Les salaires restent sages malgré le rebond de l’activité

L’économie française a beau avoir créé plus de 250.000 emplois l’an passé et presque autant l’année précédente, les salaires augmentent toujours peu. C’est en tout cas ce qu’indique le ministère du Travail dans des statistiques publiées mardi. Le salaire mensuel de base a progressé de 1,3 % sur un an au quatrième trimestre 2017. Depuis le milieu de l’année 2014, cet indicateur, qui ne prend pas en compte les primes, évolue à peu de chose près au même rythme, alors qu’en 2011, l’augmentation du salaire mensuel de base était légèrement supérieure à 2 %.

Indéniablement, les salaires français tardent à rebondir malgré le retour d’une croissance soutenue. Mais il faut tout de même rappeler que le taux de chômage touche encore 9,4 % de la population active en France métropolitaine. Ce qui pèse mécaniquement sur les hausses de salaires.

Amélioration de la qualité de l’emploi

Néanmoins, on aurait pu s’attendre à une progression un peu plus rapide des salaires puisque les entreprises françaises sont de plus en plus nombreuses à dire éprouver des difficultés de recrutements. Le mois dernier, 41 % des industriels interrogés par l’Insee et 33 % des entreprises de services indiquaient avoir de la peine à embaucher.

Mais peut-être faut-il aller un peu plus loin que le seul indicateur du ministère du Travail pour sonder la santé du marché. Ainsi, le nombre de CDI signés dans l’industrie sur les trois derniers mois de l’année 2017 n’a jamais été aussi important que depuis début 2001 alors que le nombre de CDD de moins d’un mois est, lui, au plus bas depuis 2009. Tout semble donc indiquer qu’avant d’augmenter les salaires, les chefs d’entreprise cherchent d’abord à améliorer la qualité de l’emploi pour attirer les salariés. Le raisonnement est le suivant : mieux vaut proposer un CDI qu’un CDD un peu mieux payé.

Augmentation des primes

Ce n’est toutefois pas la seule solution pour faire face aux difficultés de recrutement et à l’amélioration de la conjoncture économique. Ainsi, d’autres indicateurs de rémunération donnent des informations importantes. L’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) qui gère les cotisations sociales, calcule chaque trimestre un indicateur salarial prenant en compte d’autres éléments de rémunération tels que les primes. Et là, le paysage est un peu différent : le salaire moyen par tête augmentait de 2,1 % au troisième trimestre 2017, une nette accélération par rapport à la hausse de 1,2 % par an enregistrée à la fin 2016.

On peut donc en conclure que, outre l’amélioration de la qualité de l’emploi, les entreprises préfèrent augmenter les primes de leurs salariés plutôt que le salaire de base. Selon les économistes, celui-ci devrait rester relativement sage en 2018.

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