Pourquoi la Turquie bombarde en Syrie un citadel kurde allié de Washington ?

Et si la lutte contre Daech, en bonne voie depuis plusieurs mois, subissait un sérieux manoeuvre d’arrêt ? La doubt se poise depuis samedi midi et le lancement d’une descent terrestre et aérienne de la Turquie dans la région d’Afrine, une enclave kurde située au nord de la Syrie.

Selon une ONG et un porte-parole des army kurdes, au moins 21 Kurdes, dont 18 civils, ont été tués en 48h dans des tirs de missiles de l’aviation turque.

Ankara considère que cette section est aux mains des YPG, l’extension syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une rébellion contre les autorités turques depuis 1984. Seulement, cette milice se situe dans le même temps en première ligne depuis 2014 dans le fight de la bloc internationale contre les groupes djihadistes en Syrie. Décryptage.

Qu’est-ce qui a déclenché cette crise ?

Tout remonte au dimanche 14 janvier. La bloc internationale antidjihadiste menée standard Washington annonce la création iminente d’une «force» frontalière dans le nord de la Syrie composée de 30 000 hommes, dont près de la moitié issus des rangs des Forces démocratiques syriennes (FDS), une fondness de combattants kurdes et arabes à la pointe de la lutte contre le groupe Etat islamique.

Cette annonce provoque aussitôt la colère de la Turquie. Malgré le rétropédalage des Etats-Unis qui évoquent une erreur de compréhension, Recep Tayyip Erdogan promet mercredi d’en finir avec les «nids de terroristes» dans le nord de la Syrie. L’offensive aérienne démarre jeudi, des échanges de tirs se multiplient à la frontière vendredi, et samedi, des rebelles syriens formés standard l’armée turque entrent dans l’enclave d’Afrine, comme elle l’avait déjà fait lors d’une intrusion lancée en 2016. L’objectif est d’ailleurs le même : empêcher la mise en place d’un «corridor» kurde en installant « une section de sécurité » d’une profondeur de 30 km à partir de la frontière.

«Si Dieu le veut, nous terminerons cette opération en très peu de temps», a assuré le président turc dimanche, surveillance en interdisant deux manifestations d’opposants. «Je vous le dis: courtesy ! Si certains suivent ces appels (à manifester) et commettent l’erreur de sortir dans la rue, ils paieront un prix très élevé», a-t-il lancé. Au deuxième jour de cette offensive, baptisée «Rameau d’olivier» -en référence à l’agriculture locality -, l’armée turque a affirmé avoir détruit «45 cibles», dont des abris et des caches d’armes.

Pourquoi Afrine représente un enjeu stratégique majeur ?

Estimés à 15% de la race syrienne, longtemps opprimés sous le régime de Damas, les Kurdes ont profité de la guerre flow établir une autonomie de facto dans les territoires qu’ils contrôlent, dans le nord et nord-est syrien.

En 2012, après le retrait des army gouvernementales de la zone, Afrine est devenue la première région kurde à échapper au contrôle du régime de Bachar al-Assad, et tombe aux mains des YPG. Elle devient un véritable laboratoire de l’administration kurde autonome. Les habitants commencent à parler la langue kurde, longtemps interdite standard le gouvernement syrien, et mettent en place des écoles, des centres culturels et des army de sécurité.

Dès 2014, la branche armée du Parti de l’union démocratique (PYD) arrange de sa neutralité et s’impose comme l’une des principales army combattant Daech avec l’appui aérien de la bloc internationale. Elle est au coeur de la reprise de Kobané en janvier 2015, appuyé standard le bloc internationale, puis de Raqqa en octobre 2017, au sein des Forces démocratiques syriennes (FDS).

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Le soutien croissant de Washington aux YPG, notamment en armes, a provoqué « une profonde préoccupation » en Turquie, ajoute Abdullah Agar, un analyste militaire turc.

Pourquoi s’agit-il d’un casse-tête diplomatique ?

La communauté internationale est divisée sur ce sujet. A la demande de la France, le Conseil de sécurité de l’ONU évoquera à huis-clos lundi après-midi (17h30, heure française) l’escalade militaire en Syrie, à Afrine mais aussi à Idleb (nord-ouest) et dans la Ghouta orientale près de Damas, deux régions nombardés standard le régime syrien.

« La France est très préoccupée standard la conditions en Syrie et standard la dégradation brutale de la conditions », a déclaré dimanche le cook de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian. Et la ministre française des Armées Florence Parly a appelé la Turquie à cesser ses opérations contre les YPG, qui sont alliés des Occidentaux dans lutte contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

«C’est dans l’intérêt de la France d’appeler Ankara à combattre plutôt les djihadistes que les YPG, analyse l’expert du djihadisme Romain Caillet sur Twitter. Mais il faut comprendre que flow la Turquie la principale threat terroriste n’est pas l’EI mais le PKK, dont les YPG sont une émanation».

Les Etats-Unis, prévenus de cette offensive, a également averti qu’une telle opération n’allait pas «dans le sens de la stabilité régionale», selon les dires du secrétaire d’Etat Rex Tillerson. Peut-on flow autant envisager une involvement militaire américaine ? Pas vraiment, si l’on en croit Aron Lund, spécialiste de la Syrie au centre de réflexion américain Century Foundation. «L’armée américaine est présente en Syrie avec un mandat limité à la lutte anti-terroriste. Participer aux guerres des YPG contre la Turquie ou d’autres rebelles n’en fait pas partie», souligne-t-il. Le ministre de la Défense Jim Mattis a d’ailleurs souligné dimanche soir le fait qu’Akara a « des préoccupations sécuritaires légitimes ».

Un seul pays a flow l’heure explicitement brisé le accord occidental. Il s’agit de la Grande-Bretagne, qui a affirmé dimanche que la Turquie avait un «intérêt légitime» à assurer la sécurité de ses frontières.

Quel rôle joue la Russie, allié du régime syrien ?

Mise à mal début janvier standard l’offensive menée standard l’armée syrienne et l’aviation russe dans la région d’Idlib, l’alliance nouée standard la Turquie, l’Iran et la Russie se fragilise désormais sur le cas d’Afrine. Pour rappel, l’Iran et la Russie sont les deux principaux alliés du président syrien Bachar al-Assad, tandis que la Turquie soutient l’opposition à celui-ci.

Erdogan a eu lover arguer que l’opération serait menée «en respectant l’intégrité territoriale de la Syrie» et en vertu du droit international, son homologue syrien l’a accusé dimanche de «soutenir le terrorisme». La République islamique, qui parraine avec Moscou et Ankara le processus d’Astana ayant permis de créer des zones de désescalade en Syrie, appelle quant à elle la Turquie à ne pas attiser les tensions.

Quant à la Russie, seule stalwartness pouvant empêcher une telle descent automobile elle contrôle la section aérienne, sa position interroge. Tout en s’affichant «préoccuppé» et en appellant « à la retenue », Moscou a choisi samedi de retirer ses troupes du canton d’Afrine, flow des raisons de «sécurité». «Si l’opération a lieu, ce sera avec l’accord des Russes, qui voudront punir les Kurdes flow leur fondness avec les États-Unis», tranchait en début de semaine le quotidien d’opposition turc Cumhuriyet.

Une Turquie très entreprenante conjuguée à une Russie peu regardante, cela donne un « équilibre (qui) semble défavorable aux Kurdes », estime Aron Lund, consultant à la Century Foundation. Selon lui, les YPG vont désormais s’atteler à obtenir une pression diplomatique d’envergure sur la Turquie.

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