L’aéroport de Hong Kong a rouvert, le trafic aérien encore perturbé

Le trafic a repris, mardi 13 août, à l’aéroport de Hong Kong, où tous les vols avaient été annulés la veille après l’invasion du hall des arrivées par des milliers de manifestants prodémocratie. Les protestataires ont toutefois appelé à revenir sur les lieux dans l’après-midi.

Les enregistrements des passagers ont recommencé mardi à l’aube, tandis que les écrans d’affichage indiquaient un redémarrage graduel des décollages et atterrissages. Mais l’activité était encore loin d’être revenue à la normale et de nombreux vols restaient annulés, dont environ 200 pour la seule compagnie honkongaise Cathay Pacific, qui a demandé à ses voyageurs de reporter tout déplacement non essentiel.

“Hong Kong n’est pas sûr”

Quelque 5 000 manifestants, selon la police, ont poursuivi lundi un quatrième jour de sit-in pacifique afin de sensibiliser les voyageurs à leur cause. Certains brandissaient des pancartes où se lisait “Hong Kong n’est pas sûr” ou “Honte à la police”. Ils accusent les policiers d’avoir recours à une violence disproportionnée dans le but de réprimer les rassemblements.

Les manifestants sont peu à peu repartis dans le courant de la nuit sans intervention de la police. Seule une poignée d’entre eux étaient encore présents mardi matin dans l’aérogare, nettoyée de toutes les banderoles et pancartes mais pas encore des graffitis sur les murs.

“Un chemin sans retour”

La fermeture du huitième aéroport international le plus fréquenté au monde (74 millions de passagers en 2018), une mesure rarissime, avait été décidée lundi au moment où le gouvernement central chinois disait voir “des signes de terrorisme” dans la contestation qui agite sa région semi-autonome.

Les violences perpétrées lors des manifestations vont pousser la ville vers “un chemin sans retour”, a mis en garde, mardi, la cheffe de l’exécutif hongkongais pro-Pékin, Carrie Lam. “La violence, que ce soit son utilisation ou son apologie, poussera Hong Kong sur un chemin sans retour et plongera la société hongkongaise vers une situation très inquiétante et dangereuse”, a estimé Carrie Lam lors d’une conférence de presse.

“Je demande à nouveau à tout le monde de se calmer”

“La situation au cours de la semaine écoulée m’a fait craindre que nous ayons atteint cette situation dangereuse”, a-t-elle ajouté. La cheffe de l’exécutif n’a cessé de défendre l’action de sa police, en expliquant que celle-ci était confrontée à “des circonstances extrêmement difficiles” mais tenue par “des règles strictes en matière d’utilisation de la force”.

Elle a esquivé la question d’un journaliste qui lui demandait si elle comptait enterrer définitivement son projet de loi sur les extraditions vers la Chine, une demande clé des manifestants. L’examen du texte n’est actuellement que suspendu. “Je demande à nouveau à tout le monde de mettre leurs différences de côté et de se calmer”, a-t-elle dit.

Avec AFP

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