Européennes : les clés d’un scrutin crucial pour l’avenir de l’Europe

Et dire que tant de Français se plaignent, scrutin après scrutin, de ne pas trouver programme à leur goût parmi les candidats… Pour ce dimanche d’élections européennes, pas moins de 34 listes s’offrent au choix des citoyens, des partis établis aux formations les plus farfelues (les « pirates » ou les « neutres et actifs »), confessionnelles (les « démocrates musulmans français »), nostalgiques (les royalistes), corporatistes (les artisans « oubliés de l’Europe »), catégorielles (les jeunes d’« Allons enfants » ou les femmes d’« À voix égales »), voire carrément de niche (la liste animaliste des amis de Bardot), utopistes (l’espéranto pour tous, les fédéralistes de tous crins)… Sans oublier les nombreux opportunistes, récupérateurs de Gilets jaunes à la Francis Lalanne ou Florian Philippot.

Nombre de ces formations en lice n’auront même pas leurs bulletins, faute d’avoir pu les financer. Signe, décidément, du manque de crédibilité, de sérieux ou de réel engagement de ces candidats. On pourra, de fait, regretter que la plupart de ces listes n’aient qu’un rapport purement fortuit avec l’Europe.

Une Europe attaquée par les puissances

Pourtant, jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, le vieux continent n’aura autant été en proie aux menaces extérieures – de l’Américain Trump au Russe Poutine en passant par le Chinois Xi Jinping rêvant d’une Union la plus faible possible – et surtout au péril intérieur : le poison de la division au sein de la famille. En France, comme dans la majorité des États membres, la scène politique est déchirée, entre proeuropéens d’un côté, nationalistes de l’autre.

Au fil de toutes les élections, ces derniers séduisent toujours plus d’électeurs, au point de s’installer au pouvoir, comme en Italie, en Hongrie, en Autriche et ailleurs. Dans notre pays, après s’être affirmé en 2014, lors des dernières européennes, comme le premier parti de France, le tandem Marine Le Pen-Jordan Bardella espère humilier le président Emmanuel Macron en devançant largement sa liste Renaissance.

Le choix entre deux Europe

Ce dimanche – depuis jeudi dans certains pays, les quelque 427 millions d’électeurs de l’Union ont à portée de bulletin deux Europe. L’une déterminée à poursuivre la construction, certes laborieuse et imparfaite, d’un destin à 28 (27 si les dirigeants britanniques finissent par exaucer le vœu de Brexit). Avec, chez nous, les centristes de l’UDI ou LREM, la gauche de Glucksmann ou les écolos. L’autre qui plaide pour un repli protecteur face à une mondialisation qui déboussole les esprits, délocalise les industries et bouscule les identités. Comme nos innombrables souverainistes maison, de l’inusable Dupont-Aignan à l’atypique Asselineau en passant par l’ambitieux Bardella.

Surprise, alors que les seconds avaient le vent en poupe dans les enquêtes d’opinion, les tout premiers scrutins donnent l’avantage aux européistes. Aux Pays-Bas, c’est un parti social-démocrate, à la peine naguère, qui devancerait vaillamment les libéraux au pouvoir et, surtout, l’étoile montante des europhobes du continent, Thierry Baudet. En Irlande aussi, certes traumatisée par le Brexit voisin, les proeuropéens l’auraient emporté. C’est en tout cas ce qu’indiquent les sondages « sorties des urnes ».

Face à de tels enjeux, un taux massif d’abstention – du moins si la prédiction des sondeurs se vérifiait dans les urnes – aurait de quoi désarçonner. Sans pour autant disqualifier ceux qui assument leur non-vote, fixons-nous pour objectif minimum de dépasser la maigre participation de 42 % il y a cinq ans. Soyons ambitieux, l’Europe le vaut bien.

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