Les embauches de cadres devraient encore bondir en 2019

Le marché du travail des cadres devrait encore s’améliorer cette année. Selon les dernières prévisions de l’association pour l’emploi des cadres (APEC) publiées ce vendredi 12 juillet, les recrutements pourraient encore bondir en 2019 (+5%) avec 280.600 créations de postes contre 266.400 l’année précédente. Pour 2020 et 2021, les perspectives semblent bien orientées avec 290.000 et 299.100 créations anticipées pour chacune des deux années.

À plus court terme, six entreprises sur 10 envisagent de recruter au cours du troisième trimestre 2019, un niveau relativement stable depuis le début de l’année. Pour bâtir ces projections, les économistes s’appuient sur une bonne tenue de l’investissement, une reprise de la consommation des ménages et une transformation des entreprises (numérique et transition énergétique) qui devraient maintenir le besoin en compétences des cadres. Ces résultats indiquent que le diplôme et les études supérieures protègent toujours du chômage. En dépit de cet horizon dégagé, le rythme des recrutements a clairement diminué depuis 2017 et 2018 (+10%). Le coup de frein de l’économie française et la multiplication des incertitudes à l’échelle mondiale ont pu inciter les entrepreneurs à ralentir les embauches.

“Ces prévisions sont sujettes à de nombreux aléas avec un contexte international particulièrement incertain notamment dans la zone euro. Les tensions commerciales et l’issue incertaine du Brexit contribuent à accroître cette incertitude. Sur le plan national, le principal aléa est lié au comportement des ménages et à leur arbitrage entre consommation et épargne de précaution”, explique l’organisation. Ce haut niveau d’intentions formalise la bonne orientation du marché de l’emploi cadre, même si davantage d’entreprises déclarent percevoir une situation économique délicate et vouloir réduire leur volume de recrutements de cadres”, observe Bertrand Hébert, directeur général de l’Apec, cité dans cette note.

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Turn over et départs à la retraite

Sur l’ensemble des entreprises interrogées, 58% déclarent qu’elles vont procéder à des recrutements au cours du troisième trimestre 2019 en raison de départs à la retraite et du turn over avec une forte progression sur un an (+12 points). Le second motif évoqué est le développement de l’activité pour 26% des répondants contre 24% il y a un an. Enfin, 15% des dirigeants questionnés affirment vouloir recruter des cadres en vue d’une réorganisation interne. Cette part est en forte diminution sur un an (-6 points).

Le poste de commercial toujours recherché

Parmi les postes les plus recherchés, les commerciaux arrivent en tête pour 43% d’entreprises. Viennent ensuite la gestion, la finance et l’administration (42%) ou encore les cabinets d’étude ou la recherche et développement (34%). A l’opposé, les fonctions de communication (7%), de santé, social (10%) ou de direction d’entreprise sont bien moins réclamées par les chasseurs de tête.

Par secteur, l’informatique (80%) domine toujours le classement des recruteurs ayant le plus de difficultés à recruter. Viennent ensuite les études et la recherche et développement (77%) et la production industrielle (74%).

L’expérience constitue un facteur déterminant dans le recrutement des cadres. Ainsi, les profils ayant entre 5 et 10 ans d’expérience sont les plus recherchés. Viennent ensuite ceux ayant entre 1 et 5 ans d’expérience. En revanche, les jeunes diplômés (44%) et les cadres ayant plus de 20 ans d’expérience (48%) sur le marché du travail sont les moins sollicités.

Les tensions de recrutement toujours visibles

Malgré un ralentissement de la croissance, les offres d’emploi proposées par l’association ont récolté en moyenne 31 candidatures au cours du dernier trimestre 2018 contre 33 au trimestre précédent. “La baisse tendancielle des candidatures perdure, mais elle ralentit. Les nombres de postulants aux offres publiées aux second et troisième trimestres semblent s’être stabilisés autour de 30 lors des précédents trimestres” expliquent les auteurs de la note. Malgré la persistance de ces tensions, le nombre de candidatures a clairement chuté depuis 2014. À l’époque, 46 candidatures étaient envoyées en moyenne par annonce.

Méthode : le baromètre est construit à partir d’un panel de 750 entreprises de plus de 100 salariés représentatives du secteur privé. Ces sociétés ont été interrogées par téléphone en juin dernier.

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