Le Venezuela s’enfonce dans une crise humanitaire grave

Le gigantesque fleuve Orénoque déborde. Ses crues affectent huit États, selon le gouvernement, sur les 17 que traverse le plus important cours d’eau du pays. Environ 5.500 personnes se trouvent encore dans des abris mis en place par les autorités dans des écoles, a déclaré jeudi à Caracas le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez.

Inondations, épidémies et famine

Nous avons déjà eu plus de dix jours d’inondations“, regrette auprès de l’AFP Érika Machado, une femme de 32 ans n’a pas voulu abandonner sa maison à Puerto Ordaz, dans l’État de Bolivar, par peur qu’on lui vole ses quelques affaires personnelles.

“La faim frappe fort, il n’y a pas de nourriture. Beaucoup de personnes sont isolées, les centres de santé manquent de médicaments”, déclare à l’AFP José Naveda, journaliste et membre de l’ONG Kape Kape, qui œuvre auprès des communautés indigènes de l’État d’Amacuro, habité majoritairement par l’ethnie Warao.

On estime que l’Orénoque a atteint cette année son plus haut niveau en quatre décennies. “Il semble que la situation s’aggrave chaque année avec les inondations“, rapporte-t-il. De plus, les crues “ravagent les plantations de mais, yucca, manioc et bananes” et autres cultures des zones rurales de l’Etat du Delta Amacuro (est).

Selon le journaliste, les inondations ont provoqué des cas de “vomissements, diarrhées et fièvre parmi la population infantile”.

“La rougeole et la coqueluche ont augmenté. Les gens meurent, parce qu’il n’y a rien”.

L’Organisation panaméricaine de la santé a recensé 35 décès dus à la rougeole depuis mi-2017 au Venezuela. Le paludisme aussi est une menace croissante, selon les ONG.

Dans le contexte de la grave crise économique qui ravage le pays, provoquant des pénuries d’aliments de base, la Fédération pharmaceutique déplore un manque de près de 90% des médicaments. Beaucoup sont hors de prix, alors que le FMI prévoit une inflation de 1.000.000% pour 2018.

L’état d’urgence déclaré en Équateur face à l’afflux de Vénézuéliens

L’Équateur a déclaré mercredi l’état d’urgence dans trois de ses provinces du fait d’un nombre inhabituellement élevé du nombre de migrants vénézuéliens qui traversent la frontière avec la Colombie, dans le nord du pays, après avoir fui la crise économique et politique au Venezuela.

Quelque 4.200 migrants vénézuéliens sont arrivés chaque jour depuis le début de la semaine, a ajouté le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, sans préciser combien de migrants étant arrivés auparavant, ni fournir d’explication sur cette augmentation du nombre d’arrivées.

Prévu pour durer jusqu’à la fin du mois d’août, l’état d’urgence a pour but d’accélérer le déploiement de médecins et de travailleurs sociaux afin de répondre aux besoins des migrants, et de renforcer la présence du personnel policier afin d’accompagner les procédures d’immigration.

D’après le communiqué, plusieurs agences comme l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat de l’Onu pour les réfugiés (HCR) vont aussi apporter leur aide.

(avec l’AFP)

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