Soudan : l’ex-président Béchir inculpé pour corruption

L’ancien président soudanais Omar el-Béchir, 75 ans, a été inculpé pour « corruption », a annoncé jeudi l’agence officielle de presse Suna.

Porté au pouvoir par un coup d’Etat en 1989, il a été destitué et arrêté par l’armée le 11 avril à Khartoum, à la suite d’un mouvement de contestation inédit, déclenché en décembre par le triplement du prix du pain. « Le ministère public annonce avoir terminé toutes les enquêtes concernant l’action (en justice) intentée contre le président déchu Omar el-Béchir par des procureurs anticorruption », a indiqué l’agence de presse.

Citant un responsable non identifié, l’agence a indiqué que l’ancien dirigeant était accusé « de possession de devises étrangères, d’avoir acquis des richesses de façon suspecte et illégale et d’avoir ordonné (l’état) d’urgence ».

Plus de 113 millions de dollars en liquide saisis

Parmi les revendications des contestataires figure également le jugement de l’ancien président et des principaux responsables de son régime.

Le 2 mai, le procureur général du Soudan Al-Walid Sayyed Ahmed avait ordonné l’interrogatoire de l’ancien homme fort du pays « en vertu des lois sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme », selon la Suna.

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Le 21 avril, le chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane, avait affirmé que l’équivalent de plus de 113 millions de dollars avait été saisi en liquide dans la résidence d’Omar el-Béchir à Khartoum.

Le Soudan a un des taux de corruption les plus hauts du monde, se classant au 172e rang, sur 180 pays, selon le rapport 2018 de Transparancy International.

Sit-in meurtrier : les regrets du Conseil militaire

L’arrestation d’Omar el-Béchir n’a pas calmé le mouvement de contestation qui réclame désormais au Conseil militaire, qui a pris les rênes du pouvoir, de le transférer aux civils.

Selon un comité de médecins proches de la contestation, quelque 120 personnes ont été tuées dans la répression des manifestants depuis le 3 juin, la plupart dans la dispersion du sit-in. Les autorités ont parlé de 61 morts.

Jeudi, pour la première fois, le Conseil militaire a admis avoir ordonné la dispersion du sit-in. « Nous regrettons que des erreurs se soient produites », a déclaré à des journalistes le général Chamseddine Kabbachi, porte-parole de cette instance.

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