Macron et Merkel à Rethondes pour fêter l’Armistice

Le chef de l’État et la chancelière allemande ont rendez-vous dans la forêt de Compiègne, lieu de signature de l’armistice.

Une rencontre en pleine forêt, un siècle après une guerre qui a éreinté la France et l’Allemagne. C’est ce qui est prévu ce samedi 10 novembre pour Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui doivent se retrouver dans la clairière de Rethondes, dans l’Oise, où fut signé l’armistice du 11 novembre 1918. Le président et la chancelière y sont attendus vers 15h30 pour une cérémonie très symbolique, avant-dernière étape de l'”itinérance mémorielle” du chef de l’État avant la cérémonie du 11-Novembre à Paris. 

“Voulez-vous l’armistice?”

Nichée dans la forêt de Compiègne, cette clairière avait été choisie par le généralissime des armées alliées, Ferdinand Foch, pour abriter les négociations en raison de son calme et de son isolement. Le 4 novembre 1918, le ministre d’État Mathias Erzberger et le diplomate Alfred von Oberndorff sont dépêchés comme négociateurs par le gouvernement allemand pour demander l’armistice. Le 8 au petit matin, leur train s’arrête près de celui de Ferdinand Foch, stationné dans la discrète clairière de Rethondes (Oise) où deux voies en épi sont aménagées pour l’artillerie lourde sur voie ferrée. 

Le maréchal français accueille ses interlocuteurs sans poignée de main protocolaire. À 9 heures, les protagonistes s’attablent dans le wagon-restaurant du commandant en chef des forces alliés, équipé d’un groupe électrogène et de moyens de communication. À la délégation qui demande quelles sont les “propositions” des puissances alliées pour arriver à un armistice, l’énergique maréchal répond: “Je n’ai pas de propositions à faire. Voulez-vous l’armistice? Dans ce cas, dites-le !” 

Au bout d’une “Allée triomphale”

Les Allemands acquiescent. Ils écoutent les conditions arrêtées par les Alliés, proches d’une capitulation, qui mentionnent l’occupation de la rive gauche du Rhin. Foch fixe un ultimatum au 11 novembre. Dans la nuit du 10 au 11, les plénipotentiaires allemands discutent chacun des 34 articles de la convention d’armistice lue, puis traduite. A 5h20, le lundi 11 novembre, l’armistice est signé pour prendre effet à 11 heures le même jour. 

EN IMAGES L'”itinérance mémorielle” chahutée de Macron 

La clairière circulaire de Rethondes est située au bout d’une “Allée triomphale” inaugurée en 1922, que remontent les présidents français lors des cérémonies commémoratives. Une statue monumentale du maréchal Foch, installée en 1937, surplombe la “Dalle sacrée” posée au centre de la clairière où l’on peut lire: “Ici le 11 novembre 1918, succomba le criminel orgueil de l’Empire allemand vaincu par les peuples libres qu’il prétendait asservir”. 

70 000 visiteurs par an

De part et d’autre affleurent une partie des deux voies de chemins de fer et les deux monuments matérialisant l’emplacement des wagons du maréchal Foch et des plénipotentiaires allemands. Le “wagon de l’armistice”, où Adolf Hitler avait également fait signer l’armistice du 22 juin 1940, a été emporté par les Allemands et utilisé à des fins de propagande, avant d’être détruit en avril 1945. Une réplique du wagon a été reconstituée et installée en 1962 dans un bâtiment-musée qui, depuis, attire 70 000 visiteurs par an. 

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Le palais de l’Élysée a relevé que “c’est la première fois depuis 1945” qu’un président français et un chef du gouvernement allemand se rencontrent dans la clairière de l’Armistice. “C’est un déplacement hautement symbolique, il s’agit du premier déplacement franco-allemand” sur le site depuis la Seconde Guerre mondiale, insiste-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron, où l’on estime que ce dernier et Angela Merkel s’inscrivent “dans les pas du chancelier Helmut Kohl et du président François Mitterrand”. Une référence à la célèbre poignée de main de Douaumont du 22 septembre 1984 entre les deux dirigeants.* 

Une première “depuis 1945”

Après un passage en revue des troupes de la brigade franco-allemande, le dévoilement d’une plaque commémorative et le dépôt d’une gerbe commune, Emmanuel Macron et Angela Merkel doivent ensuite signer le livre d’or dans le wagon où ont été signés les armistices de 1918 puis de 1940. La cérémonie devrait être “sobre et sans discours”, selon une source proche de l’organisation de la cérémonie. 

Les deux dirigeants se retrouveront ensuite dimanche pour la traditionnelle cérémonie du 11-Novembre sous l’arc de Triomphe à Paris en présence d’une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement, dont Vladimir Poutine et Donald Trump. La chancelière allemande ouvrira dans l’après-midi la première édition du “Forum pour la paix”, “un geste symbolique qui témoigne de la réconciliation et de l’amitié franco-allemande” selon l’Elysée. 

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