Gilets jaunes, acte 9: premières tensions à Paris

Selon la préfecture de police de Paris, 59 personnes ont été interpellées dans la capitale.

C’est l’une des quatre manifestations de gilets jaunes de cet “acte 9” à avoir été déclarées en préfecture. À Paris, plusieurs milliers de personnes vêtues de la veste fluo ont défilé dans un calme apparent, après s’être rassemblées aux abords du ministère de l’Économie et des Finances, situé dans le XIIe arrondissement. Des premiers tirs de gaz lacrymogène ont été effectués près de la place de l’Étoile, point de chute du cortège. Avenue de Wagram, notamment, des débuts d’affrontements ont eu lieu.  

Les milliers de manifestants ont été contenus petit à petit dans la place de l’Étoile par les forces de l’ordre, qui ont déployé d’importants moyens pour réduire le périmètre des gilets jaunes et ainsi les empêcher d’essaimer. Les canons à eau des véhicules blindés ont été utilisés.  

Selon la préfecture de police de Paris, les forces de sécurité ont procédé à 59 interpellations dans la capitale depuis ce matin, pour “port d’arme prohibé” et “participation à un groupement en vue de commettre des violences”. À 14 heures, le ministère de l’Intérieur dénombrait 8000 manifestants à Paris, et 32 000 au total dans toute la France. S’agissant de la capitale, c’est une mobilisation en hausse.  

Défilé calme

Lieu hautement symbolique, le point de ralliement de Bercy avait été proposé par Éric Drouet, l’une des figures controversées du mouvement, interpellé à deux reprises par les forces de l’ordre, en décembre puis début janvier. Sur Facebook, le chauffeur routier a précisé qu’il souhaitait que la mobilisation soit “pacifiste”.  

De fait, les manifestants ont défilé dans le calme jusqu’à présent, et ce notamment grâce au service d’ordre dont les gilets jaunes se sont munis cette fois-ci. 

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Les gilets jaunes ont respecté le parcours validé en amont et qui s’inscrivait sous le mot d’ordre “On va faire les soldes à Paris!”. Il doit les mener, en bout de course, à l’avenue des Champs-Élysées et la place de l’Étoile, vers 17 heures, en passant par la place de la Bastille puis les Grands boulevards. Le cortège est lourdement encadré par policiers et gendarmes. 

En début de matinée, les premiers gilets jaunes arrivaient sur l’avenue des Champs-Élysées, au coeur d’un périmètre ultra-sécurisé, a constaté un journaliste. Un fort dispositif policier était déjà déployé place de l’Étoile, avec la présence notamment de quatre véhicules blindés à roues de la gendarmerie. Sur les pancartes, on pouvait lire “la précarité n’est pas un métier”, “fâché pas facho”, ou encore “Macron le peuple aura ta peau”. 

“Libérez Christophe”

Vers midi, le cortège venu de Bercy s’est arrêté sur la place de la Bastille, les manifestants criant “Macron démission”, sifflant ou tapant sur des barrières de chantier. Les gilets jaunes sont ensuite repartis aux cris de “Tous ensemble” et chantant une Marseillaise. Une ambiance similaire à celle vue à Bourges, où 5000 personnes ont convergé selon la préfecture du Cher. Des tensions y ont également éclaté, tout comme à Nîmes, où plusieurs centaines de personnes ont manifesté. Ils se sont équipés de larges plaques de tôle afin d’avancer en direction des forces de l’ordre.  

Parmi les slogans récurrent, on trouve aussi “libérez Christophe”, en référence à l’ex-boxeur Christophe Dettinger filmé en train de frapper deux gendarmes samedi dernier lors de la manifestation des gilets jaunes et écroué depuis, dans l’attente de son procès. “Benalla en prison!” ou “Emmanuel Macron, tête de con, on vient te chercher chez toi!”, ont aussi scandé des manifestants. En tête de cortège, un service d’ordre porteur de brassards blancs indiquait le chemin à suivre. 

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