Les Justes, mis en scène par Abd Al Malik, au Théâtre du Châtelet : notre critique

Le Théâtre du Châtelet rouvre cette année – enfin – ses portes, après de longs mois de travaux ! Jusqu’au 19 octobre 2019, vous pouvez découvrir, sur scène, la pièce incontournable d’Albert Camus, “Les Justes“, adaptée et mise en scène par Abd Al Malik. 

Située dans le cadre de la révolution russe de 1905, cette tragédie musicale suit un groupe de terroristes qui cherche à éliminer le Grand Duc lors d’un attentat. Mais il n’est pas simple de jeter une bombe quand les forces de l’amour et de l’amitié vous bouleversent. 

Pour cette pièce, Abd Al Malik s’est entouré d’un casting trois étoiles puisqu’on y retrouve Marc Zinga, Sabrina Ouazani, Lyes Salem, Youssef Hajdi, Karidja Touré, Frédéric Chau, Clotilde Courau, Camille Jouannest, Matteo Falkone et Montassar Alaïa.

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Abd Al Malik explique : ‘Le texte d’Albert Camus devient ici un spectacle qui associe la déclamation poétique (rap et slam) et le théâtre prolongé et soutenu par une musique instrumentale et vocale, polyphonique (a capella ou accompagnée), du hip hop, de l’électro. Il s’agit d’utiliser la musique comme un écrin qui mettrait en lumière la solitude et l’intense sincérité de l’engagement de nos Justes ainsi que la poésie et les enjeux philosophiques du texte camusien dans sa globalité, et qui nous permettrait de pénétrer, par l’émotion générée, son signifié le plus profond.’

Notre critique :

Les Justes” d’Abd Al Malik dure 2h30 car si l’adaptateur a choisi de garder en intégralité le texte de Camus, il a également choisi de ponctuer les scènes avec un choeur. Choeur qui prononce des slams, issus d’improvisation en répétitions, slams à propos de l’écologie, du patriarcat, du terrorisme… devant lesquels on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre cette révolution de 1905 et notre époque. Abd Al Malik a aussi ajouté des chants en Yiddish.
Le metteur en scène a fait le choix d’accompagner la pièce par de la musique jouée en live, et c’est franchement une bonne idée car ça dynamise ce spectacle, qui rappelons, dure 2h30.
Les Justes” d’Abd Al Malik évoluent dans un immense décor à étages, sur 3 niveaux. Une idée astucieuse qui fait que l’on n’est (presque) jamais dérangé par la tête de son voisin de devant pour voir la pièce.
Abd Al Malik le slameur a choisi de faire déclamer leur texte à ses acteurs, presque à la manière d’un slam. C’est moderne, surprenant et ça modifie l’interprétation qu’on peut attendre du texte signé Camus. Les révolutionnaires russes d’Abd Al Malik sont noirs, asiatiques, maghrébins, et tout le monde n’aurait pas osé un tel casting pour cette pièce.
Toutefois, 2h30 c’est franchement long, malgré l’entracte, d’autant plus que ce projet d’attentat n’avance vraiment pas très vite et tourne un peu en rond… Néanmoins, les quelques scènes avec le gardien de prison (Frédéric Chau) et le bourreau sont très prenantes.

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