EXCLUSIF : Carlos Ghosn prêt à démissionner de Renault

Voilà qui devrait permettre à tout le monde de sauver la face. Depuis plusieurs semaines, Renault avait pris langue avec l’entourage de Carlos Ghosn pour évoquer l’opportunité de sa démission. Selon nos informations, c’est désormais chose acquise.

« Carlos Ghosn a été informé, à la fois par l’intermédiaire des représentants de l’Etat et par les avocats du groupe, de la volonté de Renault de mettre en place une gouvernance pérenne. Or, il a toujours dit qu’il ne voulait pas être un obstacle ni pour Renault ni pour l’Alliance », dit une source proche du PDG, qui indique que le dirigeant veut et va se retirer de lui-même, même s’il reste des détails techniques à régler.

Les administrateurs du Losange n’auront ainsi pas à lui faire subir l’humiliante étape de la révocation. Et lui pourra se consacrer à sa défense au Japon, où il clame toujours son innocence.

Réunion du conseil jeudi

Le conseil de Renault se réunira donc ce jeudi pour acter la démission du patron emprisonné et nommer ses successeurs. Sauf surprise de dernière minute, il s’agira bien de Jean-Dominique Senard, qui  prendra la présidence non-exécutive du constructeur , et de Thierry Bolloré, qui deviendra directeur général. Ce choix est soutenu par l’Etat français, qui détient 15 % du capital du groupe et privilégie les gouvernances bicéphales.

Jean-Dominique Senard sera donc bientôt le onzième président de l’histoire de Renault, si l’on compte l’intérim d’Aimé Jardon après la mort de George Besse, en 1986. Le futur ex-président de Michelin, qui devait quitter ses fonctions à Clermont-Ferrand en mai, aura pour première mission de renouer les liens plus que distendus avec Nissan, et de superviser la transition managériale chez Renault – notamment en fonction de ce qui sortira des enquêtes internes au sein de l’ex-régie et de la structure hollandaise de l’Alliance Renault-Nissan. La date exacte de son arrivée reste encore floue, mais le Losange ne pourra sans doute pas attendre trois mois avant de voir son pompier arriver.

De son côté, Thierry Bolloré, l’ancien bras droit de Carlos Ghosn, qui lui avait promis qu’il serait directeur général en janvier, aura la charge non moins délicate de gérer les opérations du groupe en lien avec son homologue de Nissan, dans un contexte sectoriel difficile. Depuis deux mois et le début du scandale, l’homme tâche d’agir en coulisses sans jeter de l’huile sur le feu.

Package de sortie

L’étape suivante sera la gouvernance de l’Alliance, mais aussi de Nissan (qui n’a toujours pas de président). Les discussions à ce sujet avec la partie japonaise sont en cours. Pour rappel, Renault détient 43 % de Nissan, qui détient 15 % de Renault.

Quant à Carlos Ghosn, qui a vu les juges  rejeter ce matin pour la troisième fois sa demande de libération sous caution, il ne sait pas encore exactement à  quel package de sortie il aura droit. « Il n’y a rien à négocier. Il y a un contrat, qui doit déterminer ce que le groupe lui doit, ni plus ni moins », dit une source proche de Renault. Celui-ci devra, quoi qu’il en soit, être validé par le vote des actionnaires. La prochaine assemblée générale de Renault est pour l’instant prévue le 12 juin.

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