Premier macaron pour Alan Geaam, l’étoile libanaise du guide Michelin

Auréolé de sa première étoile Michelin pour son restaurant éponyme, le chef Alan Geaam voit son rêve se réaliser. Une récompense qui consacre un parcours atypique pour ce Libanais, débarqué à Paris avec 200 euros en poche il y a près de 20 ans.

Quand son nom est cité par le directeur international des Guides Michelin Michael Ellis, Alan Geaam n’en croit pas ses oreilles. Le chef est aussi ovationné par ses pairs installés dans l’auditoire de la Seine musicale de Boulogne-Billancourt, près de Paris, à l’occasion de la présentation du palmarès annuel, lundi 5 février. “Cela fait tellement d’années qu’il le mérite”, glisse un des critiques de la place parisienne.

À 43 ans, le chef du restaurant Alan Geaam, dans le XVIe arrondissement de Paris, a du mal à réaliser. “Je pensais que le Michelin était réservé aux grands chefs et aux palaces”, commente l’autodidacte qui évolue dans le milieu de la gastronomie depuis trois années seulement. “J’ai mis près de 20 ans à trouver ma personnalité dans la cuisine”, reconnaît le chef avec sa blouse blanche désormais floquée d’un macaron.

“Réveillé très tôt le matin par les bombardements ou par ma mère”

“Ma vie est un rêve”, s’émeut-il avec son accent oriental. Né au Liberia, Alan Geaam a grandi dans le nord du Liban en regardant les émissions de Paul Bocuse et Joël Robuchon à la télévision. “Ce sont eux qui m’ont donné envie, confie-t-il, avec ma mère toujours très généreuse dans sa cuisine et soucieuse de faire plaisir aux autres.” Avant d’ajouter : “Le matin, j’étais toujours réveillé très tôt, soit par les bombardements de la guerre civile, soit par les casseroles de ma mère”, se souvient-il.

En 1999, Alan Geaam quitte la banlieue de Tripoli pour émigrer en France “avec 200 euros en poche”. “À ce moment-là, je ne parlais pas français et je n’avais qu’un seul but : apprendre la cuisine.” À son arrivée à Paris, il se retrouve à dormir dans la rue la première semaine, avant de décrocher des petits boulots de plongeur dans des bistrots de la rive gauche. Mais sa passion reste vissée au corps.

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Embauché comme commis, puis aide cuisiner au restaurant Le Totem, place du Trocadéro à Paris, il n’arrive plus à évoluer professionnellement en raison de son niveau de français. “Je ne parlais pas bien, je suis né dans un pays anglophone”, explique le natif de Monrovia. Déterminé, il poursuit sa quête en prenant des cours de français gratuit à la Mairie de Paris. À chaque fois qu’il achète un livre de cuisine française, il en prend aussi un sur la langue de Molière.

Le bosseur continue sa route en achetant son premier établissement, L’Auberge Nicolas Flamel, en 2007, puis le bistrot AG des Halles en 2014. La table gastronomique Alan Geaam a été lancée il y a dix mois, en lieu et place d’Akrame, du chef Benallal, qui avait décroché deux étoiles Michelin. Avec un style différent : sa cuisine libanaise modernisée, qui conjugue le Liban et la France, est aujourd’hui le coup de cœur de nombreux critiques. “L”american dream’ n’existe pas qu’aux États-Unis”, conclut-il.

Première publication : 05/02/2018

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