Le Brexit et la baisse des exportations pénalisent la croissance du Royaume-Uni en 2018

A l’orée d’un Brexit à hauts risques prévu le 29 mars prochain, la santé économique du Royaume-Uni n’est pas au beau fixe. En effet, la croissance britannique a drastiquement ralenti, en particulier au quatrième trimestre où elle n’a augmenté que de 0,2%, pour atteindre 1,4% en 2018 soit son niveau le plus plus bas depuis 2012, rapportent, ce lundi 11 février, les chiffres de l’Office des statistiques nationales (ONS).

Des statistiques qui font l’effet d’une douche froide alors que le PIB du pays avait crû de 1,8% en 2017. Sur le seul mois de décembre, le PIB s’est contracté de 0,4%, le plus mauvais résultat depuis mars 2016.

Ce ne sera pas mieux en 2019

Les données de l’ONS montrent que le commerce extérieur a amputé la croissance de plus de 0,1 point au quatrième trimestre, et la baisse de l’investissement a pesé dans les mêmes proportions. Par ailleurs, l’investissement des entreprises a reculé de 3,7% par rapport au quatrième trimestre 2017, sa plus forte baisse depuis les trois premiers mois de 2010 quand le pays sortait de récession. Ces trous d’air s’expliquent notamment par “le PIB [qui] a ralenti pendant les trois derniers mois de l’année avec de fortes baisses dans la production de véhicules et de produits sidérurgiques et également un déclin dans la construction”, a précisé l’ONS.

Pour cause, les exportations ont de leur côté pâti du ralentissement de la croissance mondiale. Ces dernières ont baissé de 1,8% par rapport à novembre, à 29,097 milliards de livres et les importations de 0,7% à 41,199 milliards. Le déficit des échanges de biens avec l’Union européenne s’est légèrement creusé à 8,460 milliards de livres contre 8,216 milliards (8,098 milliards en première estimation) alors que le déficit hors UE a été réduit à 3,642 milliards. Le déficit commercial total, incluant les services, est ressorti à 3,229 milliards de livres contre 3,615 milliards en novembre (2,904 milliards en première estimation).

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D’autre part, les incertitudes dues au blocage politique autour du Brexit ont freiné la consommation des ménages. En janvier, l’accord sur les modalités du Brexit conclu par la Première ministre britannique Theresa May avec les dirigeants des 27 autres pays de l’Union européenne (UE) a été massivement rejeté par les députés, ce qui a épaissi encore davantage le brouillard entourant le Brexit. Les discussions sont depuis dans l’impasse notamment autour du “filet de sécurité” irlandais rapporte l’AFP. Pour 2019, la Banque d’Angleterre a réduit sa prévision de croissance de 0,5 point, à 1,2 %. Cela en ferait le taux le plus faible depuis la récession de 2009. La Commission européenne, elle,  vient de tabler de sur une croissance de 1,3 %.


Duval

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