Notre-Dame-des-Landes : dans quel état d’esprit sont les habitants de la Zad ?

Ce “projet”, cette “logique constructive”, c’est bien là-dessus que veulent communiquer les habitants de la zone à défendre, censée accueillir le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Soucieux de montrer que non, ils ne sont pas que dans la lutte, mais aussi dans la construction. Pour ça, le discours est gentil, mais bien rodé. “La réalité de la Zad, ce sont des travailleurs, des paysans, des projets de vie qui se créent”, raconte Camille. Car depuis que la Zad s’est implantée, en 2009, toute une vie s’est installée. 

Aujourd’hui, existent environ 70 “lieux de vie” sur les 1.650 hectares de terre du futur aéroport, qui regroupent des familles, des petites communautés, des groupes d’amis. Environ 200 personnes, dit-on. Et une petite vingtaine de lieux d’activités, variées : des boulangers font du pain ; des équipes se penchent sur la gestion du bois et de la forêt ; une ferme, sauvée de la destruction, abrite désormais un cheptel de moutons ; un hangar des charpentiers a été créé. 

Existent aussi, en vrac, une brasserie, un marché à prix libres, une table d’hôtes, une conserverie, ou encore une salle de concert, un studio d’enregistrement hip-hop et une la salle de son, une bibliothèque…  Un autre modèle de société tente de s’établir ici, dans le bocage nantais. “On essaie d’imaginer autrement comment vivre ensemble”, résume Camille. “Essayer de penser autrement le monde, sortir de l’ultra consumérisme, essayer, avec les paysans, les associations, les naturalistes, de penser un nouveau modèle de vie, au-delà de la résistance à un projet destructeur.”  Proposer, installer une “vision pour l’avenir de ce territoire”.  

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