Sécheresse : quelles solutions pour limiter les pénuries d’eau ?

Près de 70 départements sont en alerte sécheresse actuellement et doivent respecter des restrictions d’eau. Des moyens existent pour éviter d’en arriver à cette situation.

La sécheresse s’est abattue sur la France. Les restrictions d’eau concernent, ce jeudi, 67 départements du pays. Sans pluie du 21 juin au 18 juillet, Paris a enregistré le record de la plus longue période sèche depuis 1873, selon Météo France. Et la canicule qui revient la semaine prochaine ne va rien arranger. D’après les experts, avec le changement climatique, notre pays connaîtra de plus en plus d’épisodes de ce type. Or, il existe des moyens de limiter la sécheresse et se prémunir d’une pénurie d’eau ? L’Express livre quelques pistes qui pourraient être exploitées à l’avenir. 

  • Une agriculture respectueuse des sols

Une agriculture biologique, intelligente et respectueuse des sols est une condition déterminante pour limiter les effets de la sécheresse. Améliorer la réserve disponible en eau, reconstituer la matière organique, mais aussi utiliser moins de pesticides et éviter la monoculture, permettrait de modérer l’assèchement des sols. C’est ce que préconise Michel Rodes, membre de la direction du secteur Eau de France Nature Environnement, contacté par L’Express.  

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“L’essentiel c’est de faire de l’agronomie, préserver les sols et reconstituer le taux de matière organique dans les sols”, résume-t-il. Par exemple “planter des haies champêtres”. En refaisant “un maillage avec des champs plus petits et bordés d’arbres”, “l’évaporation de l’eau sera limitée, illustre Michel Rodes. L’interaction entre les arbres et les céréales améliore la qualité des sols”. 

C’est aussi un exemple avancé par Guillaume Choisy, directeur général de l’agence de l’eau d’Adour-Garonne. Il met également en avant la réutilisation des eaux usées comme solution efficace pour préserver la réserve en eau. Pour le moment, la France est à la traîne sur ce sujet, très loin derrière Israël dont 50 % des terres cultivées sont arrosées avec de l’eau recyclée, selon des chiffres de 2017.  

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Mais la sécheresse ne concerne pas seulement l’agriculture, il y a aussi des solutions proposées et mises en oeuvre au niveau des pouvoirs publics et des particuliers.  

  • Planter des arbres et créer des zones humides en ville

En 2005, Niort (Deux-Sèvres) était à quelques heures de n’avoir plus aucune ressource en eau. En réaction, les prélèvements destinés à l’agriculture ont été limités à 50 %, explique à L’Express Elmano Martins, président du Syndicat des Eaux du Viviers, en charge de l’eau dans les foyers des communes de Niort. Les restrictions d’eau, en vigueur cette semaine pour nombre de départements, ont permis de faire d’énormes progrès en termes d’économies d’eau. 

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Mais c’est aussi par son action en amont, grâce aux services d’eau, que Niort est une ville citée comme un exemple sur la question par les ONG environnementales. Ces services surveillent et limitent la consommation, par exemple avec une réaction rapide aux fuites. “On écoute le réseau et dès qu’on entend une fuite, on prévient l’abonné directement, ce qu’on ne faisait pas avant”, explique par exemple Elmano Martins. 

Tout un travail d’urbanisme est également entrepris par les communes. À Niort, mais pas seulement, le cap est mis sur la perméabilisation des sols, la création de zones humides et d’espaces verts, la plantation d’arbres. “La place de la Brèche est un poumon vert”, fait valoir le président du Syndicat des Eaux du Viviers. Michel Rodes, de France Nature Environnement, propose également de “végétaliser les murs, de planter sur les toitures plates, mettre des capteurs solaires sur les toits pour préserver de la chaleur tout en créant de l’énergie” ou encore “peindre les toitures en blanc”. 

  • Des gestes simples au quotidien

La ville a aussi engagé une politique de communication auprès des habitants, troisième élément de la chaîne indispensable à la préservation des réserves d’eau et donc à la limitation de la sécheresse. À Niort, par exemple, ils ont baissé de 15 % leur consommation en eau, mieux sensibilisés et surtout marqués par les sécheresses de 2003 et 2005, selon Elmano Martins. 

Cela passe par des gestes du quotidien aujourd’hui adoptés par les Niortais, et ailleurs : ne pas laisser couler le robinet, prendre des douches plutôt que des bains, éviter de laver sa voiture avec de l’eau… Selon Guillaume Choisy, de l’Agence de l’eau, “une famille vertueuse consomme 90 m3 d’eau par an, contre 150 m3 par an pour une famille qui ne fait pas particulièrement attention”. Pour aller plus loin, il existe aussi des appareils hydro économes (douchette, système pour WC ou récupérateurs d’eau de pluie) qui permettent, selon l’Agence de l’eau, d’économiser jusqu’à 40 % d’eau par an.  

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À Niort, une charte d’engagement existe pour les particuliers qui ont un jardin. La loi interdit désormais les pesticides pour les non professionnels, mais la municipalité va plus loin et préconise aussi la récupération de l’eau de pluie, le recyclage d’engrais verts ou faire pousser des plantes qui se protègent entre elles. Faire son compost est, selon Michel Rodes, également un outil essentiel pour un particulier qui voudrait avoir un jardin écoresponsable et, au passage, faire des économies de consommation d’eau. 

“On commence à peine à ressentir les effets du réchauffement climatique en France”, commente Guillaume Choisy, mais nos nouvelles connaissances “nous permettent de repenser notre système urbain et d’aménagements des territoires”. Le 14 octobre prochain, l’agence de l’eau d’ailleurs un colloque à Arcachon sur les questions d’eau et d’urbanisme sur le thème “repenser l’eau dans la ville“. 

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