La Turquie et l’Allemagne scellent le début du dégel de leurs relations

Les ministres des Affaires étrangères turc et allemand se sont rencontrés, samedi, afin de donner un nouveau départ à leurs relations diplomatiques, mises à mal en 2017 par plusieurs sujets de discorde.

Berlin et Ankara ont pris la résolution d’apaiser leurs relations en 2018. Les ministres des Affaires étrangères turc et allemand se sont retrouvés, samedi 6 janvier, en Allemagne, avec l’objectif de renouer le dialogue après une année orageuse.

Le diplomate turc Mevlüt Cavusoglu a déclaré dans la presse allemande qu’Ankara et Berlin avaient intérêt à prendre “un nouveau départ”, notamment en raison de la diaspora turque de 3 millions de personnes en Allemagne. “Il serait donc raisonnable de poursuivre nos relations dans l’amitié et la coopération”.

En 2017, les relations germano-turques s’étaient dégradées après l’arrestation en Turquie de plusieurs ressortissants allemands, à la suite de la répression qui a suivi le putsch manqué de 2016. Berlin avait mis ses touristes en garde contre des voyages en Turquie et gelé ses exportations d’armement vers le pays, pourtant allié au sein de l’Otan.

En signe d’apaisement, le gouvernement turc a remis en liberté conditionnelle plusieurs ressortissants allemands présents sur son territoire. Mais sept – dont quatre disposent de la double-nationalité – sont encore emprisonnés pour “raisons politiques”, selon Berlin. Ainsi, le sort du journaliste allemand Deniz Yücel, détenu depuis presque un an sans acte d’accusation, est le principal point de discorde entre les deux pays.

Un “partenariat” entre la Turquie et l’UE

La chancelière allemande Angela Merkel milite depuis septembre 2017 pour un arrêt des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Le président français Emmanuel Macron s’est rapproché de cette éventualité en exprimant vendredi 5 janvier l’idée d’un “partenariat” avec la Turquie plutôt qu’une adhésion.

L’Allemagne, comme les autres États membres européens, hésite encore à couper les ponts avec la Turquie, partenaire-clé dans la lutte contre le terrorisme jihadiste et dans la gestion de la crise des migrants.

Côté turc, cette nouvelle année, sous le signe de la diplomatie s’inscrit dans une volonté d’Ankara de sortir de l’isolement et renouer le dialogue avec l’Union européenne.

Avec AFP

Première publication : 06/01/2018

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