercury)
  4. “Father to Son” (May)
  5. “White Queen (As It Began)” (May)
  6. “Flick of the Wrist” (Mercury)
  7. “In the Lap of the Gods” (Mercury)
  8. “Killer Queen” (Mercury)
  9. “The March of the Black Queen” (Mercury)
  10. “Bring Back That Leroy Brown” (Mercury)
  11. “Son and Daughter” (May)
  12. “Guitar Solo” (May)
  13. “Son and Daughter (Reprise)” (May)
  14. “Keep Yourself Alive” (May)
  15. “Drum Solo” (Taylor)
  16. “Keep Yourself Alive (Reprise)” (May)
  17. “Seven Seas of Rhye” (Mercury)
  18. “Stone Cold Crazy” (Deacon, May, Mercury, Taylor)
  19. “Liar” (Mercury)
  20. “In the Lap of the Gods…Revisited” (Mercury)
  21. “Big Spender” (Coleman, Fields)
  22. “Modern Times Rock ‘n’ Roll” (Taylor)
  23. “Jailhouse Rock” (Leiber, Stroller)
  24. “God Save the Queen” (traditioneel, arr. May)

Queen , Live At The Rainbow ’74 , EMI/Virgin Records ,2014.

Queen , Live At The Rainbow ’74 , Eagle Vision, 2014. (DVD)

Xavier Fluet @GazetteDeParis

queen-620x254

[1] « Queen », Wikipédia.org. Page consultée le 11/10/14. Lien : http://en.wikipedia.org/wiki/Queen_(Queen_album)

[2] « Queen II », Wikipédia.org. Page consultée le 11/10/14. Lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Queen_II

[3] Ibid.

[4]Marc-Emmanuel Konigson, Queen Baroque’n’roll : Une histoire du groupe anglais, Tournon, Paris, 2008. Pages 80-81.

[5] Queen s’est formé en 1971.

[6] Cf. Note 4, page 66.

[7] La première tournée de Queen trouve son épilogue par une performance en Océanie, et donc, por la toute première fois, hors de l’Europe, donnée dans le cadre du Festival Pop de Sunbury en Australie à la date du 26 ou 27 janvier 1974, sur ce point les sources et propos divergent. La date, souvent rapportée mais totalement erronée, du 2 février est en revanche à exclure. Sur la concertographie de Queen, on consultera en priorité le site web suivant : QueenConcert.com. Pour plus de précisions sur les faits ici rapportés, se rapporter au liens suivants : http://www.queenconcerts.com/live/queen/queen1.html , http://www.queenconcerts.com/detail/live/73/queen-live-27-01-1974-private-farm-sunbury-australia.html , http://www.queenconcerts.com/live/queen/queen2.html

Ou encore l’article suivant : « Sheer Heart Attack Tour » Wikipédia.org. Page consultée le 11/10/14. Lien : http://en.wikipedia.org/wiki/Sheer_Heart_Attack_Tour

[8] Communiqué de presse. «  Live At The Rainbow to be Released in September », Queenonline.com, 16 juin 2014. Lien : http://www.queenonline.com/en/news-archive/press-release-live-at-the-rainbow-to-be-released-in-september/

[9] Roy Thomas Baker sera, seul ou non, responsable de la production du tiers de la discographie du groupe anglais. Nous lui devons la production de cinq des quinze disques conçus par Queen : Queen (1973), Queen II (1974), Sheer Heart Attack (1974), A Night At The Opera (1975) et Jazz (1978).

[10] Cf. Note 8.

[11] Cf. Note 4. Pages 82-83.

[12] Cf. Note 8.

[13] « Queen II Tour », Queenconcerts.com, page consultée le 13/10/14. Lien : http://www.queenconcerts.com/live/queen/queen2.html

[14] Greg Brooks , Gary Taylor, « Sheer Heart Attack », Queenonline.com. page consultée le 14/10/14. Lien :  http://www.queenonline.com/en/the-band/discography/sheer-heart-attack/

[15] Cf. Note 4. Pages 92-93.

[16]  Ibid. Pages 94-95.

« Killer Queen », Wikipédia.org. Page consultée le 14/10/14. Lien : http://en.wikipedia.org/wiki/Killer_Queen

[17] Cf. Note 15.

[18] « Sheer Heart Attack Tour », Queenconcerts.com, page consultée le 14/10/14. Lien : http://www.queenconcerts.com/live/queen/sha.html

« Lighting rigs », Queenconcerts.com, page consultée le 14/10/14. Lien :

http://www.queenconcerts.com/lighting-rigs/1974-sha.html

[19] Cf. Note 18.

[20] Cf. Note 4. Pages 104-105.

[21] Disponible sur Queen, la version enregistrée en studio est chantée par le batteur Roger Taylor.

[22] Cf. Note 8.

[23] « Queen- Live At The Rainbow (VHS) », Queenconcerts.com. Page consultée le 15/10/14. Lien : :http://www.queenconcerts.com/official-releases/live-at-the-rainbow-1974.html

[24] Cf. Note 8.

[25] Queen – Live At The Rainbow ’74. DVD. Section « Bonus- mars 1974, Queen II Tour ».

Articles en lien