Les questions que posent la découverte de missiles français en Libye

C’est la grande question posée par la découverte de ces missiles. “Il n’a jamais été question ni de vendre, ni de céder ni de prêter ou de transférer ces munitions à quiconque en Libye”, a affirmé le ministère des Armées. La Libye est en effet soumise à un strict embargo sur les armes depuis 2011. Claudia Gazzini, de l’International Crisis Group, pointe dans l’AFP les “ambiguïtés” du communiqué de Paris et se demande : “Les militaires français soutenaient-ils activement Haftar dans son offensive sur Tripoli ?”

Après la reprise de Gharyan le 26 juin, un officier pro-Haftar avait affirmé que des conseillers militaires français et émiratis étaient présents dans le QG au côté du commandement de l’ANL, ce qu’avait démenti l’ambassade de France en Libye. Si la France reconnaît officiellement avoir apporté du renseignement au maréchal Haftar dans l’Est et le Sud, elle réfute tout soutien militaire dans son offensive contre le GNA de Tripoli.

“Que faisait l’unité française à cet endroit, au côté de l’ANL ? On pensait que les Français étaient concentrés sur des groupes sunnites extrémistes” ailleurs, s’interroge dans l’AFP Jeremy Binnie, du centre d’analyse Jane’s à Londres. “Le fiasco des Javelin suggère que les officiers de la DGSE ont probablement été intégrés dans l’ANL à Gharyan”, affirme pour sa part Jalel Harchaoui, chercheur à l’institut néerlandais Clingendael, pour qui le communiqué du ministère des Armées “n’a pas de crédibilité”. “Compte tenu du caractère onéreux de ces missiles fabriqués aux États-Unis, ces agents étaient probablement prêts à engager une action militaire dans certaines circonstances.”

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