Midterms : les femmes, les minorités et les villes contre Trump

Les analystes politiques ont enfin retrouvé leurs petits. Selon les premiers éléments disponibles,  le scrutin de mardi soir a en partie rétabli la grille de lecture politique qui prévalait avant la victoire de Trump il y a deux ans – et qui avait permis de prédire avec certitude le triomphe d’Hillary Clinton.

C’est ainsi bien grâce au soutien des femmes, des jeunes adultes, et des populations urbaines, ainsi qu’à une participation record, que les démocrates l’ont emporté à la Chambre des représentants mardi soir, a indiqué un sondage de l’agence AP (AP VoteCast) mené auprès de plus de 100.000 électeurs avant et après le scrutin.

Les minorités mobilisées

Les femmes, qui forment 52 % de l’électorat, ont en effet largement voté pour l’opposition : 56 % d’entre elles ont soutenu les démocrates, contre 38 % pour les républicains, tandis que les hommes ont voté à 49 % pour le parti au pouvoir (contre 46 % pour les démocrates). 

Si, en 2016, plus de la moitié des électrices blanches (55 %) avaient soutenu Donald Trump, ces dernières sont cette année aussi nombreuses à avoir voté républicain qu’à avoir soutenu les démocrates. Ces derniers sont aussi parvenus à mobiliser les minorités  : selon AP, les électeurs non blancs ont été trois fois plus nombreux à soutenir les démocrates que les républicains.

Le vote républicain, un vote vieux

Avec leur campagne centrée sur la santé, les démocrates ont aussi cartonné auprès des jeunes adultes âgés de 18 à 29 ans, dont 61 % ont voté bleu. Mais le parti a aussi séduit les électeurs âgés de 30 à 44 ans, et de 45 à 64 ans, qui ont majoritairement soutenu les candidats démocrates. 

Seuls les électeurs âgés de plus de 65 ans ont voté majoritairement républicain, et avec seulement un point d’avance (49 % contre 48 %). Les électeurs gagnant entre 50.000 et 100.000 dollars par an ont aussi amorcé un mouvement en faveur du parti démocrate.

Sans surprise, c’est dans les régions rurales que les républicains ont renforcé leur base électorale, tandis qu’ils ont en partie reperdu le terrain gagné en 2016 dans les zones urbaines. 56 % des électeurs vivant dans les zones rurales ont voté républicain. C’est en grande partie dans ces régions du centre que se sont jouées les élections au Sénat (Missouri, Indiana, Montana, Dakota du Nord, Nebraska).

Les urbains contre Trump

Symétriquement, le parti de Trump n’a pas réussi à conserver les électeurs des zones urbaines et des banlieues aisées qui l’avaient soutenu en 2016, comme l’illustre la défaite de la républicaine Barbara Comstock en Virginie, dans une circonscription proche de Washington. 

Dans ces zones démographiquement très denses et qui concentrent une grande partie de l’électorat, le président est devenu très impopulaire et ses sorties outrancières ont desservi sa majorité. Au coeur de la bataille pour le contrôle de la chambre, ces électeurs ont ainsi voté à 53 % pour les démocrates, et à 42 % pour les républicains.

Bureau de New York

Articles en lien