Ingérence russe : Steve Bannon accuse le clan Trump de “trahison”

Dans un livre à paraître le 9 janvier, l’ex-conseiller à la Maison Blanche Steve Bannon dénonce une collusion des proches du président Donald Trump avec la Russie pour évincer Hillary Clinton, lors de l’élection présidentielle.

“Trahison” et “antipatriotique”. C’est ainsi que l’ex-conseiller du président Donald Trump, Steve Bannon, denonce dans un livre à paraître mardi 9 janvier la rencontre en juin 2016 du fils aîné du président, Donald Trump Jr., avec une avocate russe. Cette dernière aurait offert des informations compromettantes sur Hillary Clinton avant l’élection présidentielle américaine.

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Cette réunion à la Trump Tower, qui est au coeur de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les soupçons de collusion entre l’équipe de Trump et le Kremlin, est largement commentée dans “Le Feu et la fureur : À l’intérieur de la Maison Blanche de Trump”, écrit par Michael Wolff, journaliste au Hollywood Reporter.

“Les trois personnes les plus importantes de la campagne ont pensé que c’était une bonne idée de rencontrer un gouvernement étranger dans la Trump Tower, dans la salle de conférence du 25e étage, sans avocats. Ils n’avaient pas d’avocats”, explique Steve Bannon dans ce livre, cité par le quotidien The Guardian.

“Même si vous pensez que ce n’était pas une trahison, pas anti-patriotique ou pas une connerie, moi je pense que c’est tout cela”, affirme l’ancien stratégiste controversé de la Maison Blanche.

“J’adore ça”

L’enquête de l’équipe du procureur Mueller se concentre sur “le blanchiment d’argent”, estime Steve Bannon. “Leur chemin vers Trump passe directement par Paul Manafort, Don Jr. et Jared Kushner”, détaille-t-il.

Selon ce livre, Donald Trump Jr. a réagi à la proposition russe d’un rendez-vous portant sur des informations gênantes pour Clinton en disant : “J’adore ça”, dans un courrier électronique. 

“Voilà le comité d’experts qu’ils avaient”, ironise l’ancien faiseur de roi, limogé en août 2017 de l’administration Trump, tout en adressant quelques pics au fils de l’actuel occupant de la Maison Blanche. “Ils vont casser Don Junior comme un œuf, à la télévision nationale”, promet-il.

“Il a perdu la raison”

En réponse à ces accusations, le président américain a déclaré, mercredi, que son ancien conseiller avait perdu la raison. “Steve Bannon n’a rien à voir avec moi ou ma présidence. Quand il a été limogé, il n’a pas seulement perdu son travail, il a perdu la raison”, a écrit Donald Trump dans un communiqué cinglant. “Maintenant qu’il est seul, Steve réalise que gagner n’est pas aussi facile. […] Steve n’a eu qu’un rôle très limité dans notre victoire historique”, a-t-il ajouté.

“Steve ne représente pas ma base électorale, il ne cherche que son propre intérêt”, écrit-il encore, accusant son ancien proche conseiller d’avoir passé son temps à la Maison Blanche “à faire fuiter de fausses informations aux médias pour se rendre plus important qu’il n’était”.

Quatre membres de la campagne Trump sont poursuivis dans cette affaire, dont Paul Manafort, un avocat lobbyiste inculpé le 30 octobre. Donald Trump Jr. a lui été interrogé à huis clos au Congrès en décembre sur la rencontre de New York.

Selon le clan Trump, cette rencontre n’a duré que “quelques minutes” et l’avocate présumée liée au Kremlin n’a donné “aucune information de valeur” pour incriminer la candidate démocrate.

Donald Trump et Moscou nient toute entente ayant pesé sur le résultat du scrutin.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 03/01/2018

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