Les politiques favorables à la parité stimulent la croissance

La parité peut être un moteur important de croissance. Selon un rapport de l’OCDE publié le 15 mai, les politiques publiques en faveur de l’égalité des sexes pratiquées dans les pays nordiques depuis 50 ans ont permis de booster la croissance du PIB par habitant de 10% à 20%. Alors que le Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes réclame une révision constitutionnelle pour garantir l’égalité entre les sexes, Emmanuel Macron s’est récemment opposé à une directive européenne qui améliore notamment le congé parental. Lors de son intervention devant le Parlement européen le 17 avril, le chef d’État français avait indiqué qu’il approuvait “les principes” de la directive, mais que “les congés parentaux payés au niveau de l’indemnité maladie journalière, c’est une belle idée qui peut coûter très cher et finir par être insoutenable”.

Réduction des écarts de taux d’emploi

L’organisation internationale souligne que les pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède) ont depuis longtemps été “les champions de l’égalité des genres”. Ils ont été parmi les premiers pays au monde à accorder le droit de vote universel. Au cours des dernières décennies, les pays nordiques ont fortement investi dans des structures de garde d’enfants subventionnées, des services de prise en charge des personnes âgées et des mesures de congé parental rémunéré aussi bien pour les mères que pour les pères.

“Aujourd’hui, l’égalité des sexes se trouve juste au centre du modèle social des pays nordiques, un modèle qui permet une coopération tripartite entre les représentants du patronat, les syndicats des salariés et l’État, et fournit une couverture santé et une couverture sociale, un cadre éducatif et un soutien pour le marché du travail”.

D’après l’OCDE, ces politiques publiques ont prouvé leur efficacité. Actuellement, les pays scandinaves sont parmi les plus égalitaires parmi les pays développés en ce qui concerne le marché du travail. Pour les experts de l’organisation internationale basée à Paris :

“Ces programmes ont contribué à diminuer les écarts de taux d’emploi entre hommes et femmes, qui sont désormais les plus bas des pays de l’OCDE, à environ 4 points de pourcentage, contre 12 points en moyenne dans l’OCDE. Les mères sont plus susceptibles d’occuper un emploi à temps plein que partout ailleurs, et les couples se répartissent généralement les travaux rémunérés et non rémunérés de manière plus équitable que dans la plupart des pays de l’OCDE.”

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Des gains économiques importants

Ces mesures ont permis d’accroître de manière substantielle l’activité dans ces pays. Les estimations présentes dans le rapport soulignent que, au Danemark, en Islande, en Norvège ou en Suède, l’amélioration de l’emploi des femmes a permis d’augmenter le taux de PIB/habitant entre 0,25 et 0,40 point de pourcentage depuis la fin des années 60. Soit 10% à 20% de la hausse du PIB/habitant total.

Malgré tous ces efforts, les disparités persistent entre les sexes. Les inégalités de salaires varient entre 6% au Danemark et 18% en Finlande pour les salariés à temps plein contre 14% dans les pays de l’OCDE en moyenne. Par ailleurs, le pourcentage des cadres oscille entre 27,3% au Danemark et 39,4% en Suède. La moyenne dans les pays de l’OCDE s’élève à 32,3%. En France, cette part atteint 32,9%. Selon l’institution internationale, la réduction des disparités entre les hommes et les femmes en termes de de taux d’activité et d’horaires de travail d’ici 2040 pourrait doper la croissance du PIB par habitant dans les pays nordiques de 15% à 30%.

Que prévoit la directive européenne ?

La directive vie privée – vie professionnelle propose notamment le renforcement du congé parental. Selon la Commission européenne, une période de 4 mois pourrait être rémunérée au moins à hauteur des indemnités de maladie “et ne sera pas transférable d’un parent à l’autre.”

La directive envisage également la mise en place d’un congé des aidants pour les travailleurs s’occupant des parents gravement malades ou dépendants.

Enfin, elle propose un assouplissement “du droit de formules souples de travail (réduction du temps de travail, horaire de travail flexible et flexibilité concernant le lieu de travail) à tous les parents d’enfants jusqu’à 12 ans, et aux aidants s’occupant de proches dépendants”. Si ces propositions vont dans le sens d’une amélioration de l’égalité professionnelle, elles sont loin de faire l’unanimité au sein du Vieux Continent.

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