Kaboul: l’explosion d’une ambulance piégée fait 103 morts et 235 blessés

La très forte explosion a secoué samedi la capitale afghane, près de l’ancien ministère de l’Intérieur. Les talibans ont revendiqué l’attentat, le troisième en une semaine.

Une très forte explosion a secoué le centre de Kaboul, samedi à la mi-journée, à proximité d’anciens bureaux du ministère de l’Intérieur. Le ministère afghan de la Santé a confirmé un attentat-suicide au véhicule piégé, une ambulance, qui a tué au moins 103 personnes et en a blessé 235 autres, selon le dernier bilan publié ce dimanche.  

L’explosion, distinctement entendue peu avant 13h (heure locale) par de nombreux journalistes dont ceux des bureaux de l’Agence-France Presse, a aussitôt dégagé un énorme panache de fumée blanche au-dessus du quartier visé, qui abrite le siège de la police et l’enceinte de l’Union européenne.  

“C’est un massacre”

Un photojournaliste a constaté de très nombreux corps de victimes ensanglantés, “morts et blessés” sur les trottoirs, que les riverains aidaient à évacuer. 

“C’est un massacre”, a affirmé l’ONG italienne Emergency et son coordinateur Dejan Panic, qui a confirmé avoir reçu dans son hôpital tout proche 50 victimes prises en charge par ses équipes. “C’était énorme, toutes les vitres ont volé en éclat” à des centaines de mètres à la ronde, a expliqué un libraire d’une rue perpendiculaire. Un immeuble voisin de l’hôpital Jamuriat, haut de quelques étages et profondément lézardé, menaçait de s’effondrer et ses habitants ont été évacués. 

Une première revendication pour cette attaque est parvenue des talibans, une heure après l’explosion, par leur porte-parole Zabihullah Mujahid via l’application WhatsApp, confirmant qu’un “martyr” a mené son attaque “près du ministère de l’Intérieur où se trouvaient de nombreuses forces de police”. Sa charge a été dissimulée dans une ambulance, qui a explosé après le premier checkpoint de cette zone où de nombreux civils transitent. 

Le Haut Conseil de la Paix, qui est chargé des négociations -actuellement bloquées- avec les talibans, estime avoir été la cible initiale. “Ils ont visé notre barrage”, a assuré un de ses membres, Hassina Safi. Quant aux membres de la délégation européenne toute proche, ils ont été rapidement mis en sécurité dans leur pièce sécurisée. 

Ambassades en lock down

Le niveau d’alerte est extrême en ce moment à Kaboul, particulièrement dans le centre et le quartier diplomatique dont la plupart des ambassades et institutions étrangères ont été placées en lock down (sorties interdites). 

C’est le troisième attentat en une semaine, après l’attaque de l’hôtel Intercontinental de Kaboul, samedi 20 janvier, revendiqué par les talibans, puis celle mercredi des locaux de Save the Children à Jalalabad, revendiqué par Daech. 

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