Les hausses de salaires ne compensent plus l’inflation

C’est une première depuis la fin 2011 qui a des conséquences économiques importantes sur la vie quotidienne des Français. Sur douze mois, les prix ont augmenté plus vite que les salaires en juin.  Selon la Direction de la recherche du ministère du Travail (Dares) , dans les entreprises de plus de 10 salariés,  le salaire mensuel de base a progressé de 1,5 % sur un an à la fin juin alors que, au cours de la même période, l’inflation hors tabac a, elle, grimpé de 1,7 %.

Et au cours des prochains mois, la tendance ne devrait que se renforcer. Selon l’Insee, qui utilise une définition de l’inflation légèrement différente de celle de la Dares,  les prix ont encore augmenté au mois de juillet sur un an . La hausse du prix du pétrole joue beaucoup, ainsi que les taxes sur le carburant qui ont été relevées au premier trimestre.

Le pouvoir d’achat résiste

Il ne faut toutefois pas en conclure que le pouvoir d’achat des salariés recule. En effet, avec  la première salve de baisse des cotisations sociales entrée en vigueur au 1er janvier dernier, même en comptant la hausse de la CSG, les salariés ont vu leur salaire net augmenter de l’ordre de 0,5 %. Or, la Dares s’intéresse aux salaires bruts. Qui plus est, son indice ne tient pas compte des primes et des heures supplémentaires. La hausse des salaires nets est donc toujours supérieure à l’inflation.

Sans compter que la seconde baisse de cotisation qui sera mise en oeuvre en octobre permettra de nouveau d’augmenter les salaires nets et que la baisse de la taxe d’habitation aura un effet positif sur le pouvoir d’achat des ménages français.

Baisses des cotisations en octobre

Il n’empêche, depuis un an, la seule dynamique des salaires octroyés par les entreprises ne permet plus de compenser la hausse des prix. Les gains de pouvoir d’achat ne sont possibles que grâce aux baisses de cotisations, ce qui ne peut durer qu’un temps seulement dans une économie où la dette publique est importante.

Si le prix du pétrole continue à augmenter, le gouvernement pourrait donc bien se retrouver pris dans le piège du pouvoir d’achat, comme de nombreux exécutifs avant lui et ce, alors que la croissance ralentit et que le budget pour 2019 est élaboré sous contrainte.

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