Le nombre de défaillances d’entreprises au plus bas depuis 2008

C’est une bonne nouvelle pour la démographie d’entreprises. Selon les chiffres communiqués par le cabinet Altares ce jeudi 11 juillet, le nombre de défaillances a baissé de 3,1% entre le second trimestre 2018 et le second trimestre 2019. Il est ainsi passé de 12.746  à 12.347, un chiffre bien inférieur à la moyenne des cinq dernières années (13.291). “Il y a un an, soit quasiment six mois avant le début du mouvement des “gilets jaunes”, les défaillances d’entreprises amorçaient une augmentation qui allait se poursuivre jusqu’en fin d’année ; décembre était même le mois de clôture annuel le plus sinistré depuis 2015. Le premier semestre 2019 s’annonçait donc compliqué et le mois de janvier (+11%) semblait confirmer cette baisse”, explique le directeur des études Thierry Millon.

Malgré ces craintes et la “catastrophe économique” annoncée par plusieurs membres du gouvernement, il n’y a jamais eu aussi peu d’entreprises à baisser le rideau depuis 2008. Si des commerces de centre-villes et certains secteurs comme le tourisme ont pu connaître de sérieuses difficultés, les conséquences macroéconomiques du mouvement des gilets jaunes semblent relativement faibles. L’Insee avait estimé que ces événements pouvaient ôter 0,1 point de produit intérieur brut.

Le gouvernement avait pris certaines mesures d’accompagnement et d’assouplissement ciblées pour les entreprises ayant subi des dégâts. En outre, les mesures d’urgence économique et sociale ont contribué à booster le pouvoir d’achat des Français. Ce qui pourrait permettre de doper la consommation durant le second semestre alors que les Français semblent avoir privilégié l’épargne de précaution selon les derniers chiffres de l’Insee.

Lire aussi : L’économie française s’essouffle plus que prévu au second trimestre

Les liquidations judiciaires en recul

L’examen des données du cabinet indique que le nombre de liquidations judiciaires a baissé de 4,4% sur un an passant de 8.770 à 8.387. Les procédures de sauvegarde ont sensiblement reculé (-11,8%) sur la même période. Elles représentent seulement “1,6% de l’ensemble des procédures avec un taux bien inférieur aux 2,3% observés en moyenne depuis 10 ans”. À l’opposé, les redressements judiciaires ont légèrement augmenté (0,3%).

Tous les secteurs n’ont pas connu la même évolution. Si la construction (-2,4%), le commerce (-4,7%), la restauration (-8%) ou l’industrie (-7,2%) ont connu une situation plus favorable, ce n’est pas le cas du transport et de la logistique (+6,4%) ou de l’agriculture (+17,2%) qui traverse actuellement une mauvaise passe.

Les microentreprises et les grosses PME en première ligne

Par catégorie d’établissement, ce sont les microentreprises et les grosses PME qui ont le plus souffert. Pour la première catégorie, le nombre de redressements judiciaires recensés a augmenté de 5% et pour la seconde, “les redressements judiciaires de PME d’au moins 100 salariés ont tout simplement doublé” expliquent les auteurs de l’étude. Pour les PME entre 10 et 99 salariés, les chiffres sont bien plus favorables (-14,3%).

L’autre surprise de ce classement est que les défaillances des très jeunes entreprises ayant moins de trois ans ont baissé de 8,8% au cours du second trimestre. “Mieux, le nombre de liquidations directes chute à 11%. Les structures âgées de 4 à 10 ans sont également moins sinistrées (-2,1%) comme celles de 11 à 15 ans (-4,8%).” En revanche, les chiffres pour les entreprises plus âgées sont moins favorables. “Les sociétés créées il y a plus de 15 ans, parviennent difficilement à contenir la sinistralité (+0,3%). Pour cette catégorie d’entreprises, les redressements judiciaires augmentent deux fois plus vite que ne reculent les liquidations directes (+7% contre -3,5%)”.

Plus de menaces sur l’emploi

Sur le front de l’emploi, les statistiques sont moins positives. Ainsi, le nombre de postes menacés par les défaillances a augmenté de 1.200 sur un an passant de 39.800 à 41.000. Ce résultat est néanmoins inférieur à la moyenne des cinq dernières années (44.400). Cette hausse s’explique entre autres par le nombre moyen de salariés par entreprise placés en procédure de sauvegarde qui a augmenté passant de 11,8 emplois à 12,4 en un an.

Articles en lien