Entreprises : des créations à un niveau inédit depuis 2010

L’entrepreneuriat accélère en ce début d’année. Selon les données de l’Insee publiées ce mardi 13 février, le nombre total de créations d’entreprises tous types d’entreprises confondus a rebondi en janvier 2018 (+3,6% après un recul de 1,5% en décembre) en données corrigées des variations saisonnières (CVS). Ces résultats confirment la bonne santé de la démographie d’entreprises sur plusieurs trimestres.

 La forte hausse observée à partir de 2009 correspond à l’entrée en vigueur du régime des auto-entrepreneurs. Ce statut permet aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire pour accroître leurs revenus avec des démarches simplifiées et un régime fiscal avantageux. Depuis le 19 décembre 2014, “de nouvelles dispositions définies par la loi Pinel de juin 2014 s’appliquent au régime de l’auto-entrepreneur. En particulier le terme de micro-entrepreneur se substitue à celui d’auto-entrepreneur”, rappelle l’Insee.

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Forte hausse des micro-entreprises

Au total, le nombre de créations s’est élevé à 55.675 le mois dernier contre 53.728 en décembre. Le rebond du mois de janvier s’explique principalement par le regain des créations de micro-entreprises avec un sursaut de 9,1% après une baisse de 6,5% en décembre. A l’opposé, les créations d’entreprises classiques se replient légèrement (-0,3% après +2,3%).

En janvier, en données brutes, la part des demandes d’immatriculations de micro-entrepreneurs dans le total des entreprises créées au cours des douze derniers mois remonte pour le troisième mois consécutif et atteint 41,3%, soit deux créations sur cinq, a précisé l’Insee.

Sur les douze derniers mois, la progression est encore plus spectaculaire. En données brutes, le nombre cumulé d’entreprises poursuit son accélération (+7,7% après 6,7% en décembre et 6,1% en novembre). L’ensemble des types de créations sont en hausse: les immatriculations de micro-entrepreneurs (+10,5 %), les créations d’entreprises individuelles classiques (+8,1 %) et celles de sociétés (+4,1 %).

Le transport, un secteur toujours très dynamique (+26,2%)

Sur les douze derniers mois, le secteur des transports et de l’entreposage est celui qui connait la plus forte hausse (+26,2%), suivi des activités immobilières (+18,7% ) et du soutien aux entreprises (+13,1%). Le seul secteur à avoir connu une baisse est celui de la construction avec -0,3% en glissement annuel.

La bonne santé des créations d’entreprises dans le secteur des transports dure depuis des années, comme le rappelaient les experts de l’Insee dans une étude en janvier 2017:

“Les créations d’entreprises dans les transports et l’entreposage progressent très fortement depuis quelques années : +56% en 2016, après +46% en 2015 et +35% en 2014. En 2016, c’est dans ce secteur que la croissance des créations d’entreprises est la plus importante. Cet envol est dû au succès grandissant des ‘autres activités de poste et de courrier’, incluant la livraison à domicile (13.500 créations en 2016 après 3.900 en 2015 et 1.900 en moyenne chaque année depuis 2009).”

Le développement du transport de voyageurs par taxi est le second facteur expliquant l’essor de ce secteur. Il représente 13.400 créations en 2016, après 10.200 en 2015 et 6.900 en 2014. Cette forte activité peut s’expliquer en partie par “le développement des entreprises de voitures de transport avec chauffeur (VTC) depuis l’application de la loi Thévenoud sur les taxis et VTC. Dans cette activité, les sociétés constituent 53% des créations et contribuent à la totalité de la hausse”.

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Plus de 250.000 créations d’emplois dans le privé

Outre la bonne santé de la démographie d’entreprises,  les créations d’emplois sont au beau fixe. Selon les chiffres de l’Insee publiés ce mardi également, l‘économie française a créé, en net, 253.500 postes salariés dans le secteur privé (+1,3%) en 2017, grâce au dynamisme des services et de l’intérim. Ces bonnes nouvelles s’inscrivent dans un contexte de baisse du chômage dans les pays développés qui aurait retrouvé son niveau d’avant crise en décembre dernier (5,5%), selon un communiqué de l’OCDE publié ce lundi 12 février.

Les chiffres de l’Insee traduisent une légère accélération du marché de l’emploi, après 234.500 créations en 2016 et 129.700 en 2015. La France avait détruit des emplois lors des trois années précédentes. Le secteur privé employait 19,27 millions de salariés fin 2017, un record. L’année s’est conclue par 53.300 créations de postes (+0,3%) au quatrième trimestre.

Sur le trimestre comme sur l’année, les services marchands, et dans une moindre mesure l’intérim, ont été les locomotives de l’emploi privé. Le secteur tertiaire a créé, hors intérim, 178.000 postes sur l’année (+1,6%), tandis que l’intérim en a créé 45.500 (+6,6%). Avec 734.400 postes, l’intérim a atteint un record fin 2017.

La construction recrée des emplois

De son côté, le secteur de la construction a connu sa première année dans le vert depuis 2008, avec 21.300 postes supplémentaires (+1,6%). Quant à l’industrie, elle continue de connaître des difficultés. Les usines ont perdu 10.100 postes (-0,3%). Elles n’ont plus enregistré de créations nettes d’emploi depuis l’an 2000. Seul signe positif, les destructions de postes ont tout de même ralenti, rappelle l’AFP.

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L’agriculture (+5.800, +2,0%) et les services non marchands (+12.900, +0,5%) ont, eux, vu leurs effectifs salariés augmenter l’année dernière. Mais, pour les services non marchands, l’année s’est tout de même terminée par une baisse au quatrième trimestre (-5.000, -0,2%), alors que le secteur est touché par une baisse drastique des prescriptions de contrats aidés depuis l’été.

Sur l’antenne de LCI ce lundi 12 février, la ministre du Travail Muriel Pénicaud s’est montrée optimiste sur l’évolution du chômage. Elle a fait le pari d’une baisse du chômage “vers la fin de l’année” et surtout en 2019. Selon l’ancienne directrice générale de Business France, les réformes structurelles engagées par le gouvernement devraient permettre de faire baisser “durablement” le chômage.

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