Kaboul: un attentat suicide fait 63 morts et 182 blessés

Un attentat suicide samedi soir en plein mariage à Kaboul a fait 63 morts et 182 blessés, a annoncé le ministère afghan de l’Intérieur. Les taliban ont nié toute responsabilité et ont condamné l’attentat, qui s’est produit dans un quartier de la minorité chiite, dans l’ouest de la capitale afghane. Mais le président Ashraf Ghani a estimé dimanche que les insurgés ne pouvaient se soustraire à leur responsabilité dans cette attaque “barbare”.

“Les taliban ne peuvent s’absoudre eux-mêmes puisqu’ils fournissent une base aux terroristes”, a-t-il accusé sur Twitter.

Des militants se réclamant du groupe Etat islamique sont également présents en Afghanistan, où leurs attentats ont parfois visé la minorité chiite.

Des négociations sans le gouvernement afghan

L’attaque suicide intervient alors que les taliban et les Etats-Unis tentent de négocier un accord de paix prévoyant un retrait des forces américaines en échange de garanties de sécurité qu’apporteraient les taliban. Ces négociations auxquelles ne participe pas le gouvernement afghan – les taliban ne reconnaissent pas sa légitimité – inquiètent une partie de la population qui redoute un déchaînement de violences et un retour aux règles drastiques du régime taliban de la fin des années 1990.

Les photos prises sur les lieux de l’attentat et diffusées sur les réseaux sociaux donnent une idée de la puissance de la déflagration qui a surpris samedi soir les invités de la noce. “J’ai vu de nombreux femmes et enfants qui hurlaient et qui pleuraient”, a raconté Mohammad Hasan, un habitant du quartier qui s’est précipité sur place après l’explosion. En novembre dernier, un précédent attentat dans une de ces salles de mariage qui se sont multipliées ces derniers temps dans Kaboul avait fait au moins 40 morts.

14.000 soldats américains en Afghanistan

L’ouverture à la fin de l’année dernière des discussions entre les Etats-Unis et les taliban n’a donné lieu à aucun répit dans les violences et les attentats à la bombe qui ensanglantent l’Afghanistan. Un internaute afghan, Rada Akba, a résumé sur Twitter l’état d’esprit de nombreux Afghans face à ces pourparlers censés déboucher sur un accord de paix.

“La paix avec qui ? Avec ceux qui attaquent à la bombe nos mariages, nos écoles, nos universités, nos bureaux et nos maisons ?”, a-t-il écrit. “Vendre cette terre et ses habitants à ces assassins, c’est répugnant et inhumain. L’Histoire ne l’oubliera pas”, ajoute-t-il.

Quelque 14.000 soldats américains sont actuellement déployés en Afghanistan, et Donald Trump ne fait pas mystère de sa volonté de réduire leur nombre d’ici à l’élection présidentielle de 2020 et de mettre fin à une intervention militaire qui dure depuis fin 2001.

La légitimité des talibans dans les pourparlers en cause

Les discussions qui se déroulent au Qatar en sont à huit cycles, et un neuvième devrait débuter bientôt. Pour Tawab Ghorzang, conseiller au ministère des Transports, le processus pose problème puisqu’il donne de la légitimité aux taliban.

“Et si des milliers de fois on donne de la légitimité aux taliban dans ce processus de pourparlers de paix, leurs crimes de guerre et leurs crimes contre l’humanité se poursuivront”, dit-il dans un message posté sut Facebook.

Le journaliste afghan Tabish Forugh partage cette analyse. Les taliban, dit-il, “sont responsables aux yeux des Afghans. Ils ont transformé en un abattoir un pays de 30 millions d’habitants. Nous ne devrions pas nous livrer à la terreur des taliban.”

Articles en lien