À la frontière mexicaine, Donald Trump menace de déclarer l'”urgence nationale”

Casquette blanche “Make America Great Again” vissée sur le crâne, le président Donald Trump a défendu jeudi à McAllen, ville texane frontalière avec le Mexique, son projet de mur, source d’une crise politique qui a provoqué un “shutdown” paralysant partiellement l’administration fédérale.

“C’est du bon sens. Ils ont besoin d’une barrière, ils ont besoin d’un mur. Sans cela, il n’y aura que des problèmes. Et la mort, beaucoup de morts”, a lancé le président Donald Trump.

“La roue fonctionne, le mur fonctionne. Rien de tel qu’un mur”, a-t-il ajouté lors d’une table ronde, évoquant les migrants illégaux qui profitent selon lui des zones “où il est impossible de déterminer si vous êtes au Mexique ou aux États-Unis”.

Alors qu’il réclame 5,7 milliards de dollars pour l’ouvrage promis avec force lors de sa campagne, ses adversaires démocrates refusent catégoriquement de débloquer des fonds pour un projet qu’ils jugent “immoral”, coûteux et inefficace. Le record du “shutdown” le plus long de l’histoire américaine, 21 jours en 1995-1996 sous Bill Clinton, pourrait tomber si aucun compromis n’est trouvé d’ici vendredi minuit.

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Face à l’impasse politique, Donald Trump répète à l’envi qu’il pourrait invoquer une procédure d'”urgence nationale”.  “Nous avons le droit absolu de déclarer une urgence nationale et c’est une question de sécurité. C’est une urgence nationale. Si vous regardez ce qu’il se passe”, a plaidé le président américain, interrogé par la chaîne Fox News au cours de ce déplacement, tout en estimant possible de trouver un accord avec le Congrès pour mettre un terme au “shutdown”.

“Je pense qu’il est beaucoup plus facile de négocier avec la Chine”

Avant d’atterrir au Texas, le président des États-Unis a, d’un tweet, annoncé qu’il annulait sa participation au Forum économique mondial de Davos, qui aura lieu du 21 au 25 janvier, mettant en avant “l’intransigeance des démocrates”. “Je pense qu’il est beaucoup plus facile de négocier avec la Chine qu’avec le parti d’opposition”, avait-il affirmé depuis les jardins de la Maison Blanche.

Selon plusieurs médias américains, la Maison Blanche envisagerait de rediriger des fonds d’aide d’urgence pour différents territoires ravagés par des catastrophes, comme Porto Rico, pour financer la construction d’une barrière à la frontière.

“Il est temps pour le président Trump d’utiliser les pouvoirs d’urgence pour financer la construction d’un mur/barrière à la frontière”, a écrit jeudi dans un communiqué l’un de ses fervents soutiens, le sénateur républicain Lindsey Graham. Mais une telle décision, conférant au président des pouvoirs extraordinaires, provoquerait très probablement une tempête politico-judiciaire.

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Une paralysie prolongée du gouvernement fédéral aurait “un effet notable” sur la première économie du monde, a par ailleurs mis en garde le patron de la Banque centrale américaine, Jerome Powell.

Le président n’a pas l’intention “de céder d’un millimètre”

Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, a de son côté accusé le président d’être obnubilé par cette construction et d’en oublier la dimension humaine de la crise budgétaire en cours pour les fonctionnaires concernés.

“Il pense peut-être qu’ils peuvent juste demander plus d’argent à leur papa. Mais ils ne peuvent pas”, a-t-elle lancé dans une allusion à peine voilée aux sommes énormes que Donald Trump a reçues de son père au début de sa carrière.

Vendredi, “près d’un million d’employés fédéraux ne recevront pas leur premier salaire de l’année parce que le président a décidé (…) de prendre en otage le gouvernement fédéral sur son exigence ridicule, pour un mur frontalier inefficace, inutile”, a tempêté Bennie Thompson, président démocrate de la commission pour la Sécurité intérieure à la Chambre des représentants.

Mais pour le sénateur républicain de Louisiane John Kennedy, les choses sont claires : le président n’a pas l’intention “de céder d’un millimètre”.

Avec AFP

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