L’arrêt des soins de Vincent Lambert a débuté

“C’est une honte, un scandale absolu, ils n’ont même pas pu embrasser leur fils”, a réagi Me Jean Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert. L’interruption des traitements a commencé lundi 20 mai, à l’hôpital Sébastopol de Reims sur décision du médecin Vincent Sanchez.

L’ancien infirmier âgé aujourd’hui de 42 ans est en état végétatif et tétraplégique depuis un accident de la route en 2008. L’arrêt des soins, validé par le Conseil d’État fin avril, prévoit l’arrêt des machines à hydrater et alimenter ainsi qu’une sédation “contrôlée, profonde et continue”. Une prise d’analgésiques est également prévue “par précaution”.

Ce processus, qui intervient après des années de bataille judiciaire, pourrait conduire à la mort de Vincent Lambert d’ici quelques jours. Les avocats des parents, Mes Paillot et Triomphe, avaient prévu de déposer “trois nouveaux recours dès lundi”. Environ 200 personnes ont manifesté sous la pluie, dimanche, devant le CHU où il est hospitalisé sous haute surveillance, pour demander “la vie pour Vincent”.

Une famille déchirée

Vincent Lambert est devenu, malgré lui, le symbole du débat sur la fin de vie qui déchire sa famille depuis six ans : d’un côté, les parents fervents catholiques, qui ont multiplié en vain les recours depuis que la plus haute juridiction a validé la procédure d’arrêt des soins, demandée par le CHU en avril 2018. La quatrième depuis 2013. Un de ses frères et une de ses sœurs s’opposent également à l’arrêt des soins.

De l’autre, son épouse Rachel, son neveu François et cinq frères et sœurs du patient veulent mettent fin à cet “acharnement thérapeutique”. S’il n’a pas laissé de directives anticipées, son épouse et son neveu affirment qu’il avait pris position contre tout acharnement thérapeutique.

Débat politique

À l’origine familial et judiciaire, le débat a également pris un tour politique. Les têtes de liste des Républicains (LR) et du Rassemblement national (RN) aux élections européennes, respectivement François-Xavier Bellamy et Jordan Bardella, ont pris
publiquement le parti des parents.

“Je suis par principe attaché à la dignité humaine et je vais vous donner ma conviction personnelle : cette décision de justice, elle me choque”, a déclaré ce dernier lundi, sur RTL, appelant Emmanuel Macron à se prononcer sur le sujet.

À l’inverse, Raphaël Glucksmann, tête de liste du Parti socialiste et de Place publique, a jugé sur CNEWS qu’il fallait “faire confiance” aux médecins et à la justice.  L’ex-député LR Jean Leonetti a déclaré dimanche que l’arrêt des soins s’inscrivait bien dans le cadre de la loi dont il est l’artisan.

Avec AFP et Reuters

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