Emmanuel Macron présente lundi soir ses réponses au grand débat

Emmanuel Macron s’exprimera lundi à 20 heures sur les suites qu’il entend apporter au “grand débat” organisé en réponse à la crise des Gilets jaunes, a annoncé dimanche 14 avril la présidence.

“Dans cette allocution, il annoncera les chantiers d’action prioritaires et avancera les premières mesures concrètes en réponse aux préoccupations soulevées dans le cadre du grand débat national”, a indiqué l’Élysée.

Dans un deuxième temps, il tiendra mercredi la première conférence de presse en France de son quinquennat, où il fera “de nouvelles annonces” et détaillera ces chantiers, a précisé à l’AFP son entourage.

“Nous avons décidé de transformer les colères en solutions”, assure Emmanuel Macron dans un tweet où figure une vidéo reprenant des extraits de son tour de France pour le grand débat.

“Des changements en profondeur”

Tout au long de ses cent heures de débat, Emmanuel Macron n’a rien livré sur ses intentions. Sans doute faute d’avoir arrêté ses choix. Mardi dernier, rien n’était encore tranché, révélait l’un de ses proches. “C’est un président de fulgurances qui souvent arbitre au dernier moment”, selon un autre.

Seul indice distillé dimanche, des “changements en profondeur vont être lancés” pour marquer “un nouvel acte”. Certains promettent même “des surprises” pour lundi. Mais “les annonces se feront dans la durée ? il ne faut pas tout attendre” de l’allocution de lundi, tempèrent-ils.

À 24 heures de sa prise de parole, “les annonces sont prêtes”, assure son entourage. Il a reçu dimanche d’abord son Premier ministre Edouard Philippe, puis ses principaux ministres. Le chef de file des députés LREM à l’Assemblée, Gilles le Gendre, le patron du parti Stanislas Guérini et Marielle de Sarnez (Modem) étaient également présents mais pas François Bayrou et le président de l’Assemblée national Richard Ferrand, consultés durant le week-end, selon une source proche du gouvernement.

82 % des Français souhaitent une baisse de l’impôt sur le revenu

Parmi les pistes évoquées figurent une baisse de l’impôt sur le revenu avec l’éventuelle mise en place de nouvelles tranches pour le rendre plus progressif et la réindexation des “petites retraites” sur l’inflation. Des mesures plébiscitées respectivement par 82 % et 88 % des Français, selon un sondage Ifop publié dimanche par le JDD, portant sur neuf pistes parmi des dizaines évoquées pendant le grand débat.

Selon cette enquête, une large majorité de Français (87 %) jugent nécessaires d’obliger les médecins à s’installer dans les déserts médicaux. Plus de trois sur quatre sont favorables à “un assouplissement des conditions permettant aux citoyens de proposer des référendums” (76 %) et 72 % se prononcent pour “une allocation unique en direction des plus démunis qui fusionnerait toutes les aides sociales existantes”. En revanche, 54 % sont contre la suppression de l’ENA.

Également sur la table : la prise en compte du vote blanc, la  suppression des avantages des anciens présidents, Premiers ministres et ministres, la création de conseillers territoriaux – réforme proposée par Nicolas Sarkozy -, l’amélioration du paiement de la pension alimentaire aux mères célibataires. Ou encore des aménagements pour la limitation à 80km/h.

“La réponse sera massive”, a assuré vendredi Stéphane Séjourné, directeur de la campagne de LREM pour les européennes. Des décisions “puissantes et concrètes”, selon le Premier ministre Edouard Philippe, avec “des grands chantiers” sur le plus long terme.  

“Pas de seconde chance”

Mais les oppositions en doutent. La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, dont la liste aux Européennes talonne celle de LREM, s’attend “à quelques modifications minimes, anecdotiques” qu’Emmanuel Macron “présentera à grands coups de trompettes”.

Le chef de l’État “n’aura pas de seconde chance”, l’a averti le président du Sénat, Gérard Larcher (LR) samedi.

À gauche, Raphaël Glucksmann, tête de liste PS/Place publique aux européennes, interrogé sur Europe1/CNews/LesEchos, juge que la priorité c’est de “mettre fin à l’injustice fiscale (…) soit en rétablissant l’ISF, soit en établissant une nouvelle tranche d’imposition sur les plus hauts revenus”.

“L’urgence de la baisse des dépenses publiques et des impôts” ne peut être “la principale leçon à tirer de cinq mois d’occupation des ronds-points, de marches pour le climat sans précédents et de quatre mois de grand débat”, préviennent également seize personnalités dont l’ex-ministre Nicolas Hulot ou Christophe Robert (Fondation Abbé Pierre), dans une tribune publiée dimanche dans le JDD.

Craignant des “mesurettes”, les Gilets jaunes se sont, eux, déjà donné rendez-vous à Paris pour un 23e samedi de manifestation.

Avec AFP

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