“Le libéralisme est un pari sur l’homme”

L’idéal libéral vaut mieux que sa caricature et, face au populisme, il peut servir, assure la philosophe Monique Canto-Sperber dans un essai vivifiant.

A la faveur de son dernier ouvrage*, l’essayiste américain Adam Gopnik note que le mot “libéralisme” est devenu si répulsif outre-Atlantique que ses champions préfèrent se présenter comme “progressistes”. Chez nous, les héritiers de Benjamin Constant peuvent encore compter sur de vibrants et têtus intercesseurs, à l’image de Monique Canto-Sperber. Dans La fin des libertés. Ou comment refonder le libéralisme (Robert Laffont), la philosophe appelle à réaffirmer cet idéal de la souveraineté individuelle, fils des Lumières. 

Succès de l’autoritarisme en politique, esprit de censure, vie privée livrée en pâture aux GAFAM, velléités protectionnistes… Les Occidentaux ont-ils perdu le goût de la liberté ? Monique Canto-Sperber C’est le cri d’alarme que je veux lancer, en effet. Le libéralisme a émergé au XVIIe siècle, à partir de l’idée que chaque individu est libre et souverain sur lui-même. Il s’est d’abord illustré dans le débat sur la tolérance, après les guerres de Religion, puis a façonné la modernité européenne autour des notions d’action individuelle, de progrès, de rationalité. Aujourd’hui, nous entrons dans un monde bien différent. La menace terroriste, l’urgence climatique, la financiarisation de l’économie, la toute-puissance des industries numériques constituent un redoutable défi pour les libéraux. Les arbitrages imposés par la plupart des gouvernements pour y répondre, par exemple en matière de sécurité, font redouter que la liberté ne passe au second plan. 

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