La Corée du Nord rétablit le “téléphone rouge” avec le Sud

Le dirigeant Kim Jong-un a ordonné mercredi le rétablissement de la ligne téléphonique d’urgence reliant la Corée du Nord à la Corée du Sud, afin de discuter des modalités d’un dialogue intercoréen. La liaison avait été interrompue en février 2016.

C’est un signe de réchauffement entre les deux Corées. Pyongyang et Séoul ont remis en service, mercredi 3 janvier, un téléphone rouge transfrontalier fermé depuis 2016.

Le canal de communication de Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-53), a été rouvert à 6 h 30 GMT après quasiment deux ans de fermeture. “La conversation téléphonique a duré 20 minutes”, a déclaré à l’AFP un responsable du ministère sud-coréen de l’Unification, sans autre précision dans l’immédiat.

Cette remise en service survient après l’offre de dialogue de Séoul, qui répondait à une main tendue du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, lequel a évoqué une participation aux Jeux olympiques d’hiver qui s’ouvrent le mois prochain en Corée du Sud.

“L’amélioration des relations intercoréennes”

Kim Jong-un s’est servi lundi de son adresse du Nouvel An pour faire ce geste rarissime en direction du Sud dans un contexte de tensions croissantes. Le Nord a multiplié ces derniers mois les tirs de missiles balistiques et mené son sixième essai nucléaire, déroulant ses ambitions militaires envers et contre tout.

Séoul a répondu en proposant la tenue le 9 janvier, pour la première fois depuis 2015, de discussions de haut niveau à Panmunjom sur les JO, mais aussi “d’autres questions d’intérêt mutuel pour l’amélioration des relations intercoréennes”.

Le dirigeant nord-coréen avait également profité de son discours du Nouvel An pour répéter que son pays était un État nucléaire à part entière, avertissant qu’il avait en permanence à sa portée le “bouton” atomique.

La déclaration a suscité un nouveau tweet de Donald Trump, dans son style très personnel. “Le leader nord-coréen Kim Jong-un vient d’affirmer que ‘le bouton nucléaire est sur son bureau en permanence’. Qu’un membre de son régime affamé et épuisé l’informe que moi aussi, j’ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne !”, a écrit le président américain.

“Un rafistolage”

Washington a également balayé la perspective d’un dialogue intercoréen. L’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley a jugé qu’il ne s’agirait que d’un simple “rafistolage”. La porte-parole du département d’État Heather Nauert a estimé que Kim “pourrait être en train de tenter d’enfoncer un coin” entre Séoul et Washington.

Pyongyang n’a pas semblé ému par la réaction américaine. Kim Jong-un a “salué” le soutien apporté par Séoul à sa proposition, selon Ri Son-Gwon, chef du Comité nord-coréen pour la réunification pacifique de la Corée (CRPC).

Le Nord et Sud sont séparés depuis des décennies par la Zone démilitarisée (DMZ), l’une des frontières les plus fortement armées du monde. Les derniers pourparlers bilatéraux de décembre 2015 s’étaient soldés par un échec.

La ligne téléphonique de Panmunjon servait aux deux pays à faire le point deux fois par jour, avant d’être coupée en février 2016 à la suite de la détérioration des relations bilatérales consécutive à leur différend sur le complexe industriel conjoint de Kaesong. Séoul a salué la décision du Nord de la rouvrir comme étant “très significative”.

Avec AFP

Première publication : 03/01/2018

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