La concurrence existe t’elle vraiment ou serait-elle une simple illusion ?

 

Dix groupes règnent sur la majorité des produits de consommation courante : Kraft, Nestlé, Pepsico, Kellogg’s, Mars, Coca-Cola, Procter Gamble, Unilever, Johnson Johnson et General Mills.

Les fonctionnaires de l’autorité de la concurrence sont-ils capable de suivre parfaitement ce marché et de faire respecter la concurrence ?

Selon le le schéma publié par Business insider, Dix groupes contrôlent le marché de la consommation, ils contrôlent tout ce que vous achetez.

l’idée de « concurrence » ne serait en fait qu’apparence. Sous la multiplicité des marques, on retrouve toujours les dix mêmes compagnies.

Or la concurrence donne sa légitimité à l’économie de marché, sans elle, la seule limite à la recherche de profits, c’est l’épuisement du budget des consommateurs.

Cette image nous rendrait à l’évidence, après tant de doutes sur la régulation financière, d’un échec conséquent de la régulation des marchés.

Ce n’est pas nouveau, la concurrence ne règne pas de façon naturelle, c’est en tout cas l’idée aujourd’hui dominante ; des autorités (au premier chef, en Europe, la Commission européenne) sont donc chargées de la protéger, en contrôlant les concentrations.

Alors, ces régulateurs-là auraient-ils aussi échoué ?

Il faut distinguer, dans le schéma, ce qui est vrai de ce qui est une simple construction.

Les grands fabricants de produits de consommation contrôlent de nombreuses marques, des produits apparemment concurrents entre eux peuvent être fabriqués par un même groupe .Ces géants contrôlent également des marques qui relèvent de lignes de produits diverses.

Mais nous nous posons d’autres questions. Par exemple, pour un type de produit donné, existe-t-il un ou plusieurs fabricants ? Et s’il y en a plusieurs, s’agit-il d’un petit nombre ou d’un nombre significatif ? En présentant les produits compagnie par compagnie, et non pas ligne de produit par ligne de produit, le schéma ne met pas en évidence la concurrence entre les lignes d’Unilever et celles de Procter Gamble, par exemple, ou entre Coca Cola et Pepsi Cola. Quant aux « 10 compagnies qui contrôlent tout », le schéma se limite artificiellement à ce nombre.

Par ailleurs, la grande distribution organise sa politique d’achats de façon à maximiser la concurrence, elle va même jusqu’à la susciter en mettant sur le marché des « marques de distributeur ».

Un univers parfaitement régulé ? En réalité, ce que le schéma ne dit pas, mais qu’il révèle indirectement, c’est que la régulation de la concurrence est de plus en plus technique, et donc de plus en plus coûteuse et incertaine.

La multiplicité des marques et des produits, la présence des fabricants sur ces différentes lignes demandent un travail acharné chaque fois qu’une fusion est soumise au contrôle des autorités, afin de savoir lesquels, parmi les produits des deux entreprises, sont vraiment concurrents les uns des autres (ce qui peut obliger l’acquéreur à revendre des marques à un tiers) et lesquels le sont marginalement ou pas du tout. Par exemple, lors d’une opération récente, la Commission européenne a mené des études techniques multiples et approfondies pour savoir si les consommateurs étaient prêts à remplacer des déodorants pour homme par des déodorants « autres que pour homme », des déodorants à bille par des sticks ou des sprays, des déodorants à propriétés dermatologiques par d’autres qui n’en ont pas, tout en croisant ces différentes catégories.

Cette complexité de la régulation a un coût : fonctionnaires des autorités, études de plus en plus lourdes avant et pendant les opérations de fusion, discussions sans fin avec les autorités dans la mesure où la sophistication des analyses multiplie les occasions de désaccords. La complexité présente aussi un risque : les régulateurs peuvent commettre des erreurs, dans les deux sens (interdire ce qui est sain et autoriser ce qui est dangereux).

Pour relancer le pouvoir d’achat des français, il faut encourager la concurrence… Cherchez l’erreur.

Source : L’Atlantico

S.V.
par la rédaction @gazetteazur

16 octobre 2012 à 14 h 45 min sur Exclusif, France, Marques Brevets.

Article source: http://gazetteazur.fr/2012/10/16/la-concurrence-existe-telle-vraiment-ou-serait-elle-une-simple-illusion/

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