Les Grecs dans la rue contre un compromis sur le nom de l’État de Macédoine

Des dizaines de milliers de Grecs ont organisé un rassemblement voulu “majestueux” par les organisateurs, dimanche, à Athènes, pour exprimer leur opposition au compromis sur le nom de la Macédoine, envisagé par le gouvernement Tsipras.

“La Macédoine est grecque !” Une marée de drapeaux helléniques s’est déployée, dimanche 4 février, sur la place Syntagma d’Athènes, pour s’opposer au compromis sur le nom de l’État de Macédoine que le gouvernement d’Alexis Tsipras envisage de conclure.

Devenue indépendante en 1991, l’ex-République yougoslave envisage de changer de nom pour devenir la “Macédoine du Nord” ou la “Nouvelle Macédoine”. Or, le terme “Macédoine” désignant en premier lieu une région de la Grèce, beaucoup de Grecs rejettent ce projet.

La querelle dure depuis 1991, les Grecs craignent notamment qu’en s’attribuant officiellement le simple nom de Macédoine, ce pays convoite la région grecque du même nom, le berceau des grands rois du IVe siècle avant Jésus-Christ, notamment Philippe II et surtout son fils Alexandre le Grand. Un récent sondage montre d’ailleurs que 59 % des Grecs sont en désaccord avec la présence du mot Macédoine dans le futur nom de leur voisin.

Conséquence de ce contentieux : la Grèce bloque depuis vingt-cinq ans l’accession de son voisin à l’Otan et ses démarches pour entrer dans l’Union européenne.

“Ils veulent voler l’histoire”

La manifestation de dimanche à Athènes a été en grande partie organisée et financée par des groupes de la diaspora grecque, des associations de militaires à la retraite, des groupes religieux et des associations culturelles de la Macédoine grecque.  Les participants ont notamment été acheminés du nord de la Grèce par quelque 2.500 cars et de Crète par deux ferries. Plusieurs manifestants portaient des costumes traditionnels, notamment l’uniforme des Grecs qui avaient combattu les Bulgares en Macédoine au début du XXe siècle.

“La Macédoine est grecque et seulement grecque. Ils veulent voler l’histoire, nous devons nous battre et faire en sorte que le monde entier le sache”, s’insurgeait Allia Sarellis, un membre de la diaspora grecque qui a fait le voyage à partir des États-Unis.

“Le moment est venu” de trouver une solution, a pour sa part considéré cette semaine à Athènes l’émissaire des Nations unies sur cette question, Matthew Nimetz.

Avec AFP

 

Première publication : 04/02/2018

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