Explosion à Lyon : du TATP dans la bombe, un ADN retrouvé

La bombe qui a explosé vendredi, en fin d’après-midi, en pleine rue à Lyon (Rhône), comprenait du TATP, un explosif artisanal mais redoutable. C’est en tout cas l’hypothèse privilégiée par les enquêteurs de la police judiciaire dans l’attente des retours des expertises chimiques. Une certitude : l’engin, de faible puissance, contenait une petite charge.

Le TATP, peroxyde d’acétone, est très prisé des terroristes islamistes. Les djihadistes y ont eu recours notamment lors des attaques de Paris et de Saint-Denis en 2015, de Bruxelles (Belgique) en 2016, de Manchester (Angleterre) et en Catalogne (Espagne) en 2017.

Pour autant, cette substance ne constitue pas à elle seule une signature. D’une part parce qu’elle a déjà été utilisée dans le passé par des activistes d’ultra-droite. D’autre part, parce que sa « recette », réalisable à partir d’eau oxygénée, a été largement diffusée sur Internet via des tutoriels.

Pour les magistrats et les policiers spécialisés, l’attaque visait bien à tuer. L’attentat a fait 13 blessés, dont un enfant de 10 ans.

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Lors d’une conférence de presse tenue à Lyon, ce samedi, Rémy Heitz, le procureur de Paris, en charge des affaires de terrorisme, a détaillé les éléments retrouvés par la police technique et scientifique. Sur le sol ont été découverts des vis de 2 cm, des billes de métal, des restes de circuit imprimé, des morceaux de plastique blanc et 7 piles de type LR6. Comme nous l’indiquions dès vendredi, un dispositif de déclenchement à distance a également été isolé.

Un ADN retrouvé sur le sac mais non identifié

De source proche de l’enquête, un ADN a été retrouvé sur le sac. Mais, selon nos informations, cet ADN ne correspondrait à aucun individu connu des fichiers de police. Rien ne dit d’ailleurs que cet ADN soit celui du poseur de bombe.

La police judiciaire et la DGSI (renseignement intérieur) sont lancées dans la traque d’un homme à vélo, qui s’est arrêté un instant devant la vitrine de la boulangerie Brioche dorée rue Victor-Hugo, dans le centre-ville. L’engin a explosé une minute environ après son départ, précisément à 17h28mn et 39 secondes.

Le suspect, vêtu d’un bermuda vert clair, d’une chemise vert foncé, de chaussures noires et portant un sac à dos noir, transportait sa bombe dans un sac en papier kraft.

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