Rejet de l’accord de Brexit : « Un jour amer pour l’Europe »

Ce rejet pourrait annoncer la fin de Theresa May à la tête du gouvernement britannique. Le Parlement a massivement voté ce mardi contre l’accord négocié par la Première ministre Theresa May sur la sortie de leur pays de l’Union européenne.

La chambre des Communes a refusé l’accord de divorce par 432 voix, 202 parlementaires s’étant prononcés pour, malgré une ultime mise en garde de la Première ministre contre « l’incertitude » que provoquerait ce rejet. Tout de suite après le vote, Theresa May a déclaré : « La chambre a parlé et ce gouvernement écoutera. »

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Les travaillistes ont par ailleurs présenté une motion de censure contre le gouvernement. « J’ai introduit une motion de censure contre ce gouvernement », a dit le chef de l’opposition Jérémy Corbyn, qualifiant de défaite « catastrophique » pour le gouvernement le résultat du vote sur l’accord de Brexit.

Le Royaume-Uni doit « clarifier ses intentions », dit Juncker

Si elle survit à cette motion, elle a jusqu’à lundi pour proposer une nouvelle solution.

La réaction européenne ne s’est pas fait attendre. Donald Tusk, président du Conseil européen, est le premier dirigeant à s’être exprimé. « Si un accord est impossible, et que personne ne veut un non-accord, alors qui aura finalement le courage de dire quelle est la seule solution positive ? », s’est-il interrogé.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a appelé le Royaume-Uni à « clarifier ses intentions dès que possible ». Le président de l’exécutif européen a ajouté : « Le temps est presque écoulé. »

« C’est un jour amer pour l’Europe. Nous sommes prêts. Mais un Brexit dur est la pire de toutes les possibilités pour l’UE, mais surtout pour le Royaume-Uni », a estimé le ministre des Finances et vice-chancelier allemand Olaf Scholz.

La présidente du parti démocrate-chrétien CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a elle aussi « vivement regretté » cette décision, estimant qu’un « Brexit dur serait la pire de toutes les options ». Elle a invité les Britanniques à désormais « ne pas se précipiter ».

Le secrétaire d’Etat allemand pour l’Europe Michael Roth a pour sa part parlé de « désastre », précisant cependant que « les portes de l’Europe restaient ouvertes ».

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