Les entreprises doivent jouer un rôle plus fort pour réparer l’ascenseur social

L’organisation patronale fait le constat d'”inégalités monétaires plus faibles que chez nos voisins“, d’une “redistribution massive des revenus” par la fiscalité et les aides sociales, mais d’un “record en termes de déterminisme social“, alors qu’il faut en moyenne six générations pour passer du bas au milieu de l’échelle sociale.

Près d’un an après le début du mouvement des “gilets jaunes”, il y a en France “un sentiment grand et grandissant d’inégalités“, a expliqué Marie-Claire Capobianco, co-présidente de la Commission Economie, Compétitivité et Finance du Medef, lors d’une présentation du rapport à la presse. Elle a souligné que “l’entreprise est une partie essentielle de la solution à la grave crise de société que nous connaissons“, une société “où les écarts se creusent entre classes et territoires”.

Le “modèle égalisateur” de redistribution fiscale et sociale est en effet “lui-même remis en cause par la mutation numérique“, a indiqué Jacques Creyssel, l’autre co-président de la même commission.

“S’inspirer des pays nordiques”

La transformation des emplois induite par les nouvelles technologies “contribue à accélérer la tendance de long terme d’érosion de la classe moyenne” qui provoque “un sentiment de déclin et d’injustice“, a-t-il expliqué. Selon le document du Medef, “le déterminisme social, c’est trop de rentes de situation, pas assez de prise de risque“, cette dernière devant être encouragée.

Pour remédier à cette situation, l’organisation patronale propose notamment de “s’inspirer des pays nordiques où les conditions sont assurées pour favoriser les prises d’initiative des individus tout au long de la vie“.

Tout en estimant que “l’Etat ne peut plus être seul responsable du bien commun“, le Medef se tourne tout de même vers les pouvoirs publics en demandant à ce que les entreprises soient “reconnues et accompagnées dans leur mission de moteur principal de l’ascenseur social” et lorsqu’il appelle de ses voeux leur appui pour la revitalisation des territoires économiquement marginalisés.

L’organisation travaille aujourd’hui à l’élaboration d’un “baromètre statistique sur la mobilité sociale dans les entreprises” mesurant l’évolution de carrière en leur sein des différentes catégories de salariés, a détaillé M. Creyssel.

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