Homophobie dans les stades : les supporters posent leurs conditions pour discuter

Les supporters réclament de leur côté un moratoire sur “les mesures discriminatoires” prisent à leur encontre, comme les “huis-clos” ou “les fermetures de tribunes”.

L’association représentant les supporters (ANS) participera à une réunion sur la lutte contre l’homophobie dans les stades, mercredi à la Ligue de football professionnel (LFP)… Seulement si un “moratoire sur les sanctions collectives” dont ils se disent victimes est établi, a-t-elle indiqué ce mardi.  

Les supporters discriminés “tous les week-ends”

Dans un communiqué, l’ANS a jugé “impensable (…) de travailler sur la lutte contre les discriminations qui résultent de l’homophobie sans recevoir au préalable des gages sur les travaux à mener contre les autres discriminations, celles que vivent les supporters tous les week-ends”.  

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“Nous demandons un moratoire sur les mesures discriminatoires prises par les instances disciplinaires des instances sportives”, c’est-à-dire la LFP et la fédération, affirment-ils, citant les “huis-clos, fermetures de tribunes” ou “de secteurs visiteurs”. 

“La France est le dernier pays à priver de stade un père ou une mère et leur enfant parce qu’un supporter situé dix rangs plus bas s’est mal comporté”, écrit l’ANS. 

Depuis le début de la saison, plusieurs rencontres ont été brièvement interrompues en L1 et L2 pour faire cesser des chants homophobes lancés des tribunes ou le déploiement de banderoles injurieuses. 

Discuter “de tout ou de rien”

Mercredi, une rencontre entre l’ANS et les associations de lutte contre l’homophobie (SOS Homophobie, Foot ensemble, Licra, Panam’Boyz) est programmée, sous l’égide de la LFP. 

“Soit on discute de tout, soit on discute de rien”, affirment cependant les groupes de supporters représentés par l’ANS, se disant par ailleurs “parfaitement disposés à s’impliquer dans l’ensemble des travaux de lutte contre les discriminations”.  

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“Les supporters sont les premières victimes des discriminations dans le football. Ces discriminations ont pour noms interdictions de déplacement, interdictions administratives de stade, sanctions collectives, etc”, poursuivent-ils. “La manière avec laquelle la lutte contre l’homophobie dans les stades a été soudainement et brutalement engagée est un fiasco”, taclent-ils par ailleurs. 

“Improvisation, défaut de concertation, communication agressive et condescendante… Un naufrage où la posture et l’affichage se sont substitués à l’efficacité et au bon sens”, ajoutent-ils. 

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